mardi 18 décembre 2018

Pouvoir d’achat : les « mesurettes » ne font pas le compte


Il faut une véritable augmentation de tous les salaires



Les mesurettes de Macron sont loin d'avoir réglé la question du pouvoir d'achat. Et notamment le fait que les « dépenses contraintes » - loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, télévision, assurance et autres prélèvements obligés - pèsent si lourd sur les classes populaires, que certains n'ont presque rien pour vivre, au point de devoir choisir entre se nourrir ou se chauffer l'hiver.
L'Insee vient de calculer que ces dépenses ont été multipliées par 2,5 en cinquante ans, ce qui ne prend pas en compte les dépenses de carburant qui représentent 5,7 % de ces dépenses en région parisienne et le double ailleurs en France. Non seulement il faudrait une hausse sérieuse des salaires, des pensions et des allocations, mais aussi que tout cela soit indexé sur la hausse du coût de la vie. C'est la seule façon de préserver le niveau de vie des classes populaires.

Argenteuil, services publics utiles à la population, cohésion territoriale : d’énormes moyens sont nécessaires





« Carte blanche » pour le bla-bla, carte noire pour l’instant pour les moyens

                                                                       
Argenteuil, novembre 2017

Nous avons déjà évoqué sur ce blog le projet "carte blanche" concernant les services publics qui, après avoir concerné le territoire de Cahors, s’intéresse à Argenteuil.
Une réunion d’étape a eu lieu ces jours derniers en présence du mairie d'Argenteuil. Les responsables de cette usine à gaz ont commencé par présenter le dispositif et faire le bilan de leur phase d'exploration. Ils ont rappelé qu'ils étaient là pour faire émerger des solutions concrètes en s'appuyant sur les initiatives locales. Ils déclarent avoir relevé trois défis :
1) faire de l'espace public et du service public les premiers ferments du vivre ensemble (des incivilités contre lesquelles lutter pour revaloriser l'espace public, revitalisation de l'engagement citoyen) !
2) Prendre soin des mineurs (un système éducatif à réconcilier avec l'extérieur) !
3) favoriser la cohérence territoriale par l'émergence d'une culture collective.
         Faire de l’espace public et du service public, premiers éléments du vivre ensemble, une évidence !
         Prendre soin des mineurs, c’est-à-dire de la jeunesse, élémentaire !
         Faire émerger une culture collective, il n’y a pas à dire, c’est vrai !
         Des portes ouvertes, de la langue de bois !
         Et tout cela totalement à contre-sens des politiques publiques de ces dernières décennies !
         Alors, pour tout cela, des moyens, des moyens, et encore des moyens dans tous les domaines du service public, des services publics utiles à la population ! Et pour ce faire, pas besoin ni de grande messe ni de blabla.

École privée marquée du sabre, de l’opium du peuple, et du goupillon


Ciel, « les constellations » !




Nos amis de Toulouse écrivent, et cela nous rappelle quelque chose à Argenteuil où ce n’est pas l’armée qui a fourni le lieu, mais, en catimini, la municipalité elle-même

La Fondation "Espérance Banlieues", liée à la droite catholique traditionaliste a ouvert une école primaire privée hors contrat, "Les Constellations" dans le quartier de la Cartoucherie. Elle a eu le soutien de la mairie pour trouver un local... qui appartient à l'armée, et 3 élus à l'inauguration !
C'est la 16ème du genre en France. Subventionnée par des entreprises et fondations diverses parmi lesquelles on retrouve le groupe pharmaceutique Pierre Fabre, le comité d'entreprise d'Airbus, le Crédit Agricole et la BNP Paribas, "Espérance banlieues" prétend apporter une réponse au décrochage scolaire dans les quartiers populaires.
En réalité, la potion administrée aux élèves sent le rance : uniforme bordeaux pour les filles, vert pour les garçons, lever du drapeau français devant les élèves par un enfant "méritant", pour "montrer que l'on est en France, donner l'amour du pays".
Face aux fléaux sociaux que sont le chômage et la misère pour les classes populaires, et pendant qu'il n'y a plus d'argent pour l'école publique, la "bonne société bourgeoise" en revient toujours à ses fondements pour maintenir son ordre social : le privé, le nationalisme et la religion.

lundi 17 décembre 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 17 décembre 2018


Les travailleurs doivent imposer aux capitalistes leur droit à l'existence

Le gouvernement et les médias se sont empressés d’enterrer le mouvement des gilets jaunes, après les manifestations en baisse de samedi dernier, qui ont cependant encore réuni des dizaines de milliers de personnes.

Castaner appelle à « libérer les ronds-points », tandis que Philippe fait mine de s’excuser de ce que le gouvernement n’ait pas « assez écouté » et promet que cela va changer. Quel que soit l’avenir de la contestation des gilets jaunes, les raisons de la colère ne disparaissent pas avec ces belles paroles.

Philippe promet des débats qui vont s’éterniser durant des mois et se dit même favorable au référendum d’initiative citoyenne, que des politiciens de tout bord reprennent à leur compte. Mais que le gouvernement permette ou non aux électeurs de s’exprimer plus souvent ne changera pas le fond de sa politique, au service du grand capital et des très riches qui le monopolisent.

Les gilets jaunes l’ont démontré : la mobilisation est bien plus efficace que n’importe quel référendum ! Leur détermination a contraint Macron à en rabattre un peu, même si ces mesures sont insuffisantes et qu’elles seront payées par les classes populaires. Elles seront en effet financées par l’argent public, puisqu’il n’est pas question de s’en prendre aux capitalistes.

C’est au nom du travail que le gouvernement se contente d’une hausse de la prime d’activité sans augmenter le SMIC horaire car, à l’entendre, cela mettrait l’emploi en danger. Les travailleurs seraient donc condamnés à accepter les sacrifices, les payes minables pour des conditions de travail de plus en plus dures et des contrats toujours plus précaires, au nom de la lutte contre le chômage ?

Les bas salaires, la précarité et le chômage vont ensemble. Ils sont le résultat de la guerre que le grand patronat mène au monde du travail pour garantir ses profits, et de la politique qu’il impose en conséquence. Licenciements annoncés par le trust pharmaceutique Sanofi, fermetures de restaurants Flunch et de magasins HappyChic, deux filiales du groupe de la famille milliardaire Mulliez, fermeture d’une usine Nestlé dans l’Oise, d’une usine du groupe anglais Luxfer Gas dans le Puy-de-Dôme… La liste n’en finit pas de s’allonger, et des milliers de travailleurs et leurs familles vont se retrouver sur le carreau.

Ford, qui affiche 7,5 milliards de dollars de bénéfices pour 2017, a confirmé cette semaine la fermeture de l’usine de Blanquefort. Les emplois de près de 900 travailleurs sont condamnés, sans compter ceux des sous-traitants. Macron dit qu’il n’exclut pas de demander à Ford le remboursement des aides reçues. Cette menace dérisoire n’empêchera pas le trust de licencier tranquille. Comme bien d’autres avant lui, Ford a empoché les aides en s’engageant à rester pour une période donnée et il met maintenant la clé sous la porte le plus légalement du monde.

Macron s’aplatit devant les exigences du capital, tout comme ses prédécesseurs. En son temps, Hollande avait déclaré « inacceptable » le plan social de PSA qui supprimait des milliers d’emplois et fermait l’usine d’Aulnay, pour mieux l’accepter après quelques petites retouches cosmétiques.

Le gouvernement reproche à Ford de ne pas jouer le jeu… Mais ce jeu, c’est celui du capitalisme, où ceux qui remportent la mise sont toujours les grands actionnaires ! Les capitalistes eux-mêmes en fixent les règles, exigeant que l’État les arrose d’argent public sans que cela garantisse un seul emploi.

La mobilisation des gilets jaunes a mis sur la table l’un des problèmes des travailleurs : dans l’un des pays les plus riches du monde, il n’est pas possible de vivre dignement de son travail. C’est la loi qu’impose la grande bourgeoisie, mais ce n’est pas une fatalité.

Les travailleurs sont au cœur du système, dans les entreprises où naissent les profits. Ils ont la force et les moyens de se battre pour leurs intérêts ; pour l’interdiction des licenciements, l’augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations et leur indexation sur les prix. Ces exigences vitales, les travailleurs ne pourront les obtenir que par leurs luttes, en s’attaquant à la domination du capital sur l’économie.

Lutter pour nos conditions d’existence signifie remettre en cause  la loi du capitalisme, qui conduit la société d’une catastrophe à l’autre, menaçant même l’existence de la planète. En prendre conscience est la première étape de ce combat, que les travailleurs sont les seuls à pouvoir mener pour une autre société, débarrassée de la logique du profit.

1000 euros pour tous, privé, public, retraités, allocataires : mise en bouche



Comme un avant-goût de ce qui est vraiment nécessaire

 

Macron a annoncé le versement d’une prime de fin d’année de 1000 euros pour les travailleurs du privé, à la discrétion des actionnaires des entreprises concernées. On imagine qu’elles ne vont pas se précipiter pour le faire spontanément.
         1000 euros, ce serait toujours bon à prendre, même si ce qui est nécessaire ne serait-ce pour rattraper ce que nous avons perdu ces dernières années serait une augmentation immédiate générale, de 100 euros, 150 ou 200 euros, voire davantage, chaque mois et pour tous.
         En attendant, Philippe a déclaré que cette prime ne concernait pas les premiers salariés de… Philippe, les travailleurs des fonctions publiques.
         Et comment donc ?
         Ces travailleurs sont logés à la même enseigne de la chute du pouvoir d’achat que tous les travailleurs du privé. Ce qui serait bon pour les uns doit l’être pour tous.
         Premier mot d’ordre : une hausse substantielle des salaires, des pensions et des allocations, et leur indexation sur la hausse des prix. Et pour la fin de l’année : 1000 euros pour tous, pour les travailleurs du public comme pour ceux du privé, et pas à la convenance des employeurs, mais une décision gouvernementale pour tous.

Des économies faites sur le dos de la population


Avec les plus de 200 milliards de subventions d’Etat, là, il y a du grain à moudre

 


Laurent Saint-Martin, vice-président (LREM) de la commission des finances vient d’affirmer qu’il faudrait que l’État « économise » de 80 à 100 milliards d’euros ces trois prochaines années. Des chiffres qui démontrent que les prétendues  concessions de Macron pour répondre aux  gilets jaunes et faire face aux risques de contagion de la contestation … seront financées  par les classes populaires.  
Les  économies budgétaires  envisagées se traduiront entre autre par des suppressions massives d’emplois dans la fonction publique, par la dégradation, voire la fermeture de  services utiles aux plus modestes. Les richards, les capitalistes sont, eux, exonérés par Macron de tout effort financier. Pourtant, ce devrait être eux à qui il faudrait présenter la note. Et cela, seuls les travailleurs, en lutte, peuvent l’imposer.

Violences policières : témoignages


Lycéens, gilets jaunes, journalistes, faut qu’ça cogne comme aurait dit Boris Vian

 


Des journalistes ont porté plainte contre les violences policières  délibérées dont ils ont été victimes  et témoins lors de la manifestation du 8 décembre à Paris, mais  aussi  lors des   manifestations contre la loi travail en 2016.
Tir de Flash-Ball , coups répétés de matraque, blessures par tirs de grenades, etc. Ces témoignages illustrent  la réalité des violences policières contre  ceux qui, quels qu’ils soient, sont présents sur les lieux des manifestations...
Castaner encourageait il y a peu les journalistes à signaler les bavures policières dont ils étaient  témoins , car, disait-il « nous avons un devoir d’exemplarité » Quel faux cul ! Car qui commande la police, sinon ce même Castaner ?

Migrants : solidarité avec nos frères de classe


Liberté de circulation et d'installation pour tous

 


Différentes organisations appellent à manifester le mardi 18 décembre pour dénoncer la situation faite aux migrants, le droit d'asile de plus en plus restrictif, le manque de places d'hébergement qui condamne à la rue des milliers de personnes, dont des centaines d'enfants.
Alors que les pays impérialistes comme la France sèment la misère et les guerres aux quatre coins de la planète, ils se hérissent de barbelés et empêchent les bateaux de sauver les naufragés en mer. Pour dénoncer la barbarie croissante que le monde capitaliste impose aux exploités sur toute la planète, pour réclamer la liberté de circulation et d'installation pour tous, Lutte Ouvrière s'associe à cet appel.