samedi 11 novembre 2023

Moyen-Orient : La prudence du Hezbollah. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

La prudence du Hezbollah

08 Novembre 2023

Le dirigeant du parti religieux chiite libanais, allié du régime iranien, accusé par Israël, les États-Unis, la France et d’autres grandes puissances d’avoir aidé militairement le Hamas, s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis le 7 octobre, dans un discours nullement va-t-en-guerre.

Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a tenu son meeting par vidéo interposée devant plus de 10 000 personnes rassemblées dans la banlieue sud de Beyrouth. On pouvait lire sur les nombreuses pancartes façonnées par le parti : « Mort à l’Amérique, mort à Israël », mais le discours n’avait pas cette tonalité. Même si Nasrallah a vanté l’action du Hamas, qui a été, selon lui, « un tremblement de terre sécuritaire, militaire, psychologique et moral pour Israël », il a tenu à affirmer que le Hezbollah n’avait pas contribué à cette opération, disant qu’elle était « le résultat d’une décision palestinienne à 100 % ».

À ceux qui demandent au Hezbollah « d’entrer dans une guerre ouverte », et pour qui « ce qui se passe à la frontière [entre le Liban et Israël] peut paraître modéré », il a répondu que c’est déjà beaucoup. Et de donner comme argument, aux plus guerriers, que les actions militaires des milices du Hezbollah occuperaient un tiers des forces armées israéliennes. Et de finir son discours sur une formule encore plus alambiquée : « Je le dis en toute transparence et avec un flou constructif : toutes les options sur notre front sont ouvertes et examinées et nous pourrons y recourir à tout moment. »

Derrière ces circonlocutions, les propos de Nasrallah montrent que son parti, et l’Iran derrière lui, ne veulent pas entrer en guerre contre Israël. La situation économique et sociale du Liban, comme celle de l’Iran, comme d’ailleurs celle de tous les pays arabes de la région est déjà catastrophique, et ils craignent le chaos qu’une guerre généralisée engendrerait.

Ce qui inquiète ces dirigeants du Moyen-Orient n’est pas tant le sort des Palestiniens de Gaza que le fait que le gouvernement israélien, soutenu sans faille par celui des États-Unis et des autres grandes puissances impérialistes, est en train de jouer avec le feu. La guerre qu’il mène déchaîne la colère populaire dans tous les pays alentour et si elle se développe elle peut submerger et renverser bien des chefs d’État et de partis comme Nasrallah. Même sans se développer sur le terrain social et en restant sur le terrain des idées nationalistes et réactionnaires qui sont celles du Hezbollah, cette contestation pourrait le déstabiliser lui aussi.

                                                     Pierre ROYAN (Lutte ouvrière n°2884)

 

Boycott des multinationales : pas de capitalisme propre

La seule solution est la voie de la Révolution socialiste

 

 

Les appels au boycott d'entreprises se multiplient en réaction au massacre à Gaza. McDonald’s et Carrefour sont accusés d'être des soutiens actifs du gouvernement israélien.

         Or les grands groupes, qui aujourd’hui ne se salissent pas les mains en Israël, font des affaires ici en France, grand vendeur d’armes, et ailleurs, où d’autres régimes sont des fauteurs de guerre et de misère. Partout, ils exploitent les travailleurs.

         Les boycotts, qui laissent croire que sous la pression ces grandes entreprises capitalistes pourraient devenir plus éthiques ou moins exploiteuses, ne peuvent éliminer l’oppression, à la base du système capitaliste.

         Ce n’est pas en tant que consommateurs, mais en tant que producteurs de toutes les richesses que les travailleurs des bastions capitalistes pourront exproprier ces grands groupes capitalistes, dont la soif de profit engendre la misère et la guerre.

 

vendredi 10 novembre 2023

L’ « humanitaire » selon Macron. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

Faux semblants humanitaires et intérêts capitalistes

08 Novembre 2023

Au début du mois, Macron a annoncé l’organisation d’une « Conférence humanitaire » au sujet de Gaza pour le jeudi 9 novembre. Il prétendait y réunir les « États, principaux bailleurs, organisations internationales et ONG actives à Gaza » pour aider la population civile sur place, en lien avec l’ONU.

Tout en soutenant pleinement la guerre menée par l’État israélien contre la population de Gaza, Macron fait mine d’agir en médiateur, en demandant une trêve à l’ONU et en exigeant que Netanyahou respecte certaines limites dans ses opérations militaires. Mais ce n’est qu’une façade. La réalité est que des navires militaires français sont envoyés sur place et que Macron défend les intérêts sonnants et trébuchants de ses capitalistes, même si la France est une puissance de second ordre à la remorque de l’impérialisme américain.

En juin dernier, par exemple, une conférence avait réuni 350 patrons de la péninsule arabique à Paris, à la suite de laquelle les capitalistes français ont pu profiter de près de dix milliards d’euros d’investissements directs, sans compter les nombreuses commandes d’armes. En visite à Doha, au Qatar, en juillet dernier, le ministre des Armées aurait décroché une nouvelle commande de 24 avions Rafale. L’an dernier, ce sont les Émirats Arabes Unis qui avaient commandé 80 Rafale pour 2027-2031, le plus gros contrat de vente d’armes depuis un demi-siècle, pour 16 milliards d’euros. Les intérêts des capitalistes français sont donc bien représentés dans la région, entre ventes d’armes, pétrole et autres marchés très rentables.

Ce n’est pas pour sauver des vies que Macron envoie ses bateaux au Proche- Orient, mais bien pour sauver les intérêts de sa bourgeoisie dans cette région du monde. C’est pour les mêmes raisons que, après la guerre de 1914-1918, les dirigeants français s’étaient partagé, avec la Grande-Bretagne, les restes de l’Empire Ottoman et qu’ils ont, depuis un siècle, attisé les rivalités entre les peuples dans la région.

                                                          C. L. (Lutte ouvrière n°2884)

 

Achetez, lisez Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.

 

Les prochaines permanences prévues :

-Aujourd’hui vendredi 10 novembre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;

 -et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour « Babou » ;

-Samedi matin 11 novembre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

- et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ; 

-Dimanche 12 novembre : de 10 h.15  à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;

-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-Lundi 13 novembre, de 18 h. à 19 h. centre commercial des Raguenets ;

-Mercredi 15 novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux.

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.