jeudi 11 mai 2023

Retraites : les travailleurs ne tournent pas la page ! Un article du n°2858 de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître

Retraites : les travailleurs ne tournent pas la page !

10 Mai 2023

Parmi les cinq syndicats représentatifs invités à rencontrer la Première ministre Élisabeth Borne, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC ont rapidement répondu qu’ils acceptaient. La CGT a annoncé à son tour, le 6 mai, que sa secrétaire générale, Sophie Binet, se rendrait à Matignon. FO doit encore donner sa réponse.

En organisant ces rencontres, qui doivent avoir lieu les 16 et 17 mai, le gouvernement tente de reprendre le prétendu « dialogue social » après la promulgation de la réforme des retraites. Une précédente rencontre avait déjà eu lieu le 5 avril. Reçus ensemble à Matignon, les dirigeants de l’intersyndicale avaient démonstrativement quitté la salle après moins d’une heure de discussion, après que la Première ministre eut refusé de retirer la réforme des retraites.

Cette fois-ci, pour limiter le risque d’une réaction commune, Borne a invité chaque syndicat à une rencontre séparée. Pour leur permettre de venir sans pour autant donner l’impression qu’ils acceptent de « tourner la page » de la réforme des retraites, aucun ordre du jour précis n’a été fixé.

En fait, après quatre mois de manifestations, le gouvernement voudrait bien rétablir des « relations apaisées » avec les confédérations syndicales, pour reprendre la formule de Borne. Mais on ne voit pas pourquoi leurs dirigeants devraient lui faciliter la tâche. En cherchant à passer en force, Macron a voulu donner l’image d’un pouvoir fort, capable de mener sa politique antiouvrière en traitant par le mépris les dirigeants des centrales syndicales. Ceux-ci ont voulu faire la démonstration qu’il fallait compter avec eux et que le gouvernement aurait mieux fait de chercher davantage à les associer à sa politique consistant à imposer des reculs à imposer aux travailleurs. L’attitude de Borne montre que celle-ci veut bien maintenant leur montrer un peu de considération.

Les responsables syndicaux vont-ils maintenant se prêter de nouveau à un prétendu dialogue social ? Ils y sont certainement disposés, puisque l’intersyndicale avait déclaré au lendemain du 1er Mai que les organisations syndicales comptaient rappeler « leur refus de la réforme des retraites » mais entendaient aussi formuler des propositions « pour que les préoccupations des salariés soient enfin prises en compte ».

En même temps, l’intersyndicale ne voudrait pas perdre le crédit que lui a valu son refus du report de l’âge de la retraite à 64 ans. Elle a appelé à une nouvelle journée de manifestation le 6 juin, soit deux jours avant l’examen d’une proposition de loi d’abrogation de la réforme déposée par un groupe de députés centristes qui ont trouvé ainsi le moyen de faire parler d’eux. L’appel à manifester accompagne une politique, menée tout au long du mouvement par l’intersyndicale, qui voudrait aussi amener les travailleurs à s’en remettre aux institutions, Parlement ou Conseil constitutionnel.

Bien d’autres leçons peuvent être heureusement tirées de ce mouvement au cours duquel le monde du travail a relevé la tête. Beaucoup ont fait grève et ont manifesté pour la première fois. Des liens ont été créés entre des travailleurs d’entreprises et de corporations différentes, qui sont autant d’atouts pour faire face aux attaques que le gouvernement et le grand patronat s’apprêtent à mener dans les mois qui viennent. Beaucoup de ceux qui ont manifesté ces derniers mois estiment que ce n’est pas fini et se sentent renforcés pour les prochains combats. C’est cela qui compte.

                                                         Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2858)

 

Les prochaines permanences prévues.

-aujourd’hui jeudi 11 mai, de 17 h.45 à 18 h.45, contre commercial Joliot-Curie ;

-de 18 h. à 18 h.30 allée commerçante, Val-nord ;

-vendredi 12 mai, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;

-et de de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour Babou ;

-samedi 13 mai, de 10 h.15 à 10 h.55, devant Monoprix ;

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h. à midi, centre commercial Joliot-Curie ;

-dimanche 14 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre,

-et de 11 h. à midi, marché Héloïse ;

-lundi 15 mai, de 18 h. à 19 h. au centre commercial des Raguenets ;

-mercredi 17 mai, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.

 

 

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Argenteuil, grève inopinée à la SNCF lundi-mardi : c’est la direction de la SNCF qui pose des problèmes à tous et nous met en danger

Les cheminots qui se battent pour leurs conditions de travail luttent aussi pour nous

Ce mardi matin, après le week-end prolongé, les trains ont totalement disparu pour se rendre à Paris-Saint-Lazare. Je me suis retrouvé en carafe à la gare d’Argenteuil comme des milliers et des milliers d’autres travailleurs. On nous disait bien que le service était interrompu, ce que nous constations de visu, mais rien sur les raisons de cette absence de trains. Hier matin, il manquait encore un certain nombre de ces derniers.

         Après enquête, il s’agissait bien d’une grève de conducteurs exprimant leur ras-le-bol sur la dégradation de leurs conditions de travail. Un ras-le-bol et des protestations pas nouvelles, sans que cela émeuve la direction de la SNCF au point qu’elle trouve une solution au problème. Trop c’est trop, les conducteurs ont débrayé avec les conséquences vécues par tous.

         Le mieux est de lire le communiqué du syndicat Sud de Paris-Saint Lazare pour juger de l’affaire. DM


 

 

Dette publique : la finance saigne le monde

Pas de limites du « quoi qu’il en coûte » au bénéfice des capitalistes

 


 

Avec 66 000 milliards de dollars, la dette publique mondiale a augmenté de 8 % en 2022 et doublé depuis onze ans. Cette augmentation spectaculaire résulte de la politique du « quoi qu'il en coûte », qui camoufle mal les aides et subventions multiples aux capitalistes, et de la flambée des budgets militaires.

         Les dettes publiques offrent une rente perpétuelle à la finance qui pompe ainsi, sans investissement et sans risque, les richesses créées par les travailleurs. Elles ne profitent jamais aux classes populaires, à qui les gouvernements imposent de se sacrifier pour les rembourser.

         Cette dette perpétuelle est une impasse, qui trouvera sa solution dans l'expropriation révolutionnaire des financiers sans indemnité ni rachat.