Toulon,
Arles, Nîmes et Alès : « Il faut prendre sur les profits »
03 Novembre 2021
Nathalie Arthaud est allée à la
rencontre de camarades et sympathisants de Toulon, Arles, Nîmes et Alès, où
comme toujours les réunions ont été animées.
Comment remplir son caddy ?
C’est le principal sujet de discussion parmi les travailleurs, non seulement
dans les entreprises de production, mais aussi dans les transports,
l’éducation, chez les territoriaux, ou à l’hôpital. Une aide à domicile
témoignait qu’au tarif où on lui rembourse les kilomètres parcourus, elle ne
travaille plus que pour faire le plein d’essence et que son loyer payé, il ne
lui reste plus rien.
Comme l’a dit Nathalie : « Castex
le reconnaît lui-même, au-dessous de 2 000 euros on ne s’en sort pas, et
38 millions de salariés sont dans ce cas. Alors prenons-le au mot, il faut
prendre sur les profits ! » Et à ce propos, comme l’a fait
remarquer un camarade : « Ceux des patrons se comptent en
milliards. Le déficit de la Sécu, c’est en millions, et la Sécu a supporté le
coût des vaccins, etc. Avec ces milliards, ils ont largement de quoi
payer. »
Comment surmonter le manque
d’organisation et les divisions, encouragées par le corporatisme des
syndicats ? La question vient souvent sur le tapis, mais il faut compter
sur l’initiative des travailleurs. « On appartient à une même classe,
c’est ça le camp des travailleurs », a souligné un camarade,
ajoutant : « Et on ne donne pas d’illusions. Rappelons-nous les
expériences de Syriza et de Podemos, la gauche même soi-disant radicale, ça
conduit à l’austérité. On ne peut pas aménager le capitalisme, il faut le
renverser. »
La montée des idées nationalistes
et réactionnaires inquiète. « Je travaille depuis des années, je paye
mes impôts, j’ai ma carte d’identité française… et on me demande de changer de
prénom ?! Les médias nourrissent la violence en parlant de Zemmour et des
musulmans. Dans le Var un Resto du cœur a même refusé de servir des
migrants », a souligné une camarade d’origine marocaine. Là aussi, il
faut compter sur les luttes, car c’est dans les luttes que les travailleurs
dépassent leurs préjugés, en réalisant qu’ils sont dans le même camp face au
patron qui les exploite. La meilleure manière de combattre le racisme, c’est
bien de combattre la résignation. Récemment, rappelait un camarade, ce sont
d’ailleurs les femmes de ménage immigrées, grévistes et victorieuses du groupe
Accor, qui ont montré l’exemple par leur détermination.