mardi 5 mars 2024

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 4 mars 2024

Pas un sou, pas un homme pour les guerres de Macron et Biden !

4 mars 2024

Après s’être distingué au début de la guerre en disant « qu’il ne fallait pas humilier la Russie », Macron a cette fois surpris son monde en affirmant ne « pas exclure l’envoi de troupes en Ukraine ».

Cette sortie belliqueuse a tout de suite été désavouée par tous les chefs d’État occidentaux, et Macron a rétropédalé : il ne parlait pas de troupes combattantes, mais de troupes d’appui logistique…

Si Macron se spécialise dans le rôle du bouffon, la situation, elle, est à prendre au sérieux. Envoyer des troupes combattantes est, bien sûr, une option de l’état-major de l’Otan. Elle n’est peut-être pas encore d’actualité, mais elle est étudiée et préparée et ce sont les États-Unis qui décideront.

Car la guerre est là et bien là ! Contrairement aux dénégations officielles, les États-Unis et, derrière eux, la France et les États européens font la guerre à la Russie. Il y a une répartition des rôles : l’Ukraine fournit la chair à canon, et les puissances impérialistes occidentales, les armes.

Après avoir expliqué qu’elles ne livreraient que des armes dites défensives pour ne pas être considérés comme « cobelligérantes », elles acheminent aujourd’hui des tanks, des missiles à longue portée et des avions de combat F16.  

En France, les entreprises d’armement montent en charge pour approvisionner le front ukrainien en obus, blindés, canons Caesar... Accusé de ne pas en faire assez par le chancelier allemand, qui a engagé son pays à hauteur de 17 milliards d’euros, Macron vient de promettre trois milliards d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine.

Quant aux militaires occidentaux, ils sont présents depuis un bout de temps sur le sol ukrainien ! L’existence de douze bases secrètes de la CIA, actives depuis 2014 à la frontière russe, vient d’être révélée. Et c’est un secret de polichinelle que des instructeurs militaires de l’Otan, français compris, s’y activent pour livrer le matériel militaire et former des soldats ukrainiens.

Alors, oui, les dirigeants occidentaux mènent déjà cette guerre et ils nous y entraînent chaque jour davantage. Si les États-Unis le décidaient, tous leurs alliés, France comprise, y enverraient des troupes. Et dans ce cas, le gouvernement ne se gênerait pas pour procéder à une mobilisation générale, comme cela se fait en Ukraine.

« Il faut arrêter le dictateur Poutine qui veut envahir l’Europe », « Il faut suivre l’exemple des soldats ukrainiens et de leur famille et être prêts aux sacrifices », nous dit-on. Et comme l’a demandé Macron, l’Éducation nationale et l’armée vont se charger de renforcer l’esprit patriotique de la jeunesse au travers de l’éducation civique et du Service national universel (SNU).  

Face à ce bourrage de crâne, gardons en tête la phrase prononcée par Anatole France au lendemain de la Première Guerre mondiale : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. »

Toutes les guerres que nos gouvernants désignent comme des guerres justes cachent des rivalités de pouvoir pour le partage des richesses. L’Ukraine est certes une proie pour Poutine et les oligarques russes. Mais elle l’est aussi pour ses propres oligarques et surtout pour les capitalistes occidentaux qui, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, y placent leurs capitaux afin d’en exploiter les terres et la main-d’œuvre.

Le flot de milliards que les puissances impérialistes déversent dans cette guerre fait le bonheur de leurs marchands d’armes, et ici des Dassault, Safran, Thales, Nexter… Mais c’est aussi un placement qui rapportera gros, demain, aux multinationales comme Nestlé, Bayer, Vinci...

Poutine est un dictateur qui écrase son propre peuple sous un talon de fer. Mais les puissances occidentales ne sont pas les blanches colombes qu’elles prétendent être. Ce qui se passe aujourd'hui à Gaza, où elles laissent, depuis cinq mois, leur allié israélien massacrer et affamer les Palestiniens, le démontre une fois de plus.

Biden et Macron parlent des droits des peuples quand ça les arrange ! S’il leur faut s’acoquiner avec les pires régimes, comme aujourd'hui l’Arabie Saoudite ou Israël, fermer les yeux sur leurs exactions et dresser les peuples les uns contre les autres, ils le font, sans état d’âme.

Ne les laissons pas nous mener à une troisième guerre mondiale ! Pas un homme pour la guerre des capitalistes !

À bas nos dirigeants, piliers de cet ordre barbare et fauteurs de guerre ! Pas un sou de plus pour les marchands de canon ! Ce qu’il nous faut, ce sont des lits d’hôpitaux, des logements, des trains et des écoles !                                            

                                                                                Nathalie Arthaud

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Demain mercredi 6 mars : de 11 h.30 à midi, marché des Champioux.

 

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

 

Réservez votre billet d’entrée pour notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Le prix du repas : 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans.

 

RSA : une nouvelle attaque contre les travailleurs

La grande régression se poursuit

 

 

Depuis le 1er mars, 29 départements supplémentaires mettent en place le conditionnement du RSA à 15 heures de travail. Ils s'ajoutent aux 18 départements qui l'appliquent depuis 2023 avant que cette mesure anti-pauvres ne s'étende à tout le territoire en 2025.

         Cette mesure consiste à faire travailler 15 heures de travail par semaine pour toucher 607 €, bien en-dessous du Smic ! Cela n'empêche pas le gouvernement de faire la morale aux allocataires en les faisant passer pour des « assistés ». Eux qui ne lésinent pas sur l’argent distribué aux grandes entreprises…

 

Egalim 3, consommation : toujours sur le dos des consommateurs

 

La jungle capitaliste

 


Depuis 2023, les promotions sur les produits alimentaires ne peuvent dépasser 34 % dans les supermarchés. À partir du 1er mars, cette mesure s'appliquera aussi aux produits d'hygiène et aux lessives, entre autres. C'est l'une des mesures de la loi « Egalim 3 », qui prétend mieux rémunérer les petites entreprises productrices, et protéger les emplois.

         Les multinationales du secteur ne souffriront pas de cette limitation des promotions, que les familles populaires paieront au prix fort en magasin. La jungle capitaliste, que l'État régule vaguement, ne fonctionne jamais à l'avantage des travailleurs.