lundi 13 août 2018

Argenteuil, Education, vanité, et travaux d’été


Manque de modestie optimale

                                                                     

 
Tous les parents d’élèves des écoles primaires d’Argenteuil dont la responsabilité relève de la municipalité viennent de recevoir d’elle une lettre où celle-ci fait état de la liste des travaux qui ont eu lieu cet été dans le groupe scolaire de leur enfant. Comme quoi, lorsque la municipalité veut informer, elle sait se donner les moyens de le faire.
         Mais pourquoi ce vanter de la sorte en donnant aux parents une liste que l’on qualifie de « à la Prévert » ?
         Que la municipalité joue son rôle, c’est bien la moindre des choses, avec notre argent rappelons-le.
         Mais les énumérations qu’elle transmet aux parents, dans les faits, à quoi correspondent-elles ?
         Nous ne prendrons qu’un exemple : elle dit distribuer des tablettes d’ordinateurs, mais elle ne dit pas combien de salles d’informatique ont été supprimées à cause de besoins de classes supplémentaires ? Mais nous reviendrons sur ce sujet dans les semaines qui viennent.
         Quant à l’expression qu’utilise l’adjoint en charge du secteur, elle ne peut que prêter à sourire, mais de façon grinçante : « Soucieux de leur garantir des conditions d’accueil optimales ».
         Qu’est-ce que des conditions d’accueil optimales ?
         Nous avons sur le sujet notre petite idée. Mais qui ne correspond absolument pas malheureusement à la réalité de l’école publique sur Argenteuil.

Argenteuil, Education, Charlemagne sans limite aux dépens des familles


Charlemagne n’aime pas les familles
 
 
Il n'est tout de même pas là par hasard...

 Depuis un an, rue d’Ascq, au Val Sud, une école privée s’est installée dans un site communal. Si elle n’est même pas « sous contrat » avec l’Etat, elle bénéficie néanmoins du soutien de la municipalité d’Argenteuil, sans que les habitants connaissent l’ampleur de ce dernier.
         En tout cas, elle est en train d’agrandir ses locaux aux dépens de l’ex-espace famille. Hormis la salle de danse et de théâtre, il ne restera plus rien rue d’Ascq de cet espace naguère si vivant pour les familles populaires du Val-sud. Ce qu’il en reste aujourd’hui va intégrer l’espace des groupes scolaires Paul-Langevin 1 et Paul-Langevin 2.

Bonnes lectures de l’été (29), Elisabeth Kolbert, La sixième extinction, Livre de poche


La sixième extinction

 


Autant lire simplement ce qu’en dit son éditeur en livre de poche :
« Depuis l'apparition de la vie sur Terre, il y a eu cinq extinctions massives d'espèces. À présent, des scientifiques estiment que notre planète est en train de vivre la sixième, et cette fois, c'est l'homme qui en serait la cause.
Pour prendre toute la mesure de ce moment critique, Elizabeth Kolbert est remontée aux découvertes de Cuvier et de Darwin. Elle a voyagé, des îles du Pacifique jusqu'au Muséum national d'histoire naturelle de Paris en passant par la forêt amazonienne, et est partie à la rencontre des scientifiques qui enregistrent chaque jour de nouveaux indices d'une réalité implacable.
Un document majeur, salué dans le monde entier comme un événement, qui nous montre que l'humanité ne peut plus ignorer la crise environnementale, au risque de disparaître à son tour. »

Par ces temps de canicule, se mettre à l’ombre, lire ce livre de lecture facile, et réfléchir sérieusement au problème et à la nécessité de renverser le capitalisme…  Car la réalité est bien davantage : Comment le capitalisme détruit la vie ?

Elisabeth Kolbert, La sixième extinction, Livre de poche, 8 à 9 euros

dimanche 12 août 2018

Yémen : massacre et complicité des grandes puissances


Déjà 10 000 morts et 2 millions de déplacés

 
Yémen, lors d'un précédent bombardement

L’attaque d’un bus au Yémen par une frappe aérienne a fait plusieurs dizaines de victimes, dont une trentaine d'enfants. La coalition menée par l’Arabie Saoudite a justifié cette attaque en la qualifiant de « légitime » et en prétendant qu’elle visait des « tireurs de missiles ». En réalité, cette zone dite rebelle de Saada est frappée aveuglément depuis trois ans.
Cette sale guerre se réalise avec armes et appui politique des grandes puissances, dont la France. Elle a déjà fait plus de 10 000 morts et 2 millions de déplacés.

Turquie : L’effondrement de la livre turque


Une catastrophe pour les milieux populaires
 
Évolution d'un euro en livre turque (TRY)

En Turquie, la population voit ses conditions de vie s’aggraver avec une très forte inflation due à la baisse de la monnaie nationale. La livre turque qui valait un demi-dollar a chuté à partir de 2016, pour ne plus valoir qu’un tiers de dollar, puis ces dernières semaines elle s’est écroulée jusqu'à moins d’un sixième de dollar. Erdogan, le président turc, incrimine la politique des États-Unis et exhorte les Turcs qui disposent de devises étrangères fortes à aller les échanger contre des livres turques pour enrayer cette baisse.
La guerre commerciale décidée par Trump avec sa hausse des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium turcs joue bien un rôle, mais cet effondrement est lié plus généralement au système économique global actuel, et à la position de pays dominé par l’impérialisme. Les rodomontades patriotiques d’Erdogan risquent d’être totalement inopérantes, dans le cadre d’un système dont il est un des piliers.

Macron : son bras droit Kolher pris la main dans le pot à confitures


Petits arrangements de famille

 


Une seconde plainte vient d’être déposée par l'association Anticor pour « prise illégale d'intérêt » contre Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, suite à la publication par Mediapart de son rôle lorsqu’il siégeait au conseil de surveillance du « Grand port maritime du Havre ». Kohler aurait caché ses liens de famille avec le richissime armateur MSC . Il était donc juge et partie dans cette affaire. Les gouvernements, quels qu’ils soient, ne sont, en fin de compte, que des comités qui gèrent les affaires de la grande bourgeoise. Mais cette fois, c’est un membre de cette grande bourgeoisie qui est directement aux commandes. Dans tous les sens du terme.

Argenteuil, défense de Jean Vilar, une tribune libre dans le journal L’Humanité

                                                                

Le journal L’Humanité a fait paraître jeudi 9 août une tribune libre de membres du Comité Jean Vilar. N’ayant pu copier celle-ci sur le site du quotidien, je rapporte ci-dessous une de ses dernières moutures que j’avais archivée. Il ne doit pas y avoir de grande différence entre ce texte et celui qui a été publié jeudi. En tout cas, c’est bien volontiers que nous le faisons. DM
 
A Argenteuil :

La culture du béton contre l’Impressionnisme. 

« Notre pays cultive la passion du patrimoine, de l’histoire », disait Rostand, de l’Académie Française. Il faut croire que la majorité des élu·e·s municipaux  d’Argenteuil résiste à cette culture : pour cette municipalité et des promoteurs, la culture du béton l’emporte sur l’Impressionnisme.
Argenteuil avait été dotée d’une gare ferroviaire dès 1863, ce qui a permis son développement  industriel. Les ouvriers prenaient le train depuis Paris. Ils ont vite été suivis par les peintres impressionnistes : Monet à Argenteuil face à la gare, où sa maison est toujours debout, et Caillebotte à Gennevilliers de l’autre côté du pont, et leurs invités de Sisley à Renoir… ont fait la célébrité mondiale de la ville.
Argenteuil, lieu de loisirs pour les Parisiens, avec ses  nombreuses guinguettes, son ancienne île transformée en promenade, ses régates chères à Maupassant, ouvre le  premier port du Club du Cercle de la Voile de Paris. Gustave Caillebotte et son frère s’y inscrivent  en 1876.
C’est  à Argenteuil qu'a été créée l'association des peintres impressionnistes, le 27 décembre 1873. Argenteuil a aussi sa place dans l’histoire du cubisme : Georges Braque y est né en 1882. Et début 1907, Maurice de Vlaminck remarque dans un café d’Argenteuil, et achète au patron, trois figurines  africaines  qu’il cède ensuite à André Derain, qui les montre à Picasso : elles lui inspirent les « Demoiselles d’Avignon ».
Cette culture, ce patrimoine de paysages chers à Monet et à ses amis, sont mis en péril par un projet immobilier sur l’ancienne île d’Argenteuil, par ailleurs inondable. 
Alors que les plantations de l’île ont été récemment reconnues comme « ensemble arboré  remarquable » par l’association A.R.B.R.E.S, elles seraient abattues sur la surface du projet.
La salle des fêtes municipale Jean Vilar, inaugurée en 1971 sur cette même île et très chère aux Argenteuillais, accueille de multiples manifestations : un salon du livre des lecteurs, la foire des « Cinglés du cinéma », un salon numismatique… Elle serait détruite et remplacée par une salle de spectacles privée, que la Ville devrait louer ensuite au promoteur pour ses événements locaux.                                                                                                                                           

L’intérêt de l’opération pour le promoteur réside dans la construction de 156 logements… en zone inondable, sur les remblais de l’ancien bras de Seine. Il y ajouterait un centre commercial à 400 mètres de celui du centre ville, et un multiplexe à 400 mètres du cinéma municipal.
Ce multiplexe, tour sans fenêtres de 45 mètres, équivalent à 14 étages, serait le nouveau signal pour entrer dans la ville de Monet ?
Les Argenteuillais ne le voient pas ainsi.
Une association, le Comité Jean Vilar, s’est créée pour rejeter cette hérésie immobilière et proposer une alternative. Déjà 7000  Argenteuillais, fiers de l’histoire de leur ville, ont signé sa pétition. Ils souhaitent être soutenus dans leur  désir de protéger et de faire connaître leur patrimoine, leur bien commun qui est aussi celui du peuple français et de l’humanité.
La municipalité n’a pas donné suite aux demandes de référendum local, de concertation publique ou d’un simple rendez-vous.
« La culture, c’est le trésor accumulé des créations humaines », rappelait Louis Aragon en 1966. Argenteuil a trop apporté à ce trésor pour accepter qu’il soit ainsi méprisé.
                                                                    Comité Jean Vilar, Argenteuil

Bonnes lectures de l’été (28) : L’île des oubliés, Victoria Hislop, le livre de poche


L’île des oubliés

 

 

 


Il n’a jamais été bon dans le passé d’être atteint d’une maladie contagieuse grave. Pour s’en protéger, les sociétés ont inventé l’isolement, temporaire ou définitif.
         Il s’agit de cela dans ce roman qui nous évoque une époque pas si éloignée de la nôtre. Mais il y est question de bien autre chose, de dévouement, d’espoir et d’amour entre autres.
         C’est déjà pas mal, et c’est bien mené. 

L’île des oubliés, Victoria Hislop, le livre de poche, 7 à 8 euros