lundi 17 février 2025

Guerre commerciale : avec la peau des travailleurs

Guerre commerciale : avec la peau des travailleurs

Publié le 12/02/2025

Dans la guerre des tarifs douaniers qu’il a réenclenchée, Trump a multiplié les annonces contradictoires. Les taxes de 25 % à l’encontre des produits mexicains et canadiens, annoncées le 31 janvier, ont été reportées quelques jours plus tard.

En revanche une taxe supplémentaire de 10 % sur les produits en provenance de Chine devrait s’appliquer.

Les droits de douane sur les produits chinois ne sont pas nouveaux. Il est significatif que Trump ait renoncé aux 60 % de taxes douanières qu’il se promettait, pendant sa campagne électorale, d’appliquer aux produits venant de Chine. L’économie américaine dépend en grande partie des produits chinois, qui sont intégrés ou revendus avec profits par les capitalistes américains. Ceux-ci ne voulant pas baisser leurs marges, ils peuvent s’entendre pour augmenter leurs prix : 60 % des produits des supermarchés populaires Walmart viendraient de Chine. Ce sont donc les consommateurs américains qui subiront sans doute les conséquences de cette taxation. Si les capitalistes américains changent de fournisseurs, ce seront les travailleurs chinois qui seront mis au chômage.

La Chine a protesté contre la majoration de 10 % des droits de douane sur ses produits importés aux États-Unis. Certains se sont moqués des prétextes avancés par Washington… la lutte contre le trafic de Fentanyl, la guerre de l’opium à l’envers. Mais l’Angleterre, au 19e siècle, a réellement fait la guerre à la Chine pour pouvoir y vendre son opium. Aujourd’hui, la drogue n’est qu’un ridicule prétexte dans la bouche de Trump, mais cache des enjeux plus sérieux. Plus qu’un moyen d’inciter les capitalistes à produire sur le sol américain, les 10 % de droits de douane supplémentaires sont un moyen de coercition et de chantage dans la guerre commerciale avec Pékin. Les dirigeants chinois ont d’ailleurs répliqué mollement et proposé de relancer la première phase de l’accord commercial avec les États-Unis signé en 2020 à la fin du précédent mandat de Trump. La Chine s’était alors engagée à augmenter ses achats et ses importations de produits manufacturés, agricoles, énergétiques, et de services en provenance des États-Unis, pour un montant d’au moins 200 milliards de dollars, du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021. Elle n’avait rempli cet engagement qu’à moitié, invoquant la pandémie de Covid-19.

Cette guerre commerciale ne fait que se prolonger et sans doute s’approfondir. Le monde du travail y est perdant économiquement de tous les côtés. Et il sera perdant politiquement s’il emboîte le pas aux nationalistes de tout bord.

                                                        Serge Benham (Lutte ouvrière n°2950)

 

Porsche : la saignée continue

Autant de production, mais par moins de travailleurs

 

Usine Porsche de Zuffenhausen, près de Stuttgart

Porsche, filiale du groupe Volkswagen, annonce vouloir supprimer 1900 emplois d’ici à 2029 dans ses usines allemandes, alors que le groupe a déjà mis fin à 1500 CDD en 2024 et s’apprête à ne pas en renouveler 500 cette année.

         Un porte-parole patronal a déclaré : « Porsche est toujours dans une situation relativement bonne » mais qu’il restait « des défis à relever ». Avec le décodeur, on comprend que, dans un marché rétréci, la production de ces voitures de luxe reste profitable pour les actionnaires… à condition de faire produire les voitures par moins de travailleurs exploités plus durement.

 

Jeux vidéo : une grève pas virtuelle

 

« Game over », mais début de partie pour l’organisation des travailleurs

 

 

Jeudi 13 février, les travailleurs des jeux vidéo ont fait leur première grève nationale et manifesté dans plusieurs villes pour dénoncer la pression des « deadlines », le sous-effectif, la précarisation et les licenciements. Depuis deux ans, 25 000 emplois ont été supprimés.

         Même si les ventes ont baissé, les poches des actionnaires sont remplies : l’exploitation des salariés d’Ubisoft permet ainsi à la famille Guillemot de figurer dans le top 500 du classement Challenges des grandes fortunes du pays.

         « Game over ! » ont proclamé les manifestants.