mardi 8 décembre 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 7 décembre 2020

Opposer la conscience de classe à la campagne réactionnaire !

7/12/2020

Après la loi Sécurité globale, le gouvernement remet le couvert, autoritaire et répressif, avec la loi contre le séparatisme, qui arrive, ce mercredi, en conseil des ministres. Et celle-ci charrie, en prime, de forts relents xénophobes et anti-musulmans.

Le but affiché de cette nouvelle loi est, nous dit le gouvernement, « de lutter contre l’activisme de militants de l’islam politique ». Alors que la haine et le rejet vis-à-vis des musulmans et des immigrés est relancée à chaque attentat terroriste ; alors que l’extrême droite identitaire en fait son fonds de commerce, Macron choisit d’en rajouter !

Braquer les projecteurs sur les quartiers populaires et sur une religion en particulier, l’islam, ne peut qu’alimenter les préjugés, les amalgames et la suspicion contre tous les musulmans… et raviver, à l’opposé, le sentiment de rejet, d’injustice et d’oppression sur lequel prospèrent les fondamentalistes intégristes.  

Macron joue au pompier pyromane en toute connaissance de cause. Il le fait pour des raisons bassement électoralistes : en reprenant l’essentiel de la démagogie sécuritaire et raciste de la droite et de l’extrême droite, il espère leur couper l’herbe sous le pied.

La droite et Le Pen demandent plus d’autorité ? Macron nomme Darmanin pour en finir avec « l’ensauvagement » de la société ! La droite et Le Pen draguent la police ? Macron fait la loi Sécurité globale pour plaire aux policiers ! La droite et Le Pen accusent le communautarisme musulman d’être responsable du terrorisme ? Va pour une grande loi contre le séparatisme ! Et « qu’importe le breuvage, pourvu qu’on ait l’ivresse », dit le proverbe. Eh bien, il en va de même pour le contenu de cette loi !

La mesure rendant la scolarisation obligatoire dès l’âge de 3 ans, présentée, hier, comme la plus importante, est, peu à peu, vidée de son contenu. Quant aux autres articles, ils sont, comme l’article 24 de la loi sur la Sécurité globale, sujets à tellement d’applications et d’interprétations différentes, qu’ils ouvrent la porte à tout et n’importe quoi. Et c’est aussi tout l’intérêt du mot séparatisme ! Ce mot pourrait désigner la bourgeoisie qui se barricade derrière les murs des quartiers huppés et rechigne à l’impôt. Mais ce n’est pas dans ce sens-là qu’il est utilisé par le pouvoir. Le gouvernement l’utilise contre les musulmans et, demain, il l’utilisera peut-être pour combattre les travailleurs, les pauvres, les opprimés qui contesteront sa politique.

Cette course à l’échalote sécuritaire sur le dos des musulmans et des immigrés est lourde de menaces pour les travailleurs dans leur ensemble. Elle prépare, pour tous, un avenir plus autoritaire, précisément dans cette période de crise où les travailleurs, confrontés à l’aggravation de l’offensive de la bourgeoisie, vont avoir de grandes luttes à mener, ne serait-ce que pour préserver leur emploi.

À la répression patronale et gouvernementale, s’ajoutent toutes les violences venant des forces réactionnaires qui ont pour objectif de faire marcher les travailleurs au pas.

D’un côté, il y a les militants intégristes qui cherchent à imposer leurs visées réactionnaires aux populations de culture musulmane. Il y a les prêcheurs de haine et du djihadisme. À l’opposé, il y a leur répondant, les identitaires d’extrême droite anti-immigrés en général et anti-musulmans en particulier. Ces deux camps visent, au bout du compte, la même chose : embrigader les femmes et les hommes censés faire partie de leur communauté pour leur dicter leur loi, leurs préjugés et leur imposer leur façon de vivre. Par là-même, ils divisent les travailleurs, les opposent les uns aux autres et les désarment.

Pour le monde du travail, la seule façon de sortir de cet engrenage est de renouer avec le combat commun des exploités. Il s’agit de s’unir pour défendre ce qui est essentiel à tous les travailleurs : celui d’avoir un emploi, un salaire digne, une retraite, des conditions de logement, d’éducation et de soins dignes de ce siècle. Au-delà de la défense des intérêts matériels, il faut que les travailleurs reconstituent un mouvement ouvrier qui combatte l’ordre établi avec l’objectif de renverser la dictature de cette petite minorité d’hommes qui est la seule à profiter de l’exploitation et des inégalités de classe. Un mouvement ouvrier qui combatte pour l’émancipation de tous ceux qui font vivre la société.

L’obscurantisme et les préjugés racistes naissent et se nourrissent d’un ordre social où règnent la misère, les frustrations et les injustices. Ils sont attisés par la concurrence et la guerre de tous contre tous, érigées en mode de fonctionnement par la bourgeoisie. L’ordre social pourrit sur pied, les travailleurs doivent se donner la perspective révolutionnaire de le renverser.

 

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Covid 19, jour de carence : parenthèse dans la punition

 

Il était temps !

 


Le gouvernement veut suspendre temporairement le jour de carence imposé aux agents publics malades du Covid pour les inciter à s'isoler dès qu'ils se savent contaminés.

         Il était temps ! Cette mesure touchant des travailleurs malades, leur coûtant un jour de salaire, avait été suspendue pendant le premier confinement et rétablie en juillet. Cette 2e suspension ne rentrerait en application qu'au 1er janvier.

         Aux yeux de ce gouvernement, qui a instauré le jour de carence en 2017, voler une part de leur salaire aux travailleurs des services publics malades ne pose pas de gros problèmes, quitte à prendre le risque de contribuer à l'extension de l'épidémie.

Salaires : Smic en berne


Alors que le pouvoir d’achat des travailleurs diminue

 


Les « experts » chargés de conseiller le gouvernement sur l'augmentation du Smic ont proposé une augmentation de 0,99 % au 1er janvier 2021, soit 11 euros net par mois. Le Premier ministre s'est empressé de dire qu'il suivrait cette minuscule recommandation.

         Le prétexte est que l'inflation officielle n'est que de 1 %. En réalité, les prix des produits de première nécessité ont bien plus augmenté depuis le début de la crise sanitaire, en particulier l'alimentation.

         Le gouvernement se répand en communication sur les difficultés des entreprises à cause de la crise du Covid. Face à celles des travailleurs dont le pouvoir d'achat diminue de jour en jour, il n'a qu'un mot : ceinture !