mercredi 8 novembre 2023

"Bombes carbone": pas de changement sur le front climatique

Qu’importe le climat si le climat des investissements est bon

 

 

Une étude révèle que les banques françaises sont le troisième plus gros investisseur mondial dans les projets d'extraction d'énergie fossile et financent les forages de TotalEnergies.

         L'État français a signé des traités pour limiter le réchauffement climatique. Mais c'est pour la galerie.

         Les capitalistes, eux, se jettent sur ce qui est le plus rentable pour eux, en laissant les chefs d’État gesticuler sur l'avenir de la planète dans les sommets internationaux.

 

mardi 7 novembre 2023

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 novembre 2023

        Les Palestiniens sacrifiés sur l’autel de l’impérialisme

6/11/2023

 

Jusqu’où le gouvernement israélien ira-t-il dans le massacre de masse ? À Gaza, le déluge de feu a fait près de 10 000 morts. Des dizaines de milliers de blessés sont privés de soins et toute la population est menacée par le manque d’abris, d’eau, de nourriture et de médicaments. 

Pendant que l’armée israélienne transforme Gaza en cimetière à ciel ouvert, les colons de Cisjordanie s’occupent d’expulser les bédouins, terrorisent et tuent des paysans palestiniens, sous l’œil complice des soldats israéliens.

En Israël, les deux millions de citoyens arabes sont sommés de raser les murs et de se taire. Symbole de cette punition collective, il y a aussi le sort fait aux ouvriers gazaouis qui travaillaient en Israël le 7 octobre. 4 000 d’entre eux ont été emprisonnés 25 jours, interrogés comme des criminels, torturés pour certains. 

Cette vengeance sur les Palestiniens, peuple opprimé, colonisé et réprimé depuis des décennies, provoque partout dans le monde de plus en plus d’opposition et de révolte. C’est l’expression d’une colère contre la politique de Netanyahou mais aussi contre les grandes puissances impérialistes qui continuent de soutenir inconditionnellement Israël. 

Oh, de plus en plus de dirigeants demandent une « pause » ou une « trêve humanitaire » ! Dans ce concert d’hypocrisie, la palme revient à Macron qui veut organiser une conférence humanitaire car, dit-il, « la lutte contre le terrorisme ne justifie pas de sacrifier des civils ». C’est du cinéma de mauvais goût, car Macron ne compte pour rien dans cette affaire et, surtout, parce que le seul moyen de stopper ce carnage serait d’exiger un cessez-le-feu.  

En la matière, les maîtres du jeu sont les États-Unis. Ils contribuent au financement de l’État israélien à hauteur de 4 milliards de dollars par an, et le Congrès vient de voter une rallonge de 14 milliards. Ils livrent une grande partie des armes à Israël. Ils ont envoyé deux porte-avions américains sur place, mettent à disposition leurs moyens satellitaires et ont dépêché des conseillers militaires spéciaux.

Alors, oui, s’ils le voulaient, les États-Unis pourraient stopper Netanyahou et l’armée israélienne. Mais, même s’ils craignent que cette répression aveugle finisse par mettre le feu à toute la région, ils restent sur leur ligne de soutien à Israël dans tous ses crimes, car ils ne veulent pas lâcher leur plus fidèle allié dans la région.

Pour les grandes puissances, le Moyen-Orient, d’où provient 40 % du pétrole consommé dans le monde, est une région cruciale. Le canal de Suez est un axe clé du commerce global. Alors que la guerre économique fait rage avec la Chine et que le camp occidental s’affronte à la Russie par Ukraine interposée, il n’est pas question pour les États-Unis de revoir leur stratégie au Moyen-Orient. 

Les Palestiniens sont ainsi sacrifiés sur l’autel de l’impérialisme. Et cela dure depuis 75 ans. Alors oui, leur sort est un symbole de la domination impérialiste sur le monde. Un symbole de l’arrogance des grandes puissances qui disposent du globe comme de leur propriété privée et qui traitent les peuples comme des masses de manœuvre ou quantité négligeable.

Les morts de Gaza font écho à ceux du Yémen, du Congo, de l’Afghanistan, du Soudan, du Mali… Les réfugiés palestiniens renvoient aux millions de femmes et d’hommes chassés de chez eux par les guerres et par la misère, et qui se retrouvent, eux aussi, réfugiés à vie.

Alors, l’émotion et la solidarité qui s’expriment vis-à-vis des Palestiniens dans tant de pays, et ici même, doivent se transformer en conscience que tous les exploités du monde sont liés dans un sort et un combat commun : celui d’en finir avec l’ordre impérialiste.

On ne peut qu’être solidaire avec le combat des Palestiniens pour imposer leur droit à une existence nationale à côté des Israéliens. Mais même les peuples qui l’ont conquise de haute lutte restent dépendants économiquement des pays riches. Et combien de leurs héros nationalistes sont devenus d’infâmes dictateurs ? Il n’y a pas à en être surpris, car se faire une petite place nationale dans l’ordre impérialiste, c’est rester dans le même piège de domination et de dépendance.

Pour que les opprimés du monde s’émancipent complètement, il est nécessaire de renverser l’impérialisme.

Nous qui vivons dans une de ses citadelles, nous avons un rôle à jouer dans ce combat : construire un parti visant le renversement du capitalisme et l’édification d’une société socialiste dirigée par les travailleurs à l’échelle internationale. Un parti qui opposera à la politique de division de la bourgeoisie, le mot d’ordre d’unité de tous les opprimés et travailleurs de la planète.  

                                                                        Nathalie Arthaud  

 

Les prochaines permanences prévues :

-Mardi 7 novembre, de 18 à 19 heures, centre commercial Joliot-Curie ;

-Mercredi 8 novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;

Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du quartier du Val-Nord que nous remercions.

 

Achetez, lisez notre hebdomadaire Lutte ouvrière. Il contient de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles dont la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.

États-Unis : victoire partielle d’une grève partielle

États-Unis : victoire partielle d’une grève partielle

01 Novembre 2023

Après plus de quarante jours de grève de dizaines de milliers d’ouvriers de l’automobile, les patrons des trois grands constructeurs historiques (Ford, Stellantis, dont fait partie Chrysler, et General Motors) ont fait des offres, que la direction du syndicat UAW a acceptées.

Ces accords portent sur les nouveaux contrats de travail collectifs prévus pour les quatre années et demie prochaines. La grève continue tant qu’ils ne sont pas ratifiés par les 145 000 salariés adhérents de l’UAW dans ces trois entreprises, au cours de trois votes distincts, mêlant les ouvriers des usines en grève et ceux qui n’ont pas été appelés à s’y joindre par le syndicat. Si un de ces accords était rejeté par les travailleurs, la grève continuerait dans cette entreprise.

L’UAW qualifie ces trois accords – similaires dans leurs grandes lignes – de « victoire historique ». Il est certain que, sans leur détermination, les grévistes n’auraient pas obtenu 11 % d’augmentation immédiate de leur salaire horaire ; avec la perspective qu’au bout des quatre ans et demi du nouveau contrat l’augmentation, indemnité inflation comprise, sera autour de 30 %. Il faut toutefois rappeler que l’inflation subie les deux années passées a été de 20 %...

Les grévistes n’ont pas réussi à arracher l’abolition du statut dérogatoire, qui permet aux patrons de sous-payer les nouveaux embauchés et de diviser ainsi les travailleurs. Mais ils ont obtenu la réduction de la durée passée dans ce purgatoire avant de toucher une paye entière.

Autre élément à mettre au compte de la mobilisation : le syndicat a obtenu le droit d’appeler à la grève contre une fermeture d’usine. Auparavant, une telle grève aurait été considérée comme une rupture du contrat collectif, ce que l’UAW s’est bien gardé de faire lors des nombreuses fermetures d’usine de ces dernières années.

Ce qui a été gagné face à un patronat puissant, bien que la grève soit restée partielle à cause de la politique syndicale, montre la force bien réelle de la classe ouvrière aux États-Unis.

                                                       Lucien DÉTROIT (Lutte ouvrière n°2883)

 

STMicroelectronics - Crolles et Grenoble : une victoire sur la discrimination

Cachez cette discrimination que je ne saurais voir

 


Dix salariées de STMicroelectronics, entreprise de semi-conducteurs, voient l’aboutissement d’un combat juridique de huit ans se concrétiser par la condamnation en cour d'appel, de leur direction qui devra leur verser 800 000 euros d’indemnités en réparation de préjudice professionnel et moral, pour discrimination salariale liée au sexe. Il restera à fixer le montant pour rappel de salaire et d’éventuelles promotions.

         En 2015, suite à la fuite d’un fichier des Ressources Humaines contenant les salaires des travailleurs du site de Grenoble, onze salariées, six ingénieures et cinq opératrices et techniciennes, toutes représentantes du personnel CGT, avaient saisi les prud’hommes pour inégalité salariale, de l'ordre de 16 à 20 % en faveur de leurs collègues hommes. Une des salariées, juge prudhommale, fait l'objet d'un jugement à part et est en attente.

         Ce jugement est une victoire quand on sait qu'il a fallu attendre des années et un recours devant la justice pour simplement obtenir de la direction des documents permettant la comparaison genrée des carrières.

         Même si chacune s'attend à une saisie par l'employeur de la cour de cassation, elles espèrent que d'autres femmes oseront, elles aussi, dénoncer les discriminations qu'elles subissent.