dimanche 3 décembre 2023

COP 28 : un sommet en forme de gouffre

Rien à attendre, et c’est peu de le dire

 

Les conférences sur le climat s’enchaînent année après année. La 28e commence à Dubaï.

     Avec la nomination à sa présidence du sultan Al Jaber, qui n'est autre que le patron de la compagnie nationale pétrolière d'Abu Dhabi, chacun devrait savoir qu'il n'y a rien à attendre en matière de lutte contre le réchauffement climatique des dirigeants politiques et des multinationales dont ils défendent les profits.

 

samedi 2 décembre 2023

Loi Darmanin : Français, immigrés, une seule classe ouvrière !

 

Loi Darmanin : Français, immigrés, une seule classe ouvrière !

29 Novembre 2023

Le 27 novembre, le projet de loi Asile et immigration, texte infâme encore durci après son passage au Sénat, est arrivé devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, pour une discussion sur les différents amendements proposés, avant d’être examiné par les députés à partir du 11 décembre.

 

 

Sur le fond, ce projet de loi vise à rendre les titres de séjour encore plus difficiles à obtenir, à faciliter les expulsions, et aboutira à précariser les travailleurs nouvellement arrivés en France, en leur rendant inaccessibles pendant des années les protections sociales et même l’accès à une aide médicale minimum. Les sénateurs LR, dans leur course pour avoir l’image la plus réactionnaire, ont ferraillé contre l’article 3 qui aurait, à leur yeux, favorisé une régularisation trop facile de travailleurs sans papiers employés dans des métiers « en tension ». Un prétendu article de compromis numéroté 4 bis est donc apparu, qui ne laisserait pas aux seuls préfets la décision d’accorder ou non des permis de séjour.

Dans l’immédiat, ce sont en effet les travailleurs sans papiers en attente d’une régularisation qui sont visés. « Je suis fatigué », a témoigné il y a peu, dans un reportage de France 3 réalisé à Angers, un jeune cuisinier d’origine ivoirienne. Titulaire de son CAP, employé depuis un an et demi chez un restaurateur qui souhaite sa régularisation, ses bulletins de salaire et ses cotisations sociales n’ont pas suffi à l’administration préfectorale, qui lui a opposé un refus pour « situation instable ». Cette double peine, refus des papiers qui permettraient de mener une vie normale et condamnation à devoir accepter des conditions de travail encore plus précaires, pénibles, et des salaires très bas, est le résultat direct des trente lois sur l’immigration votées depuis quarante ans. Selon l’estimation de la CGT, le durcissement qu’apportera la dernière mouture signifiera, pour les quelque 700 000 travailleurs sans papiers plus de difficultés à se faire payer, à voir ses droits reconnus comme tout travailleur. Trouver un logement, pouvoir circuler sans la crainte continuelle d’un contrôle policier, ou encore être rejoint par sa famille, tout cela sera de plus en plus inaccessible.

Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, prétend voir dans ces débats parlementaires d’opérette « la prise de conscience dans l’ensemble de la classe politique qu’il nous faut agir avec efficacité sur la question migratoire ». C’est l’affirmation scandaleuse, par un des hommes de paille de la bourgeoisie, qu’une des raisons des souffrances subies par la population laborieuse serait la présence en son sein d’une fraction immigrée, ô combien minoritaire d’ailleurs, puisque la France n’est classée que 15e des États de l’UE pour la proportion d’étrangers dans sa population.

Il n’y a pas plus de « question migratoire » qu’il n’y a d’intérêts communs entre les travailleurs de ce pays – d’où qu’ils viennent et depuis combien de temps – et les capitalistes et leurs représentants en politique.

La frontière, la vraie, passe entre les parasites des conseils d’administration, les actionnaires, les hauts fonctionnaires qui facilitent leurs affaires, et les travailleuses et travailleurs avec ou sans papiers, retraités, chômeurs ou actifs. Ceux-là, qui font tout fonctionner, sont les seuls à être indispensables à la société.

                                           Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2887)

 

Dimanche 3 décembre

Manifestation

Paris :  Contre la loi Darmanin, pour le soutien aux migrants et sans-papiers

À 14h00

Départ à Montparnasse.

 

 

Achetez, lisez Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient et sur bien d’autres sujets. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui samedi matin 2 décembre, de 10h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

- de 11 h. à midi au marché de la Colonie ; 

-Lundi 4 décembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets ;

-Mardi 5 décembre, centre commercial de la cité Joliot-Curie, de 18 à 19 h. ;

-Mercredi 6 décembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

 

N’oubliez pas de noter sur vos agendas, le rendez-vous encore lointain de notre banquet local qui aura lieu en journée le dimanche 24 mars prochain. Dès à présents, parlez-en autour de vous et réservez. Le prix du repas est désormais fixé. Comme l’an dernier, 17 euros pour les adultes, 8 pour les enfants jusqu’à 14 ans. Achetez votre billet d’entrée.

Gaza : barbarie d’État

Gaza : barbarie d’État

29 Novembre 2023

La trêve de quelques jours négociée entre Israël et le Hamas a permis, pour la première fois depuis le début des bombardements israéliens sur Gaza, l’acheminement d’une aide humanitaire vers le nord du territoire. Elle est absolument dérisoire face à l’horreur subie par sa population depuis sept semaines.

Le nombre de 15 000 victimes est aujourd’hui atteint, selon le ministère de la Santé de Gaza, dont 70 % de femmes et d’enfants. Le New-York Times, qui reprend ces chiffres, titre que le nombre de femmes et d’enfants tués par l’armée d’Israël dépasse déjà celui de ceux tués en Ukraine. Le journal ajoute : « Ce rythme historique […] n’a guère de précédent au 21e siècle, selon des experts pour qui les victimes s’accumulent plus vite à Gaza qu’aux pires moments des campagnes menées sous l’égide des États-Unis en Irak, en Syrie et en Afghanistan, elles-mêmes amplement critiquées par des organisations de défense des droits humains ». Le même journal indique que l’armée israélienne fait usage « d’armes très puissantes dans des environnements urbains denses, avec notamment des bombes de près d’une tonne pouvant raser une tour d’appartements. » Lors des bains de sang qu’ont été les bombardements de Mossoul en Irak ou de Raqqa en Syrie, les généraux américains, pourtant peu suspects d’humanitarisme, jugeaient la bombe aérienne la plus courante, de 200 kg, trop puissante pour être utilisée. Pour trouver un équivalent, il faudrait, selon un ancien analyste du Pentagone cité par le ­Washington Post, « remonter au Vietnam ou à la Deuxième Guerre mondiale. »

40 000 tonnes d’explosifs ont été déversées sur la population palestinienne. La moitié des bâtiments ont été détruits. 1,7 million de personnes ont été déplacées, sur les 2,4 millions d’habitants. Les hôpitaux, quand ils n’ont pas été détruits, sont hors d’état de fonctionner faute d’essence et donc d’électricité.

La destruction de nombreuses infrastructures s’ajoute au blocus, aux coupures d’eau décidées par le gouvernement israélien. La malnutrition, les épidémies se développent et menacent les survivants. Ainsi, alors qu’une consommation quotidienne d’eau, pour se laver, boire et cuisiner, est estimée par l’Organisation mondiale de la santé, au minimum à 50 litres par jour par personne et 100 litres pour un réel confort, elle est à Gaza de trois litres en moyenne depuis le début du conflit.

Près de la moitié des écoles sont en ruine et 625 000 enfants sont déscolarisés. Outre les dizaines de milliers de blessés déjà recensés, les séquelles dont souffrira la population sont aussi inestimables.

Cette hécatombe est infligée à la population palestinienne par le gouvernement israélien avec le soutien politique et militaire de tous les dirigeants impérialistes. Sous prétexte de détruire le Hamas ou de libérer les otages, il s’agit de montrer à ce peuple, et à tous ceux de la région, que ce qui les attend s’ils contestent l’ordre impérialiste peut être un massacre sans pitié.

                                              Christian BERNAC  (Lutte ouvrière n°2887)

 

Samedi 2 décembre

Manifestation

Paris :  Solidarité avec le peuple palestinien

à 14h00

Marche pour le cessez-le-feu permanent à Gaza

14h, place de la République