Censure
ou pas : ce n’est pas le patronat qui paiera
Publié le 27/11/2024
Interviewé sur TF1 mardi 26
novembre, le Premier ministre a déclaré qu’il allait « probablement » avoir
recours au 49.3 pour faire adopter le budget.
Face à la menace du vote d’une motion
de censure qui entraînerait la chute de son gouvernement, Barnier a averti : «
Il y aura des turbulences graves sur les marchés financiers. » Autrement
dit, « c’est moi ou le chaos ».
La conjugaison de la démission de
Barnier, de l’impossibilité de trouver une majorité stable et du fait que la
Constitution interdise de nouvelles élections législatives avant juillet
prochain approfondirait alors la crise politique, donnant l’impression, voire
démontrant, que le pays n’est pas gouverné. Ce tangage au sommet déplaît
profondément au grand patronat. D’une part il a besoin de continuité
gouvernementale pour ses affaires, tant financières que sociales, entre autres
pour que les attaques multiformes contre la classe ouvrière soient rondement et
si possible habilement menées. D’autre part, au moment où il entame une
violente campagne de licenciements qui risque de soulever la colère, il
prèfèrerait qu’une main ferme tienne le gouvernail de l’État. Pour cela, le
maintien de Barnier lui semble la solution la moins risquée.
C’est pourquoi la grande presse
respectable, en tant que chœur autorisé des desiderata du capital, invite
Marine Le Pen à retenir ses ardeurs et à ne pas voter une éventuelle motion de
censure. Pour cela Barnier devra lui offrir quelque chose qui ressemble à un
recul. Il pourrait se dédire à propos des taxes sur le courant électrique, ne
pas bloquer tout de suite les retraites, faire aboyer Retailleau encore un peu
plus contre les immigrés … Car il faudrait aussi que Le Pen veuille bien faire
avaler à son électorat populaire le soutien de fait à un gouvernement qui lui
fait les poches. Il y aurait pour elle un coût politique tant son électorat
parmi les travailleurs est, avec raison, opposé à Macron, Barnier et toute la
clique.
Mais, dit le chœur, Le Pen
sortirait grandie de l’épreuve, s’étant montrée prête à se faire hara-kiri et
surtout à laisser éventrer la population, y compris ses électeurs, pour le bien
des financiers. Ne serait-ce pas là le brevet ultime de respectabilité au
service de la propriété, ce brevet qu’elle poursuit depuis tant d’années, en
vue de l’élection présidentielle ?
Si Le Pen entendait au contraire
voter la censure, quitte à accroître l’instabilité, certains proposent encore
une solution : détacher du bloc de gauche suffisamment de députés pour que la
motion de censure ne passe pas. L’ex-Premier ministre socialiste Bernard
Cazeneuve s’est déclaré volontaire pour rassembler de quoi soutenir Barnier sur
sa gauche si l’extrême droite venait à lui faire défaut. Il est probable que
les candidats ne manqueraient pas, au prétexte habituel… de faire barrage à
l’extrême droite, tout en lui faisant un marchepied.
Alors, que fera finalement Le Pen
? Barnier la payera-t-il pour éviter la censure et à quel prix ? Le suspense
peut encore durer quelque temps mais pour le grand patronat, il n’y en a pas.
Il sait que, de toute façon, la facture ne sera pas pour lui.
Paul
Galois (Lutte ouvrière n°2939)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région
:
Aujourd’hui vendredi 29 novembre, de 15 h.45 à 16 h.30 marché du Val-Nord.
Et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;
Samedi 30 novembre : de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;
-de 10 h.30 à midi, centre Cl de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 h. à 11 h.45 devant Auchan au Val-Sud,
-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie.
Dimanche 1er décembre, de 11 h. à midi, au marché Héloïse (sous réserve) ;
Lundi 2 décembre, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à
Saint-Gratien.
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votre place pour notre banquet local du samedi 25 janvier 2025 prochain à
L’Atrium. Le prix : 17 euros, 8 euros pour les enfants de moins de 14 ans.