Lycées
parisiens : la mobilisation s’organise
09
Novembre 2022
Mardi 8
novembre, 400 membres du personnel et élèves de lycées parisiens se sont
rassemblés au siège de la région Île-de-France à l’appel des syndicats. Ce
jour-là, Pécresse, présidente de région, annonçait la fermeture de sept
établissements à la rentrée prochaine.
Six
lycées ou sites d’enseignement professionnel, sont donc menacés de liquidation,
Charles-de-Gaulle, Valadon, Carrel, Brassaï, l’annexe de ThéophileGautier et
celle du lycée Lucas-de-Nehou, ainsi que le lycée général Brassens. À la veille
de ce rassemblement tombait aussi la nouvelle que deux autres lycées, le lycée
général et technologique Rabelais et le lycée polyvalent Monod seraient, eux,
fermés à la rentrée 2024 ! Dans bien des cas, il s’agit d’établissements
accueillant dans de petites structures des élèves des quartiers populaires.
Au
moins quatorze autres lycées recevront des élèves transférés et subiront aussi
les conséquences de ce jeu de chaises musicales. La filière générale
disparaîtrait à Élisa-Lemonnier et est aussi menacée dans plusieurs
établissements receveurs comme à Louis-Armand et Dorian. Partout il s’agira
d’entasser les élèves, au prix d’emplois du temps dégradés. À Dorian, 216
élèves supplémentaires devraient être recasés et entassés comme de vulgaires
sardines. Des centaines d’élèves seraient transférés dans un arrondissement
situé parfois à l’autre bout de Paris.
Cela
signifierait une surcharge de travail pour les enseignants, pour le personnel
de l’accueil, de la vie scolaire, des services d’entretien et de restauration,
et des suppressions d’emploi ou des mutations forcées pour d’autres, y compris
dans d’autres départements d’Île-de-France. La région et le rectorat lancent
des entretiens individuels comme dans n’importe quel plan de licenciement.
La
région prétexte une baisse démographique. Mais à la rentrée 2022, les lycées
professionnels parisiens ont accueilli 580 élèves de plus qu’en 2021. Elle
prétexte aussi un manque d’entretien, alors qu’elle ferme le lycée
Armand-Carrel qui vient d’être rénové et le lycée Charles-de-Gaulle, en bien
meilleur état que de nombreux établissements d’accueil.
Si
certains lycées étaient déjà mobilisés et en grève avant les vacances, comme
Élisa-Lemonnier, d’autres ont fait leur premier jour de grève le 8 novembre.
Construire la riposte contre la fermeture des lycées et la liquidation du droit
à l’éducation est partout à l’ordre du jour.
Christian BERNAC (Lutte ouvrière
n°2832)