jeudi 18 mars 2021

Intermittents de l’Évènementiel, intermittents du Spectacle, intermittents-guides-conférenciers, plus que jamais mobilisés pour pouvoir vivre

 

Tous ensemble, et pas question de céder



 

Les travailleurs de « l’intermittence » continuent leur combat. Covid ou pas, ils veulent pouvoir continuer à vivre décemment. Pas question que des règles administratives de chômage y fassent obstacle. Toute la durée de l’épidémie qui dure depuis plus d’un an maintenant doit être considérée comme une année blanche. Les droits au chômage de tous doivent demeurés intacts, comme si cette année de crise n’avait pas eu lieu. Ce n’est pas avec les 900 euros concédés par le gouvernement, et pour ceux qui les touchent, que tous ces travailleurs peuvent payer leurs traites et leurs factures.

         La seule voie est le combat, et le combat tous ensemble. Ils sont nombreux à l’avoir compris qu’ils appartiennent à l’une ou à l’autre des catégories de l’intermittence. Ils continuent leurs actions.

         Ainsi, pour l’anniversaire du début du premier confinement, des intermittents de l’Évènementiel ont fait lundi une nouvelle initiative de protestation devant le Palais des Sports, Porte de Versailles.

         Mais surtout, les uns et les autres ont compris que, au-delà des différences d’intermittence, ils avaient tous intérêts à unir leurs forces, et à se retrouver régulièrement ensemble. C’est ce qui se passe dorénavant au théâtre de l’Odéon.

         En tout cas, continuer la mobilisation, la développer, l’unir, ce sont là les ingrédients qui peuvent conduire à la satisfaction des revendications. DM

Argenteuil-Bezons, AB-Habitat, une mobilisation réussie

 

La seule voie pour donner un coup d’arrêt aux mauvais coups


 

La mobilisation des personnels d’AB-Habitat en début d’après-midi mardi au siège de la coopérative a été un franc succès. À l’initiative de la CGT, ils étaient nombreux à se retrouver pour exprimer leur colère. Leurs revendications sont claires : l’arrêt du blocage des salaires pour 2021, l’arrêt de la remise en cause de l’accord pour l’égalité femmes-hommes opérée par la direction, l’arrêt de la dégradation du service rendu aux locataires qui pèse également sur l’ensemble des salariés de la coopératives AB-Habitat.

         Ils l’ont montré en étant nombreux devant le siège, et en s’invitant d’une façon toute légitime au Conseil d’Administration qui devait se réunir ce jour-là.

         Quand la protestation est faible, les dirigeants méprisent. Ils changent de ton lorsque les travailleuses et les travailleurs se mobilisent. C’est fait. Chez AB-Habitat, le combat continue, mais des points ont été marqués mardi par les travailleurs mobilisés. DM

« Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme ». Aujourd’hui (24) : Dix ans après le congrès de Tours, un parti stalinien

 

Comme vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait aborder, un siècle après le Congrès de Tours de décembre 1920, la naissance du parti communiste en France. Le texte de cet exposé est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le proposons jour après jour en feuilleton sur notre blog « lo argenteuil »

 

« Le jeune parti communiste : du combat pour créer un parti révolutionnaire au stalinisme »

La «bolchevisation» et le stalinisme

Dix ans après le congrès de Tours, un parti stalinien

Au tout début des années 1930, le Parti communiste était devenu stalinien: un parti homogène, dont la direction et les cadres avaient été sélectionnés pour épouser sans broncher les virages politiques de Staline. Ses militants étaient dévoués et courageux, mais éduqués pour obéir sans réfléchir à tous les zigzags de leur direction. Ses orientations à contretemps de la situation politique et la période d’offensive patronale qu’il venait de traverser avaient réduit l’influence du parti dans la classe ouvrière. Il ne regroupait plus alors que 30000 membres, mais c’était un parti réellement ouvrier.

La montée ouvrière qui démarra après l’émeute de l’extrême droite du 6 février 1934 allait lui permettre d’acquérir en quelques mois une solide base populaire, en multipliant par dix ses effectifs. Il s’implanta durablement dans les grandes entreprises du pays. La réunification de la CGT et de la CGT-U lancée en 1935 permit au PC de prendre le contrôle de fédérations importantes de la CGT réunifiée. Cela attira vers lui des permanents syndicaux et renforça ses liens avec l’aristocratie ouvrière.

Cet essor spectaculaire se fit sur la base d’un nouveau virage sur la droite. Abandonnant du jour au lendemain la tactique «classe contre classe» qui assimilait les socialistes aux fascistes, le PC, derrière lIC, milita pour la formation dun Front populaire, une alliance électorale derrière les socialistes et les radicaux, en vue de gouverner dans le cadre de la république bourgeoise. Menacé par l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Staline venait de signer un pacte avec Laval, homme de droite à la tête du gouvernement français. Du jour au lendemain, le PC se fit le défenseur de la «démocratie française». Le drapeau rouge du communisme passa derrière le drapeau tricolore de la bourgeoisie. Oubliant les positions internationalistes courageusement défendues lors des campagnes de la Ruhr et du Rif, les députés du PC devinrent partisans de la défense nationale et votèrent les budgets militaires. Le PC, devenu PCF en 1943, cessa d’être un ennemi irréductible pour la bourgeoisie et amorça son intégration durable dans le jeu politique français. Comme pour les socialistes en 1914, l’intégration du PCF en 1936 fut payée au prix fort par les travailleurs. Quand les grèves et les occupations d’usines démarrèrent en mai 1936, Thorez, les cadres du PC et ceux de la CGT réunifiée mirent tout leur poids pour expliquer «quil faut savoir terminer une grève» et s’en remettre au gouvernement de Léon Blum. L’immense combativité déployée par les travailleurs en France, qui menaçait de se transformer en révolution, fut canalisée et désamorcée par le PCF, qui devint ouvertement un facteur de maintien de l’ordre social.

Comme l’exprima Trotsky en 1938, «Staline a réconcilié les partis communistes des démocraties impérialistes avec leur bourgeoisie nationale[14]». En s’installant dans les syndicats et dans l’appareil étatique, au Parlement et dans les municipalités, et même au gouvernement entre 1944 et 1947, les partis communistes accédaient à la mangeoire remplie par les super profits de l’impérialisme. Ils s’émancipaient un peu de la bureaucratie stalinienne et de ses subsides. Pour le PCF, cette évolution n’allait s’achever que bien après la Deuxième Guerre mondiale, avec l’«eurocommunisme» des années 1970... puis la disparition de lURSS.

14. Trotsky, Après Munich, une leçon toute fraîche, octobre 1938

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Une affiche du PCF, de l’internationalisme au nationalisme

(Demain : La «bolchevisation» et le stalinisme, Conclusion)