dimanche 24 mars 2019

L’Impressionnisme, le maire d’Argenteuil, et l’adjointe qui lui prête sa voix


Sauvegarder le site majeur de l’Impressionnisme à Argenteuil



Mardi dernier, un raout était organisé au Quartier latin pour promouvoir les « routes de l’Impressionnisme » et une association « Eau et lumière ». Il paraît que Georges Mothron est un grand promoteur de cette route. On ne l’aurait jamais imaginé au vu de comment il agit à Argenteuil, mais si, il faut se résoudre à l’admettre.
         Selon ses mots, il s’agit de « sauvegarder » ce qui fait la richesse de l’Impressionnisme.
         En connaissant la façon dont il agit avec L’île des impressionnistes, on doute qu’il ait pu dire cela mardi. Mais si.
         Enfin, ce n’est pas tout à fait lui qui a évoqué cette sauvegarde, car comme il avait déjà disparu au moment de son allocution, son adjointe à la culture lui a prêté sa voix pour lire son discours !
         Le silence eût été encore bien préférable que ce dérisoire et original play-back. Mais non !

samedi 23 mars 2019

Gilets jaunes : le mouvement ne se laisse pas enterrer. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine en vente dans toutes les bonnes librairies et autres kiosques


Gilets jaunes : le mouvement ne se laisse pas enterrer

Pour leur 18e samedi, le 16 mars, les gilets jaunes ont rappelé à Macron qu’il n’en avait pas fini avec eux. Son grand débat destiné à noyer la protestation, les menaces contre ceux qui n’en peuvent plus, rien n’y a fait : des dizaines de milliers de manifestants ont tenu à dire dans tout le pays qu’ils étaient toujours là, avec leurs revendications restées sans réponse du pouvoir.



Macron, qui avait voulu prendre du bon temps aux sports d’hiver, a dû rentrer dare-dare à Paris où, en marge de la manifestation, de petits groupes avaient à nouveau saccagé des commerces sur les Champs-Élysées.
Le gouvernement et ses relais ont sorti la grosse artillerie. Des gilets jaunes et surtout de leurs revendications, plus un mot, tandis que ministres et commentateurs tournaient en boucle sur les plateaux de télévision pour assimiler la foule des manifestants aux 1 500 casseurs que la police avait comptabilisés. Une propagande systématique a fustigé toute contestation comme une entreprise de déstabilisation violente de l’ordre établi.
On y avait déjà eu droit contre les cheminots, lorsqu’ils se défendaient contre ce gouvernement. Cette fois, les Castaner et consorts n’ont pas fait dans le détail. Ils ont dénoncé les « factieux », menacé tous ceux qui avaient manifesté à Paris d’être tenus pour complices des exactions de quelques-uns.
La casse de la terrasse du Fouquet’s, ce restaurant de luxe, a aussi été dénoncée. Mais, pour tenter de donner le change, les défenseurs de l’ordre ont cru habile d’invoquer, non pas la digestion troublée de quelques richards, mais l’emploi des serveurs ! Ils ont aussi versé un pleur sur l’employée d’un kiosque incendié. Mais qui a jamais entendu un gouvernant se soucier du sort des serveurs de restaurants ou des conditions de travail indignes des soutiers de la distribution de journaux ?
Bien sûr, incendier une banque est stérile – comme si cela pouvait ébranler le pouvoir de la finance ! – et irresponsable – comme l’ont montré les images de la femme fuyant l’immeuble avec son bébé.
Des gilets jaunes se sont démarqués de la violence des bandes qui parasitent leur mouvement. Mais beaucoup ne s’en disent pas choqués, et cela se comprend, car ils y voient une réponse à la violence qu’ils subissent de la part de la police et au mépris du gouvernement. Dans cette société, la violence règne en grand, marquant à chaque instant la vie de millions d’hommes et de femmes.
C’est la violence du système capitaliste que subissent ceux qui ont beau chercher du travail, et n’en trouvent pas ; ou ceux qui ont un emploi, mais qui voient que le travail ne paie pas, quoi que prétende Macron. Tout cela alors que les actionnaires du CAC 40, eux, voient leur fortune s’accroître d’année en année sans avoir rien à faire, sinon ordonner à la direction de leurs entreprises de supprimer des emplois, l’argent qu’ils récupèrent ainsi filant tout droit dans la spéculation.
Et comment ne pas s’indigner de voir cet argent couler à flots, alors que l’État prétend en manquer pour l’école, pour les hôpitaux, pour embaucher dans les services publics au lieu de les étrangler ?
Des jeunes qui voudraient avoir un avenir et qui constatent qu’il est bouché devraient-ils se résigner ? Les anciens, qui survivent avec quelques centaines d’euros, devraient-ils se satisfaire de ce que des nantis flambent le montant de leur pension en un seul repas ?
Macron et ses ministres peuvent toujours s’indigner, dénoncer la violence, ils ne doivent pas s’étonner si, quand le feu prend au Fouquet’s, sur cette avenue symbole d’une richesse insolente, beaucoup y voient une forme de revanche.

                                        Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2642)

Gilets jaunes, mobilisations : Jean-Pierre MERCIER sur LCI

Algérie : grossières manœuvres politiciennes


Face à l’armée et aux opportunistes, la force des travailleurs



Alors que la mobilisation se poursuit en Algérie, avec un cinquième vendredi de manifestations massives, les politiciens qui soutenaient hier Bouteflika, retournent leur veste. Ainsi le Rassemblement national démocratique (RND) de Ahmed Ouyahia, premier ministre jusqu'à la semaine dernière, haï par la population, vient de dénoncer ceux « qui ont pris en otage le pays durant les six ou sept dernières années ». Un porte-parole du FLN qui dénonçait « les semeurs de division » il y a trois semaines, vient d'affirmer « le soutien des enfants du FLN au mouvement populaire ». Le chef de l'armée lui-même a cessé d'évoquer Bouteflika dans ses interventions.
Jusque-là feutrées, les rivalités au sommet de l'État deviennent publiques. Ces déclarations ont provoqué les moqueries des manifestants. Mais elles montrent que les grandes manœuvres pour sauver le régime font rage. Face à la menace que constitue l'armée et ces opportunistes à l'affût, les travailleurs algériens doivent s'organiser pour défendre leurs propres intérêts.

Education nationale : un drame à Eaubonne (Val d'Oise)


Un drame personnel mais si révélateur

Un professeur des écoles d’une école primaire d’Eaubonne dans le Val d’Oise alpague un élève qui refusait de bouger de là où il ne devait pas être. Cela se passe hors de la classe. Pour que l’élève obtempère, il a été quelque peu secoué, sans aucune violence, comme n’importe quel adulte agirait en pareil cas. Mais une plainte est déposée, et l’enseignant émérite, en fin de carrière, se voit convoqué à la direction académique. Il met fin à ses jours.
         Au-delà du drame personnel, ce drame est révélateur de bien des aspects néfastes qui traversent l’Éducation nationale aujourd’hui : sur les rapports entre les parents et les enseignants, sur ceux entre ces derniers et leur hiérarchie. Voilà ci-dessous le communiqué publié hier par les parents FCPE de la commune, dont nous partageons, pour notre part, l’émoi et la réflexion. DM


Fête de Lutte ouvrière à Presles (Val d’Oise) les 8, 9 et 10 juin 2019


Dès maintenant des billets d’entrée en vente




Jusqu’au 29 avril, leur prix est de 12 euros. N’oublions pas que les enfants accompagnés de moins de 14 ans, eux, ne paient pas.
         Donc, on peut réserver ces billets d’entrée à 12 euros dès aujourd’hui auprès de moi. DM, 0699499864, MDommarie@aol.com


vendredi 22 mars 2019

Algérie : la mobilisation continue. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître (Notre hebdomadaire est en vente à Argenteuil à la librairie Le Presse papier et dans d’autres points de vente de presse)


Algérie : par millions dans la rue pour dire “Système dégage”

Lundi 11 mars, Bouteflika a annoncé le report des élections, prolongeant son mandat actuel jusqu’à la fin d’une Conférence nationale qui sera chargée de réformer le pays et d’élaborer une nouvelle Constitution. Comme le disait un slogan : on voulait « une élection sans Bouteflika, on se retrouve avec Bouteflika sans élection ».
Cette manœuvre a provoqué un rejet massif et sans appel de la part du peuple algérien. La contestation s’est encore amplifiée, avec la multiplication des grèves et des manifestations dans toutes les catégories de la population, que jusqu’à présent le pouvoir est impuissant à faire cesser.
À Alger, le mardi 12 mars, les collégiens et lycéens refusaient de rentrer en cours et manifestaient dans tous les quartiers au cri de « On n’est pas des naïfs. » La manifestation étudiante, initialement prévue pour protester contre la fermeture des universités, était massive. Elle s’est transformée en une vibrante démonstration de colère, avec comme mots d’ordre : « Système dégage ! », « Non à la prolongation du 4e mandat ! » Toute la journée, les discussions ont animé les rues, les cafétérias : « Il faut qu’ils partent tous. Le mouvement ne doit pas s’arrêter. »
Le lendemain, répondant à l’appel des syndicats enseignants, qui étaient restés jusque-là silencieux et hostiles aux manifestations d’élèves, le personnel des écoles, des collèges et lycées a manifesté à son tour. Dans les jours suivants, des personnels de la santé, des employés de diverses administrations, des employés communaux, avocats, magistrats, architectes, artistes et même retraités de l’armée, notaires, huissiers et commissaires-priseurs, et les imams fonctionnaires de l’État, ont protesté contre le système et le report des élections.
La mobilisation des travailleurs

Dans les chemins de fer, le mouvement de grève a été très suivi, pas seulement sur les lignes de banlieue mais aussi sur les grandes lignes. Dans le métro algérois, un service minimum a été négocié avec les employés, qui ont imposé la gratuité pendant la grève.
Dans nombre d’entreprises, les travailleurs, qui s’étaient mis en grève le 10 mars contre le cinquième mandat, ont poursuivi le mouvement. Dans l’immense zone industrielle de Rouïba à l’est d’Alger, différents cortèges ont réuni des travailleurs de plusieurs secteurs : ceux de la SNVI (production de véhicules industriels), entreprise phare de la zone, mais aussi ceux de Sapta (ponts et travaux d’art), de Divindus (construction aluminium) et d’Hydro Aménagement (travaux publics). Les travailleurs de Maggi ont fait débrayer ceux de Pepsi-cola et de Coca-cola. Même scène dans d’autres zones industrielles, comme celle de Bejaïa à l’est du pays, où toutes les usines étaient à l’arrêt.
Face à la mobilisation des travailleurs, des patrons hostiles au pouvoir ont laissé faire, puis ont invité avec plus ou moins de succès les travailleurs à rentrer chez eux. Mais le lendemain du renoncement de Bouteflika, les choses ont brusquement changé. Ainsi Issad Rebrab, le patron milliardaire du groupe Cevital, en pointe contre le cinquième mandat, a menacé les travailleurs de sanctions s’ils continuaient la grève. Dans chaque entreprise une fraction des travailleurs est cependant revenue devant les usines pour se retrouver et discuter. Là où les travailleurs ont repris le travail, la production n’est pas repartie comme avant. Les discussions se sont poursuivies.
Le 17 mars, malgré les menaces selon lesquelles tout arrêt de travail, tout rassemblement seraient considérés comme une faute professionnelle, les travailleurs du site pétrolier d’Hassi R’mel, dans la wilaya (département) de Laghouat, se sont mis en grève.
Avec la contestation des travailleurs, le secrétaire général du syndicat UGTA, Sidi Saïd, fidèle soutien de Bouteflika, fait face à une contestation dans ses propres rangs. Plusieurs syndicats et unions locales s’en sont désolidarisés, à l’image du syndicat de la zone industrielle de Rouïba ou des unions locales des wilayas d’Annaba et de Tizi Ouzou.
La pression des travailleurs contre le système et la prolongation du 4e mandat a créé un climat favorable à leurs revendications. À Cevital, le patron a augmenté une prime de 5 à 10 %. Dans l’entreprise d’assemblage Hyundaï de Tiaret, au port d’Alger, chez Naftal à Bejaïa, les travailleurs ont arraché des augmentations de salaire. Ailleurs, comme à la Poste, ils sont en lutte contre la précarité et pour la permanisation (la titularisation) de tous les contractuels.
Le 15 mars, une marée populaire
Après cette semaine d’agitation, les manifestations ont atteint une ampleur inégalée. Dans tout le pays, dans toutes les localités, même des villages, la population est descendue par milliers dans la rue exprimer son rejet du système en criant : « Voleurs ! Vous avez mangé le pays ! »
Conscientes que leur nombre serait observé et interprété comme un rejet ou une approbation de la prolongation du 4e mandat, les classes populaires sont descendues en masse. Elles n’ont pas attendu 14 heures et la fin de la prière, et dès 11 h 30 la place de la Grande poste à Alger était noire de monde. C’est très tôt que des cortèges populaires, venus à pied des communes voisines de Zéralda, Staouéli, Aïn Benian, Réghaïa ou de Boufarik, situé à 29 kilomètres, se sont dirigés vers la capitale ! De plus en plus rodés et organisés, les manifestants ont brandi des pancartes fustigeant le pouvoir, mais aussi Macron qui en début de semaine avait salué le report des élections. « C’est le peuple qui choisit, pas la France », « L’Élysée, stop ! On est en 2019, pas en 1830 », ou encore « Macron, occupe-toi de tes gilets jaunes ».
Comme les vendredis précédents, les cortèges de jeunes supporters ont animé de leurs chants politiques et contestataires les rues de la capitale. La veille, par crainte de violences qui auraient pu servir de prétexte à la mise au pas de la contestation par le pouvoir, les jeunes supporters avaient appelé au boycott du derby algérois de football. Le stade du 5-Juillet, qui peut accueillir près de 80 000 personnes, est resté vide.
Avec cette immense mobilisation qui redonne dignité à tout un peuple, la prière et le foot sont passés à l’arrière-plan. L’espoir est revenu, celui d’une société libre et démocratique, l’espoir aussi de voir finir la mal-vie et la misère, qui poussent la jeunesse à quitter le pays dans des embarcations de fortune.
Cette mobilisation a entraîné des couches sociales aux intérêts parfois opposés. Contre le cinquième mandat, le milliardaire Rebrab s’est servi des travailleurs comme d’une force de manœuvre. Sitôt ses intérêts servis, il les a menacés. Des tractations ont lieu en coulisse pour trouver une solution politique préservant l’avenir pour les classes possédantes. Face à ces manœuvres, en cours ou prévisibles, face aux menaces de répression qui peuvent venir de l’armée et de l’appareil d’État, la classe ouvrière devra se donner les moyens de défendre ses propres intérêts.
                                                    Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2642)


Boeing et FAA : complaisance mortelle


Des Etats aux ordres des capitalistes



Après le crash de deux avions Boeing 737 Max, les révélations se multiplient. La FAA, l'autorité de régulation aérienne des Etats-Unis, qui emploie de nombreux anciens cadres de Boeing, avait sous-traité le contrôle et la certification du logiciel anti décrochage à... Boeing ! On n'est jamais si bien servi que par soi-même.
Cette collusion entre l'Etat et Boeing n'a rien de surprenante. Les Etats sont aux ordres des capitalistes en toute opacité pour le grand public.
Quant au choix de bâcler des tests de sécurité pour gagner quelques millions de dollars c'est aussi dans l'ordre des choses dans ce système ou la priorité est donnée aux résultats financiers immédiats, quitte à risquer des dizaines de vies humaines.