mercredi 15 septembre 2021

Darmanin, Roussel et les « forces de l’ordre »

Une méfiance plus que fondée

 

                                 Photo : Pierre Selim Huard

Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a fait mine de s'émouvoir du « Tout le monde déteste la police » scandé lors d'un concert à la fête de l'Humanité. Et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, qui avait déjà participé en mai à la manifestation de soutien à la police, s'incline devant Darmanin en déclarant : « Je condamne fermement (ces propos anti-police). »

La méfiance envers les forces de l'ordre bourgeois est pourtant plus que fondée : la police, aux ordres de la hiérarchie, s’en prend aux travailleurs qui revendiquent, humilie des jeunes dans leur quartier, matraque et éborgne des gilets jaunes.

La fable d’un appareil policier au service de la population, seulement gangréné par quelques moutons noirs violents et racistes, ne sert qu’à occulter sa fonction de maintien d’un ordre social anti-ouvrier et injuste.

 

Procès Benalla : Gare aux gorilles !

 

S’il est condamné, il ne l’aura pas volé

Le procès Benalla vient de s’ouvrir. Ce garde du corps en chef de Macron, déguisé en policier, avait entre autres brutalisé plusieurs manifestants à Paris le 1er mai 2018.

Cet ex-chouchou de Macron, désormais tombé en disgrâce, risque une condamnation qu’il n’aura pas volée. Mais que lui reproche-t-on finalement ? D’avoir usurpé la panoplie des vrais policiers, seuls autorisés en toute légalité à matraquer et à éborgner ceux qui contestent les décisions du pouvoir !

mardi 14 septembre 2021

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 13 septembre 2021. Un éditorial signé par Nathalie ARTHAUD

 Les travailleurs n’ont pas besoin de promesses Électorales, mais d’un plan de luttes !

13/09/21

Primaire écologiste, candidature d’Hidalgo, gesticulations de Zemmour et de Le Pen, course à l’échalote à droite… C’est parti pour huit mois de promesses et d’annonces démagogiques. Ce week-end nous en a donné un avant-goût.

Augmentation de 10 % des salaires, Smic net à 1400 €, doublement des salaires des enseignants, nationalisation des autoroutes, réindustrialisation ou planification écologique, avec des centaines de milliers d’emplois à la clé... qui dit mieux ?

Tous les cinq ans, le même cirque se répète, avec des comédiens s’engageant, la main sur le cœur, à être le président du changement, du redressement, du pouvoir d’achat ou de la sécurité… Alors, rappelons-nous que les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

Il faut se souvenir de toutes les promesses oubliées ou piétinées dès que l’heureux élu accède au pouvoir. Qu’ils soient de gauche ou de droite, qu’ils soient issus de la finance comme Macron ou qu’ils l’aient dénoncée comme Hollande, une fois président, ils se transforment tous en paillasson de la bourgeoisie. Et l’essentiel de leur job consiste à justifier les mesures antiouvrières dictées par le grand patronat.

Rien ne sera donné aux travailleurs. Les augmentations de salaire ? Il faudra aller les arracher nous-mêmes au grand patronat, au travers de nos luttes, de nos grèves, de nos mobilisations. Les embauches nécessaires pour répartir le travail entre tous   Il faudra les imposer aussi !

C’est vrai aussi pour la levée des brevets sur les vaccins, qui reste essentielle pour lutter contre la pandémie. C’est vrai pour un grand nombre de mesures contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la planète. C’est vrai pour tout ce qui représente un coût ou un manque à gagner dans ce système capitaliste.

Aujourd'hui, les cours boursiers et les fortunes des milliardaires crèvent les plafonds. Les profits des grands groupes devraient exploser en 2021. Les perspectives économiques - c’est le gouvernement et le Medef qui le disent - sont excellentes pour l’ensemble du patronat. Mais elles le sont parce que le monde du travail n’a jamais été autant pressuré.

C’est en augmentant les rythmes et le temps de travail, en accentuant la précarité, en fermant des usines entières et en bloquant les salaires que la minorité capitaliste accumule des sommes exorbitantes. Cet enrichissement se fait au prix d’une exploitation de plus en plus dure, au prix d’une lutte de classe acharnée, au prix de la montée du chômage et de la misère.

Tant qu’il n’y a pas de réactions dans le monde du travail, les attaques patronales se poursuivront et le grand capital agira comme un rouleau compresseur sur toute la société.

Alors, il ne faut pas rester spectateurs. Sans attendre la présidentielle, les travailleurs doivent se battre pour défendre leurs intérêts. Ils doivent profiter de toutes les occasions pour le faire. La journée de mobilisation interprofessionnelle du mardi 5 octobre, appelée par la CGT, FO, FSU et Solidaires, est un objectif dont il faut se saisir dans la perspective d’inverser le rapport de force avec le gouvernement et le patronat et de rendre les coups.

Les travailleurs doivent être unis et offensifs sur leurs intérêts essentiels : leur emploi, leur salaire, leurs conditions de travail, leur retraite, comme leurs droits aux allocations chômage. Ce combat correspond aux intérêts de toute la société, car la classe qui domine n’est pas seulement parasitaire, elle est aussi irresponsable vis-à-vis de la société.

Chercher un bon candidat susceptible de mieux gérer le système capitaliste est une impasse. Celui-ci ne fonctionne bien que pour les riches, il nous condamne à la concurrence, aux crises, au pillage et au dénuement d’une grande partie du monde. Il nous condamne aux rivalités et aux guerres. Et il tue la planète à petit feu.

Ce n’est pas Hidalgo, Mélenchon, Roussel et encore moins Pécresse ou Le Pen qui détiennent les solutions pour changer le sort des exploités et l’avenir de la société. Ce sont les travailleurs eux-mêmes et cela dépend de leurs luttes.

Il appartient aux travailleurs, à tous ceux qui sont aujourd'hui mal payés, méprisés, humiliés, de changer cet ordre social. Je suis candidate à l’élection présidentielle pour défendre cette perspective-là.

Ceux qui la partagent pourront se regrouper autour de ma candidature. Ils affirmeront que le seul camp porteur d’avenir est le camp des travailleurs. Ils affirmeront que le seul programme qui vaille pour les travailleurs, ce n’est pas un programme électoral, c’est un plan de luttes.

                                                                         Nathalie Arthaud

 

 

 

Nos prochaines permanences :

-Mercredi 15 septembre de 11 heures à 11h.30 au marché des Champioux.

 

 

Nos prochains rendez-vous :

Le samedi 18 septembre, à 15 heures, grand rassemblement pour la défense de l’espace Jean Vilar et contre le projet Cap Héloïse.

Le jeudi 23 septembre, à 20 heures, grande salle de l’espace Nelson Mandela, une réunion publique-débat de Lutte ouvrière : crise de la société et perspectives pour le « camp des travailleurs ».

Le dimanche 26 septembre, braderie de Bezons, stand de Lutte ouvrière.

Le samedi 9 octobre à 15 heures, grand meeting avec Nathalie ARTHAUD, à Paris, salle de la Mutualité.

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,2 euro) numéro 2771, et Lutte de classe (2,5 euros) n°217, lors des permanences et :

         Chez les marchands de la presse :

                   -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;

                   -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.

 

Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Argenteuil : la municipalité au combat contre la vie et l’avenir des habitants (2). Un saccage rédhibitoire en vue.

Un rassemblement des opposants au projet Héloïse concocté par le promoteur Fimanco allié à la municipalité d’Argenteuil a lieu samedi prochain 18 septembre à 15 heures devant le complexe Jean Vilar propriété collective des Argenteuillais qui est menacé. Chaque jour de cette semaine, nous allons à nouveau aborder la question en partant de la brochure de propagande actuellement distribuée par la municipalité.

 

Le saccage du Littoral de la Seine à Argenteuil

 

Paysage du littoral de la Seine à Argenteuil dans "L'île"

Franchement nous ne savions pas encore que Georges Mothron pratiquait la verve et le lyrisme. C’est chose faite avec son introduction à la brochure de propagande réalisée à grand frais pour promouvoir une chose unique : l’acceptation par la population d'un projet Cap Héloïse renommé.

         En tout cas, la plume qui l’a rédigée n’a pas eu trop de mal à le faire, avec pas mal d’approximations sur l’histoire et la géographie d’Argenteuil.

         Qu’on lui pardonne, mais qu’est-ce qu’une berge ?

         « Une berge est d'abord un talus plongeant dans l'eau, une pente naturelle, aménagée ou entièrement artificielle en contact avec l'eau de la rivière. En ce premier sens, ce terme technique, propre à la batellerie, aux aménageurs ripuaires ou aux maîtres de rivière, diffère fondamentalement » de la rive qui est l'espace de terre entre le point haut de ladite berge et la rivière » (Merci Wikipédia) En ce sens, à Argenteuil, les berges existent, on n'a pas besoin de les reconquérir, on peut même, dans leur partie centrale, les longer, en descendant par le vieil escalier de fer menant à la base d’aviron.

         Mais depuis des décennies, les édiles ne font que répéter le leitmotiv de cette « reconquête des berges ». Mais ne pas cesser de se répéter ne rend pas le discours plus juste.

         Le problème n’est donc pas celui des berges, mais celui de leur accès, et fondamentalement celui du « littoral ».

         Donc Monsieur Mothron, le littoral est pour ce qui concerne un fleuve « la zone terrestre et aquatique proche des berges d'un fleuve. Il constitue la zone de transition entre les systèmes terrestres et fluviaux ». Au moins, le projet « Argenteuil Littoral » concernant l’ancienne zone industrielle de la gare porte un nom correct.

         Le littoral de la Seine à Argenteuil est une bande de quatre kilomètres, de la limite d’Argenteuil à celle de Bezons. Il est étroit à ses deux extrémités, et beaucoup plus large en son milieu, grâce au comblement dans la première moitié du XXème siècle, du bras de Seine séparant l’espace urbain d’Argenteuil de « L’île », et l’élargissement en conséquence du littoral d’Argenteuil face au bourg.

         C’est cet espace-là cher aux Impressionniste qui a été attaqué par des aménagements successifs farfelus en particulier avec la D311 mais non rédhibitoires. C’est cet espace-là que le projet Cap Héloïse Fiminco-municipalité veut saccager définitivement.

         Le maire d’Argenteuil ne s’arrête pas dans l’article qu’il signe sur cet aspect fondamental, et pour cause.

         Défendre le maintien et la rénovation du complexe Jean Vilar, c’est, à l’opposé, empêcher que le « littoral » de la Seine à Argenteuil subisse un tel saccage. DM