Papiers différents, papiers ou pas, une seule classe ouvrière
Il est des chiffres concernant
Argenteuil à propos desquels nous devons réfléchir pour notre activité
militante.
Argenteuil
est une commune de 115 000 habitants. On peut estimer à 30 000 le
nombre d’habitants mineurs. Il reste 85 000 majeurs qui devraient disposer
du droit de vote. Mais il n’y a que 53 000 personnes inscrits sur les
listes électorales. Cela signifie qu’il y en a plus de 30 000 qui ne le
sont pas. Soit ils ne sont pas inscrits, soit ils ne le sont plus. Cela
concerne sans doute plusieurs milliers d’habitants, disons 5000. Si l’on part
de cette hypothèse, il y a 25 000 personnes ne disposant pas de la
nationalité française et qui, en conséquence, ne peuvent voter, en tout cas aux
élections législatives.
Durant
nos activités de campagne, nous avons pu mesurer l’amertume de nombreuses
travailleuses et travailleurs étrangers frustrés de ne pas pouvoir voter alors
qu’ils paient des impôts et travaillent pour certains depuis des décennies et
des décennies dans le pays.
Nous
partageons leur amertume. La « gauche » leur avait promis avant 1981
ce droit de vote. Comme pour bien d’autres choses, elle n’a pas tenu parole. C’est
pourtant donc une revendication qui reste plus que jamais d’actualité.
Lors
de nos discussions, je crois que nous avons pu souvent convaincre que nous, les
communistes révolutionnaires, dans cette campagne, nous nous adressions aux
travailleurs, et non à ceux d’entre eux munis d’une carte d’identité française.
Travailleurs français, étrangers, sans papiers, demain dans les luttes du monde
du travail, nous serons complètement au coude à coude, pour imposer les revendications
et nos objectifs. Car il n’y a qu’une seule classe ouvrière. DM
Une rencontre
à la librairie Le Presse-Papier
Ce soir mardi 14 juin à 18 h.30
Avec Christian
Astolfi pour son livre, beau et très utile pour des militants du monde du
travail :
« De notre
monde emporté »