Extraits
de la campagne de son comité de soutien
…L’histoire judiciaire de Vincenzo Vecchi
Gênes
2001 – en marge du G8, le contre-sommet réunit plus de 300 000 manifestant-e-s
Après
Seattle ou Göteborg, le gouvernement italien souhaitait à son tour museler la
contestation altermondialiste. Il a donc planifié une stratégie de violence, de
terreur et de répression des manifestants qui a notamment abouti à la mort de
Carlo Giuliani, âgé de 23 ans. La liste des exactions de la police est longue :
tabassages systématiques dans les rues, pratique de la torture et d’autres
actes de barbaries sur plus d’une centaine de manifestants à l’école Diaz, et
dans la caserne de Bolzaneto pendant plusieurs jours.
Si
les actes de tortures perpétrés par les forces de l’« ordre » ont été dénoncés
et condamnés en 2017 par la Cour européenne des droits de l’homme, leurs
responsables, pourtant reconnus coupables, n’ont pas fait un jour de prison.
Par
contre, 100 années de prison ont été distribuées à 10 manifestants condamnés
pour « dévastation et pillage », une loi mussolinienne issue du code Rocco
(1930) qui permet de sanctionner injustement et sans preuve, grâce à la
notion de concours moral, un manifestant pour les dégradations éventuellement
commises par d’autres. Les peines sont disproportionnées (de 8 à 15 ans de
prison) car « dévastation et pillage » est considéré comme un crime
contre la paix publique. Vincenzo Vecchi fait partie de ces « dix de
Gênes ». Il est condamné à 12 ans et 6 mois de prison en 2012. Il a
refusé de purger une peine aussi disproportionnée et quitté l’Italie.
En
2019, Vincenzo Vecchi, en France depuis plus de dix ans, est arrêté sous le
coup de deux mandats d’arrêt européens, dont l’un se révélera être un « faux »,
puisque la peine lui correspondant avait déjà été effectuée.
S’est
alors engagée en France une « saga judiciaire » ponctuée de deux refus des
cours d’appel de Rennes et d’Angers de le renvoyer. À chaque fois, avec
acharnement, les procureurs, relayant la volonté du pouvoir exécutif français,
se sont pourvus en Cassation.
La
Cassation française a fini par demander son avis à la CJUE sur l’interprétation
des textes européens. C’est ainsi que, ce 14 juillet 2022, au nom de la
coopération entre Etats européens, celle-ci ordonne à la Cassation de remettre
Vincenzo Vecchi à l’Italie pour y être emprisonné.
Cette
décision est insupportable. Elle pervertit l’esprit des lois hexagonales et
européennes, nie nos libertés, ouvre la porte à une loi mussolinienne et
entérine une jurisprudence dangereuse et intrinsèquement contraire aux droits
de l’homme.
Les
règles de la collaboration européenne, initialement prévues pour lutter contre
le grand banditisme, le terrorisme et la criminalité « en col blanc », ne
peuvent se placer au-dessus des principes fondamentaux du droit et viser un
simple citoyen pour avoir participé à une manifestation il y a plus de vingt ans.
Vincenzo
Vecchi est l’un des premiers citoyens que l’Europe condamne pour avoir
manifesté un jour … le 20 juillet 2001 … il y a vingt et un ans ! Après trois années de
combat judiciaire, la balle est désormais
dans le camp de la Cour de cassation, qui rendra sa décision à Paris le 11
octobre prochain.
Le comité
de soutien sera présent devant le Palais de Justice de Paris, métro Cité, demain mardi 11
octobre. Nous attendrons que les personnes qui assisteront à l'audience soient
entrées avant de faire une photo symbolique. Il n'y aura pas de banderoles ni
de slogans. Il est impératif qu'il n'y ait aucun incident devant le Palais de
Justice.
Pour tout contact : Jean
Luc BUDEX
6,
Domaine Saint Roch
56220 Rochefort en Terre
06 33 62
19 14
jeanlucbudex@gmail.com