jeudi 23 janvier 2025

Prix : les vautours à la manœuvre

Prix : les vautours à la manœuvre

Publié le 22/01/2025

Les négociations annuelles entre les patrons de l’industrie de l’agro-alimentaire et ceux de la grande distribution ont commencé et doivent durer jusqu’au 1er mars.

 


Les enseignes de la grande distribution, avec en tête Leclerc, Carrefour et Intermarché, se posent en défenseurs du pouvoir d’achat, et disent vouloir imposer les prix les plus bas. Les industriels, eux, voudraient une augmentation des prix entre 2,5 et 5 %, prétendant défendre l’emploi, leur compétitivité et une rémunération correcte des agriculteurs et des PME qui les approvisionnent. Et de pointer leurs fameuses charges, qui ne cesseraient d’augmenter, les prix de certaines matières premières, comme le café, le cacao ou encore le beurre, qui flambent, ainsi que le coût de l’énergie. Encore un peu et il faudrait pleurer sur le sort des Danone, Lactalis et Nestlé. Tout cela n’est que mensonge et comédie.

Le véritable enjeu derrière ce cinéma est la répartition des marges bénéficiaires dans chaque secteur. Et la seule question qui intéresse industriels et distributeurs est de savoir qui captera la plus grande part des dépenses des classes populaires. Le patron d’Intermarché a beau tempêter contre « des industriels que je qualifierais presque d’irresponsables », son groupe, Les Mousquetaires, a réalisé un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros en 2023, en hausse de 8,8 % par rapport à l’année dernière. Quant à Michel-Édouard Leclerc, qui se pose toujours en défenseur des petits consommateurs, c’est en puisant dans leur poche qu’il a réalisé un chiffre d’affaires de 48,6 milliards d’euros en 2023, 10 % de plus qu’en 2022.

Il y a tout de même un fait sur lequel les deux parties, industriels et distributeurs, sont bien d’accord, c’est que les prix ne reviendront pas à ce qu’ils étaient avant l’inflation de 2022. Pourtant, la précarité alimentaire ne cesse d’augmenter en France, au point qu’en 2023, 16 % de la population déclarait ne pas manger à sa faim. Mais cela est bien le cadet des soucis des vautours qui contrôlent les circuits de la production et de la distribution des produits alimentaires.

                                                        Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2947)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui jeudi 23 janvier, de 16 h.45 à 17 h.30 à l’entrée du parc de la mairie ;

Vendredi 24 janvier, de 16 h à 16 h.45 au marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 25, de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 9 heures 30 à 10 h.30 au marché de la Colonie ;

Lundi 26 janvier, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.



 

 

Lutte pour les salaires : Débrayages à Michelin-St Doulchard (près de Bourges - Cher)

 

Coup de semonce réussi

 

 

Jeudi 16 janvier à 18h, Michelin annonçait le résultat des NAO (Négociations Annuelles sur les salaires). Résultats : 1% d’augmentation pour les agents et employés, 0% pour les cadres et collaborateurs et des miettes en augmentations individuelles.

         Pour tous, ces quelques euros jetés à la figure étaient de la provocation et montraient le mépris de Michelin. Des miettes alors que l’année dernière les actionnaires se sont gavés d’un milliard de dividendes.

         Le soir même de l’annonce, les syndicats CGT et SUD appelaient à des débrayages et des assemblées générales pour le lendemain dans toutes les équipes.

         Vendredi 17 à 9 h, les travailleuses et travailleurs réunis décidaient à une centaine d’aller voir la direction pour lui dire que 1% d’augmentation c’était indécent et que pour eux, un salaire décent commence à 2000 euros nets.

         Au total, 160 travailleuses et travailleurs se sont réunis sur les 3 équipes. Et il y a eu 200 grévistes sur la journée, sans compter leurs camarades du week-end qui arrêteront quasiment la production.

Tous étaient contents d’avoir relevé la tête, d’avoir discuté ensemble avec l’idée que c’était un bon moyen de se préparer à s’organiser à la base dès aujourd’hui contre les mauvais coups de Michelin qui ne manqueront pas d’arriver.

Patronat : Gifi, des "idées de génie"... pour faire des affaires

 

Les dettes des uns ne sont pas les mêmes que celles des autres

 

 

Pendant des semaines, le patron de Gifi, groupe dont le siège est à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, a crié à la catastrophe. Pleurant sur des baisses de vente, il a fait du chantage à l’emploi des 6 500 salariés de Gifi en cas de fermeture de ses 700 magasins à travers toute la France. 

         Mais pour lui, finalement, tout finit bien. Il reste l’actionnaire principal, et les banques et l’Etat volent à son secours : ses 380 millions d’euros de dette seront effacés et transformés par les banques en apport dans le capital ; et l’État y ajoute son cadeau, avec 50 millions d’euros. 

         Tout cela, au nom de la défense de l’emploi. Mais c’est un mensonge. Il n’y a aucune confiance à accorder au patron de Gifi. Lorsque celui-ci avait fait main basse sur les magasins Tati, plusieurs centaines de salariés de Tati s’étaient retrouvés au chômage. Et à la centrale de Gifi, à Villeneuve-sur-Lot, quelque 110 emplois ont déjà été supprimés en un an, et d’autres sont à venir. D’ailleurs, la direction parle d’une dizaine de fermetures de magasins possible. 

         Quand un travailleur accumule les dettes et les découverts parce qu’il ne peut plus y arriver, les banques le lui font payer cher, avec les agios, les fermetures de compte, les interdictions bancaires ; quand on ne peut plus payer son loyer, on est expulsé. Mais quand on est un grand patron, qu’on a accumulé les dettes, on est chouchouté par les banques et par l’Etat.