Contre
l’offensive capitaliste, mobilisons-nous ensemble, le 4 février
25/01/2021L’évolution de la pandémie, les inquiétudes et les contraintes
qu’elle engendre nous préoccupent tous. Mais elle n’a pas suspendu la lutte de
classe. C’est même l’inverse : partout, le grand patronat a utilisé le
Covid, les restrictions et l’ambiance anxiogène pour resserrer la discipline et
accroître l’exploitation.
Heures supplémentaires à la
pelle, samedis et nuits travaillés ; vols de congés ; augmentation de
la charge de travail ; blocage, voire baisse des salaires ; pressions
et sanctions pour un rien… Les retards de production liés aux fermetures du
premier confinement et le renvoi des intérimaires ont été compensés, dans bien
des cas, par des cadences et des rythmes de production délirants.
Avec moins de salariés, bien des multinationales
ont produit et gagné autant en 2020 qu’en 2019. Sans bouger le petit doigt, les
actionnaires continuent de s’enrichir. En trimant et en acceptant bien des
sacrifices, les travailleurs galèrent, quand ils ne sont pas mis la porte !
Car l’avalanche des plans de licenciements
continue : Total, les Fonderies du Poitou, Cargill, l’enseigne d’ameublement
Alinéa, Accor, Danone, Auchan, Bridgestone, l’entreprise de restauration Elior,
General Electric, Nokia, Renault, Airbus, Air France, ADP… comment les citer tous
quand on en compte des dizaines par semaine ?
Parmi eux, il y a le plan de
Michelin : 2 300 emplois supprimés, après avoir réalisé 1,7 milliard
de bénéfices en 2019 et multiplié les dividendes ces dernières années. Et son PDG
ne se cache pas derrière le Covid : il assume vouloir être plus productif
pour être parmi les premiers.
Dans le genre « Je fais
mon fric, mais j’en veux encore plus », il y a aussi Sanofi : un
millier d’emplois supprimés dont 400 dans la recherche, en pleine crise
sanitaire et alors que le groupe a touché près d'un milliard de l’État et
distribué 4 milliards à ses actionnaires en 2019 !
Des millions de familles
ouvrières dépendent des associations caritatives pour manger ? Des restaurateurs
et des commerçants se demandent comment survivre ? Michelin, Sanofi, Total…
veulent garantir à leurs actionnaires qu’ils seront servis comme des rois !
Face à la concurrence, ils veulent être plus rentables que les plus rentables,
plus rapaces que les plus rapaces ! Tant pis si cela signifie plus d’exploitation,
de chômeurs et de pauvreté dans cette période de crise !
Intensification de l’exploitation
pour les uns, licenciement pour les autres : voilà ce que la bourgeoisie réserve
au monde du travail !
Même aidé et arrosé de milliards
par l’État, le grand patronat ne fait aucun cadeau aux travailleurs. Et ce n’est
pas le gouvernement qui l’en empêchera car lui-même continue de supprimer des emplois
publics et des moyens, y compris dans la Santé ou l’Éducation.
Beaucoup de travailleurs se défendent
à l’échelle de leur entreprise. C’est le cas des travailleurs de la raffinerie Total
de Grandpuits en Seine-et-Marne, en grève depuis quatre semaines car menacés
par la suppression de 700 emplois. C’est le cas des salariés du voyagiste Tui qui
contestent un plan de 600 emplois. Mais les capitalistes mènent une offensive générale
contre les travailleurs, contre leurs emplois, leurs conditions de travail, leur
niveau de vie, et on n’y fera face qu’avec une contre-offensive de l’ensemble
de la classe ouvrière.
Une telle mobilisation ne se
décrète pas, bien sûr. Mais elle est nécessaire et possible. La CGT, Solidaires et la FSU appellent à une journée
de mobilisation et de grève jeudi 4 février. C’est l’occasion d’affirmer, collectivement,
que les travailleurs ont des objectifs et des perspectives à opposer à la bourgeoisie
et son gouvernement.
Assurer un emploi à tous, dans des
conditions convenables, est le problème central du monde du travail : il
faut stopper les licenciements et répartir le travail entre tous avec maintien
des salaires ! Cette répartition du travail signifie aussi créer des
emplois partout où les salariés ont du travail par-dessus la tête. C’est vrai dans
le privé mais aussi dans le public : il faut travailler moins pour
travailler tous !
Une minorité est de plus en plus
riche quand le monde ouvrier s’appauvrit : il faut augmenter les salaires, pas
les marges des entreprises ni les dividendes des actionnaires !
Avec les 100 milliards du plan de
relance, il est possible de créer plus de 2,7 millions d’emplois : il faut
le contrôle des salariés sur l’argent public qui est encaissé par le grand
patronat ! Cet argent doit servir à garantir les emplois et les salaires et
à embaucher dans les hôpitaux et les maisons de retraite !
Il n’y aura ni confinement ni
couvre-feu contre la rapacité patronale. Il dépend des travailleurs de riposter
et de construire la contre-offensive nécessaire du monde du travail.