Dassault
Aviation Argenteuil : ce n’est qu’un début
08 Décembre 2021
Durant le mois de novembre,
plusieurs débrayages se sont déroulés dans les usines du groupe Dassault
Aviation pour réclamer des hausses de salaire.
La direction n’a proposé que
1,6 % d’augmentation pour 2022, ce qui a sonné comme une véritable
provocation.
À Argenteuil, dans le Val-d’Oise,
près de 200 salariés ont arrêté le travail de nouveau le 1er décembre à l’appel
de la CGT et de la CFDT, tout comme dans les autres sites, en région bordelaise
et à Biarritz. Le lendemain, la CGT appelait à un blocage de l’usine dès 5 h
30. Dans la matinée, une délégation des travailleurs de l’usine voisine PPG de
Bezons, qui va prochainement fermer avec des licenciements, rejoignait l’entrée
principale du site Dassault pour un rassemblement commun. La nécessité de
réunir les luttes pour s’opposer aux mauvais coups des patrons était dans tous
les esprits.
Le PDG de Dassault, Éric
Trappier, étant également le représentant de l’UIMM, le patronat de la
métallurgie, il estime qu’il se doit de donner le ton et l’exemple en matière
d’emploi et de salaire. Alors, pour qu’il ne lâche ne serait-ce que les 200
euros revendiqués par la CGT, le mouvement entamé doit prendre de l’ampleur
chez Dassault et donner à d’autres l’envie de s’y joindre.
L’annonce, vendredi 3 décembre,
du contrat mirifique de la vente de 80 Rafale pour un montant de 14 milliards
d’euros n’a fait qu’exacerber l’ambiance revendicatrice. Des débrayages quasi spontanés
ont eu lieu. Il y aurait pléthore de travail et d’argent, mais rien pour les
salaires ? Cela, ça ne passe pas.
La direction générale va
probablement chercher à amortir rapidement le regain de combativité en lâchant
une prime à l’occasion de ce contrat. Mais les jeux ne sont pas faits : la
famille Dassault se remplit les poches depuis des décennies grâce au travail
des salariés et cela n’a que trop duré.
Correspondant LO (Lutte ouvrière
n°2784)