mercredi 12 juin 2024

Chlordécone : l’injustice se prolonge

Les responsables ont tout intérêt à faire enterrer l’affaire

 


La cour d’appel de Paris a renvoyé à octobre l’examen d’une éventuelle réouverture du dossier sur le chlordécone pour lequel un non-lieu a été prononcé en janvier 2023. Reconnu toxique dès 1978, ce pesticide a été utilisé dans les bananeraies aux Antilles avec l’accord des pouvoirs publics jusqu’en 1993. Gros planteurs et responsables politiques ont tout intérêt à faire enterrer cette affaire d’empoisonnement à grande échelle. Mais pour les associations plaignantes, le combat ouvert en 2006 continue.

         Les responsables doivent être jugés !

 

L’armée détruit la santé par le recul du quadrillage médical

Un désert de plus en plus désertique

 

 

En Auvergne comme ailleurs, le nombre de médecins est insuffisant. Cette situation s’aggrave non seulement à la campagne mais aussi dans les villes. Comme à Clermont-Ferrand, où un tiers des médecins généralistes ont plus de 60 ans, voir plus de 65 ans pour la moitié d’entre eux, et ne sont pas remplacés.

         On dénombre plus de 15 000 personnes sans médecin traitant à Clermont-Ferrand. C’est d’autant plus grave que parmi celles-ci, 1 400 souffrent d’une affection de longue durée (chiffres de La Montagne) !

         Le numérus clausus qui limitait le nombre d’étudiants en médecine a été officiellement aboli, mais les universités n’ont pas accueilli davantage d’étudiants. 

         Le gouvernement choisit : le budget de la Santé, de l’Education ou de tout ce qui est nécessaire à la population en général fond, quand celui de l’Armée et des industries de l’armement explose !

 

mardi 11 juin 2024

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 10 juin 2024

Macron prétend nous donner la parole, les travailleurs doivent la prendre !

 

10/06/2024

Après le succès du Rassemblement national, Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale. Que se cache-t-il derrière cette décision surprise et l’annonce de législatives dans trois semaines ? Une tambouille politicienne minable, ou bien la tentative de sortir d’une instabilité politique qui aurait fini par être gênante pour la grande bourgeoisie ? Bien malin qui peut le dire.

Quoi qu’il en soit, Macron nous redonne la parole, eh bien prenons-la pour mettre en avant nos préoccupations de travailleuses et de travailleurs ! C’est ce que feront les candidats de Lutte ouvrière, qui seront largement présents dans ces législatives.

La première de nos revendications concerne notre pouvoir d’achat. Il dégringole avec la flambée des prix. Il dégringole quand on tombe malade ou que l’on se retrouve en invalidité, quand on se retrouve licencié et forcé de reprendre un emploi plus mal payé ou encore quand on part à la retraite.

Ces reculs sont révoltants comparés aux 200 milliards d’euros de la fortune d’un Bernard Arnault, aux 18 millions d’euros encaissés chaque jour par les actionnaires de Stellantis et aux 100 000 € quotidiens touchés par son PDG, Tavares. Il n’y a aucune raison que ceux qui travaillent et font fonctionner la société voient leur vie se dégrader quand les parasites et les spéculateurs se gavent. 

Exiger un salaire, une pension d’invalidité ou de retraite qui augmente en même temps que tous les prix, c’est-à-dire leur indexation, est un minimum. Exiger l’annulation des reculs imposés sur la retraite ou le chômage est un minimum.

Vivre sans avoir la peur au ventre, c’est aussi refuser d’être poussé vers une troisième guerre mondiale. À quoi servira le droit de partir à la retraite à 62 ans si l’on meurt à 30 dans une nouvelle guerre ? À quoi servira un salaire indexé sur l’inflation si l’on se retrouve sous les bombes ? Il faut refuser de marcher dans des guerres décidées par des politiciens, un état-major et des généraux qui ont prouvé qu’ils n’ont rien à faire des travailleurs.

En même temps que ces revendications, exprimons notre opposition à tous ces politiciens qui savent nous promettre monts et merveilles mais sont tous des laquais de la grande bourgeoisie. Il y a ceux que l’on a déjà essayés et qui ont trahi. Et il y a les autres, les Le Pen et Bardella qui se targuent de n’avoir jamais déçu.

Mais s’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils n’ont pas encore été en situation de le faire. Car tout comme Macron, Le Pen et Bardella soutiennent l’ordre bourgeois, le pouvoir patronal et la propriété privée capitaliste. Que Macron entrouvre aujourd'hui la porte de Matignon à Bardella et que ce dernier se dise prêt à cette cohabitation prouve que les deux sont parfaitement compatibles.

Tous les deux sont des ennemis des travailleurs. Sans être au pouvoir, le RN dresse déjà les travailleurs et les pauvres les uns contre les autres en s’attaquant aux travailleurs immigrés. Il divise et affaiblit la classe ouvrière face au grand patronat, pendant que celui-ci accumule des fortunes au travers de l’exploitation et du pillage du monde.

Le Pen et Bardella font mine de s’opposer à la politique va-t-en guerre de Macron, mais ils attisent le nationalisme, le patriotisme et le militarisme. Comme leurs ancêtres d’extrême droite l’ont fait en leur temps, ils feront marcher la population au pas, y compris dans des guerres meurtrières. Les travailleurs qui soutiennent le RN se fourvoient donc gravement.

Mais si le RN incarne pour beaucoup de travailleurs la capacité de changer leur vie, on le doit aux renoncements des partis de gauche. Fut un temps, ce sont eux qui incarnaient l’aspiration au changement. Ils l’ont trahie parce qu’ils ont abandonné la perspective révolutionnaire et ont fini par imposer la même politique anti-ouvrière que la droite quand ils sont arrivés au pouvoir. Aujourd'hui, cette même gauche, divisée ou unie, continue de tromper les travailleurs avec des promesses électorales aussi dérisoires que mensongères.

Quels que soient les rebondissements de la vie politicienne, cette énième élection ne changera rien à l’évolution inégalitaire, chaotique et destructrice de la société. Elle ne changera rien à son évolution nationaliste et guerrière. Tout cela est inscrit dans le fonctionnement du capitalisme, sa course au profit et sa guerre économique.

La seule source d’espoir est du côté des réactions des travailleurs. Alors, il faut des femmes et des hommes qui retrouvent la conscience de leur force et le chemin des luttes collectives. Il faut des femmes et des hommes conscients que leur lutte pour arracher de meilleures conditions n’aboutira qu’avec le renversement de la classe capitaliste.   

                                                                     Nathalie Arthaud