vendredi 8 mars 2024

Égalité salariale : cela ne viendra pas des lois

À temps de travail identique, cette différence s'élève à 14,9 %

 

Grève des femmes de ménage de la centrale nucléaire de Civaux en mars 2023

L'Insee vient de publier le énième rapport rappelant que le salaire moyen des femmes est inférieur de 23,5 % à celui des hommes dans le secteur privé. À temps de travail identique, cette différence s'élève à 14,9 %.

         Depuis qu'en 1946, l'égalité hommes-femmes est devenu un principe constitutionnel et que l'égalité salariale a été fixée dans la loi en 1982, chaque gouvernement a fait voter sa loi pour rendre cette égalité effective. En vain.

         Cette inégalité vient du fonctionnement même du capitalisme, qui entretient toutes les divisions, et des patrons qui n'augmentent les salaires que contraints par les luttes ouvrières. Émancipation des femmes et émancipation sociale sont deux combats indissociables.

 

Migrants morts en mer : le scandale continue

 Migrants morts en mer : le scandale continue

06 Mars 2024

Une timide accalmie prévue dans le mauvais temps, les 2 et 3 mars, a signifié la mort, une fois de plus, pour des migrants en quête de survie dans un pays européen.

C’est ainsi que, dans la région de Gravelines, dans le Nord, une fillette de 7 ans s’est noyée. Cette fois, l’accident a eu lieu sur le canal de l’Aa, à une trentaine de kilomètres de la mer. Les seize migrants, dont la famille de la fillette, avaient pris place loin de la mer sur un canot de pêche-plaisance de 4 mètres. Embarquer en amont vise à contourner les brigades de surveillance nombreuses sur la côte.

La coquille de noix a sans doute chaviré sous la surcharge, provoquant le décès de la petite fille. Une dizaine d’autres enfants ont été transportés à l’hôpital.

La même nuit, des centaines d’autres personnes ont tenté la traversée de la Manche, en plusieurs points de la Côte d’Opale. Les chavirages et échouages ont provoqué encore un décès, les autres passagers ayant été récupérés par des équipes de secours, puis pris en charge par des volontaires associatifs, en particulier d’Utopia 56. Ces derniers dénoncent d’ailleurs les entraves aux soins minimum de la part des autorités. La préfecture assume : « aucune salle n’a été ouverte, ni à Dunkerque, ni à Grand-Fort-Philippe. Les personnes ont été prises en charge par les pompiers et leur état de santé, disons correct, ne nécessitait pas d’ouverture de salle. »

Le 3 mars, dans l’Atlantique cette fois, une pirogue partie de Mauritanie a chaviré au large du Cap-Vert, avant d’atteindre les Canaries. Cinq passagers sont morts noyés, un autre a succombé le lendemain et les survivants, affaiblis, ont relaté avoir été 65, venus du Sénégal, du Mali et de Mauritanie, à embarquer. Que sont devenus les autres ?

La veille, en Méditerranée, lors de la tentative de prise en charge de naufragés au large de la Libye par un navire de l’ONG Humanity 1, un homme s’est noyé tandis que des garde-côtes libyens tiraient à balles depuis leur vedette rapide sur ceux qui tentaient de surnager.

Le nombre de décès – plus de 2 500 en Méditerranée en 2023, des dizaines dans l’Atlantique et la Manche – n’arrête pas, et c’est logique, les candidats à une vie décente, ou même à la simple survie, dans les pays européens. Plus la misère et la guerre, enfantées par le capitalisme, font de victimes dans les pays pauvres jadis colonisés, plus nombreux seront ceux qui tenteront l’impossible pour les fuir. Les accueillir correctement serait bien le minimum, que cette société est incapable de leur offrir.

                                                       Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n °2901)

JO Paris et l'Affiche bleue

 

Face à la belle affiche, la réaction s’affiche

 

 

Après l'affiche rouge, l'affiche bleue des JO a déclenché des polémiques sur la disparition d'une minuscule croix sur le dôme des Invalides, une croix tellement petite qu'il faut une loupe pour la voir. Pour Jordan Bardella, c'est "la cancellisation de notre patrimoine chrétien", pour le porte-parole des élus RN à l'Assemblée le "grand effacement de la France", pour Eric Ciotti, une affiche qui "nie l'histoire française" !

         Le dessinateur fait remarquer que son affiche ne se veut pas réaliste : la vague de Tahiti ne roule face du Vieux Port de Marseille et le métro de Paris ne passe pas sous l'arc de Triomphe... mais tout est bon pour réveiller des réacs calottins et cocardiers !

jeudi 7 mars 2024

La vidéo de l’éditorial de Nathalie ARTHAUD : Pas un sou, pas un homme pour les guerres de Macron et Biden ! 4 mn 02

Russie : combattre Poutine, la bureaucratie et les capitalistes. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

Russie : combattre Poutine, la bureaucratie et les capitalistes

06 Mars 2024

Vendredi 1er mars, des milliers de Moscovites ont tenu à être présents aux obsèques de l’opposant Alexeï Navalny, décédé en prison dans des conditions plus que suspectes. Les autorités n’ont donc pas réussi à empêcher qu’elles offrent à des opposants à Poutine l’occasion d’apparaître publiquement et en nombre.

Certes, on ne peut comparer cette foule aux 50 000 personnes qui avaient manifesté, il y a neuf ans, lors des obsèques d’un autre opposant en vue, Boris Nemtsov, abattu à deux pas du Kremlin. Mais le contexte est bien différent. Depuis le début de la guerre, le régime russe a instauré de fait une loi d’exception pour neutraliser toute voix discordante. Les accusations d’extrémisme, de dénigrement de l’armée, et les lourdes condamnations qui s’en suivent se multiplient.

Des « Non à la guerre ! » ont retenti dans la foule qui attendait le cercueil. Nul doute que les nombreux indics et policiers ont filmé les présents, surtout ceux qui osaient clamer ce qu’ils pensent de ce régime et de sa guerre.

Les médias russes n’avaient bien sûr rien dit du lieu, du jour et de l’heure de l’enterrement. Les autorités n’avaient rendu le corps à la famille qu’une semaine après le décès, dans le Grand Nord, donc loin des observateurs. Elles avaient aussi donné ordre aux pompes funèbres de ne pas lui fournir rapidement de cercueil – à moins que des sous-fifres voulant se faire bien voir aient pris l’initiative de cette obstruction. Dans un milieu plutôt favorable à Navalny, l’université, le pouvoir en a aussi profité pour exiger, ici ou là, des étudiants qu’ils déclarent leur soutien à Poutine… C’était bon pour l’élection présidentielle du 17 mars, et dissuasif pour l’enterrement !

Il s’agissait donc de faire que peu de monde puisse ou veuille venir au cimetière, situé dans un quartier excentré de Moscou. De plus, l’heure fixée, celle de la sortie des entreprises, excluait des travailleurs qui auraient souhaité faire acte de présence.

Ce sont donc surtout des petits bourgeois, dont des intellectuels de tout âge, qui se sont retrouvés au cimetière. Les circonstances de la mort de Navalny ont pu faire que des travailleurs éprouvent de la sympathie pour lui, au moins en tant que personne. Mais c’est avant tout la petite bourgeoisie urbaine qui se retrouvait dans ses idées, son combat pour un « capitalisme honnête » et contre le « pouvoir des bandits ».

Cette petite bourgeoisie voyait en lui la promesse d’un régime débarrassé de la corruption, donc des parasites installés aux postes de commandement, du Kremlin jusqu’au bas de la pyramide du pouvoir. Pourquoi leur faut-il partager les profits de leur entreprise avec ces gens-là ? Ce que défendait Navalny était la perspective très concrète pour les bourgeois petits et grands d’élargir leur part de gâteau. Que cela puisse se réaliser, c’est une autre affaire.

Des oligarques russes, Potanine, Prokhorov, Aven, Fridman ont pu soutenir Navalny. Mais comme sa politique peut impliquer des « désordres sociaux » menaçant leur position et leur fortune, pour eux, le mieux est l’ennemi du bien. Alors ces membres du « capitalisme oligarchique » que fustigeait Navalny préfèrent encore s’en remettre à Poutine et à sa poigne, car ils savent ce qu’ils lui doivent.

Si ses dénonciations des turpitudes du régime ont valu une popularité à Navalny au-delà des milieux d’affaires, il s’est bien gardé de jamais indiquer aux travailleurs ce que l’organisation de la société qu’il prônait pourrait leur apporter. Et pour cause : elle n’annonce au mieux qu’un changement de maîtres, pas la fin de l’exploitation et de l’oppression.

Il reste donc à combattre à la fois le régime de Poutine, la bureaucratie, les oligarques et tous les capitalistes. Et cela ne viendra pas de celui ou celle qui prendra la place de Navalny : c’est l’affaire de la classe ouvrière.

                                                Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2901)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Vendredi 8 mars : de 15h40 à 16 h40 au marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15, « Carrefour Babou » ;

-Samedi 9 mars : de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;

-de 10 h.45 à midi 15, centre cl de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-Dimanche 10 mars, de 10 h15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi marché Héloïse ;

-Lundi 11 mars : de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien ;

-Mercredi 13 mars : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.

 

 

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

 

Réservez votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.