dimanche 22 juillet 2018

Affaire Benalla : des comportements si révélateurs


Ils se disent qu’ils peuvent tout se permettre

 


L’affaire Benalla est totalement révélatrice de comment fonctionnent les individus qui se trouvent propulsés par leur propre ascension politique ou celle des mentors ou des écuries qu’ils ont rejoints. Des gens qui se considèrent nombreux au-dessus des lois, qui ont vite l’impression que l’Etat ou leur petit pouvoir est une propriété personnelle qui leur permet bien des choses, bien des passe-droits. Et ce n’est pas seulement vrai au niveau des sphères gouvernementales, mais à tous les niveaux du fonctionnement politique de la société. Même si c’est à un tout autre niveau, on retrouve ce fonctionnement y compris au niveau des collectivités locales importantes, y compris dans les grandes communes.
         Quant à la réaction de la députée d’Argenteuil-Bezons, n’allez pas chercher sur son site pour savoir ce qu’elle en pense. Il n’y a rien.

Gendarmerie : 19 juillet 2016, la mort d’Adama Traoré


Justice pour Adama

 

Le 19 juillet 2016 un jeune homme de 24 ans, Adama Traoré, était coursé par les gendarmes dans les rues de Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, pour un simple « contrôle d'identité ». Une fois rattrapé, des gendarmes l'ont étouffé sous leur poids. Deux heures plus tard il était mort.
Les gendarmes impliqués ont d'abord menti en prétendant qu'ils avaient mis Adama en position latérale de sécurité après s'être rendu compte de son malaise : faux ! Les pompiers l'ont trouvé sur le ventre, menotté.
Puis le procureur de Pontoise a essayé de faire passer la victime pour coupable en déclenchant une enquête contre lui, 24 heures après son décès !
Depuis deux ans la famille proteste et veut connaître la vérité. Elle a déjà obtenu le transfert du dossier à un juge d'instruction parisien. Elle organisait hier une manifestation pour dénoncer les lenteurs de la justice, qui jusqu'à présent a plus agi pour protéger les gendarmes que pour établir la vérité sur cette bavure mortelle.
 

La manifestation d’hier
                                                     


Forces de l'ordre en civil avec des sacs a dos, CRS en retrait de la manifestation dans des rues, gendarmes avec un drone qui filmait toute la manifestation . Quatre conseillères municipales devant le parking de la mairie et qui notaient sur des cahiers .Quoi ? On ne sait pas.
Nous étions entre 1000 a 1500 personnes. La manifestation a marqué plusieurs points d'arrêt : devant la gendarmerie de Persan où est mort Adama, devant la mairie de Beaumont dont la maire a toujours eu guère de sollicitude pour la mort d’Adama, devant la rue de la république ou a été arrêté Adama…
Insoumis venus en force avec des députés dont les écharpes tricolores dénotaient complètement dans cette manifestation réclamant la vérité et la justice pour la mort d’Adama mort dans les mains de la gendarmerie.
 
 

 

Israël : nouvelle provocation anti-arabe


Une marche en avant provocatrice et agressive

  Jérusalem entourée de barbelés
Le gouvernement et le parlement israélien, dominés par la droite nationaliste et religieuse, ont inscrit dans la loi le soutien à la colonisation des territoires palestiniens et de graves mesures discriminatoires à l'égard les habitants non-juifs d'Israël, et particulièrement à l'égard des arabes israéliens, qui représentent 20 % de la population.
Les dirigeants d'Israël poursuivent à jet continu leur politique provocatrice et agressive. Les populations arabes en sont les victimes directes, mais aussi les populations juives, complices, pour beaucoup à leur corps défendant, de cette politique.

Métropole du Grand Paris et gratuité des transports en commun


Que vive demain la gratuité

 
Bons... seulement pour les fabricants de tourniquets

La Ville de Paris vient de lancer un appel pour recueillir des contributions sur la possibilité de rendre gratuit les transports en commun dans une « ville internationale du XXIème siècle ».
Il n’y a pas besoin de tout un tintouin pour admettre que la gratuité des transports en commun est aujourd’hui une évidence, et pas seulement à Paris mais partout dans toutes les agglomérations, et dès maintenant.
Les transports en commun ne sont pas seulement utiles pour les touristes choyés par la mairie de Paris mais avant tout par tous les salariés, et pour ces derniers, ce sont les entreprises qui devraient assurer un transport totalement gratuit.
Le coût des installations et du contrôle du caractère payant des transports en commun est bien supérieur à ce qu’ils rapportent.
           La gratuité des transports en commun s’impose d’elle-même

Bonnes lectures (12) : Le premier maître, Tchinguiz Aïtmatov, Nouvelles traduites du kirghiz - une coédition Les Bons caractères et Le temps des cerises


Le premier maître

 


Autant laisser la parole aux éditeurs pour leur excellente présentation 

« La nouvelle qui donne son titre au recueil, « Le premier maître », raconte la difficile arrivée, en 1924, de l’ouvrier Diouïchène, envoyé par le Komsomol dans un village pauvre de Kirghizie pour y fonder une école. Cet instituteur sait à peine lire et écrire, mais, profondément communiste, il a foi en un avenir meilleur pour tous. Se battant contre les préjugés, les traditions féodales et religieuses, il parvient à rassembler les enfants chaque matin et à leur donner le goût de l’étude. Son combat, peu à peu oublié, renaît à travers le récit de l’académicienne Altynaï Soulaïmanova à qui il a permis, par son enseignement et sa ténacité, de sortir de l’oppression et de la misère. Les deux autres nouvelles, également écrites et publiées dans les années 1960, « Mon petit peuplier » et « L’œil du chameau », reviennent sur ce télescopage entre modernité et traditions. En toile de fond se dessine l’amour de l’auteur pour sa Kirghizie natale, lointaine république soviétique d’Asie centrale.

Tchinguiz Aïtmatov (1928-2008) est considéré comme le plus grand romancier de langue kirghize. Son grand-père était berger nomade et son père, fonctionnaire soviétique, a été fusillé en 1938, victime des grandes purges staliniennes. Ses premières nouvelles, dont celles qui composent ce volume, ont été écrites en kirghize. La nouvelle le premier maître, a été adapté au cinéma par le réalisateur Andreï Kontchaloski en 1965. Dans les années 1980, Aïtmatov devint un des auteurs soviétiques majeurs. Il fut président de l’Union des écrivains. Sous Gorbatchev, il devint ambassadeur en Europe. Après la dislocation de l’URSS, en 1991, il resta ambassadeur du Kirghizistan indépendant. Plusieurs de ses ouvrages, dont le roman Djamilia, qui l’a fait connaître du grand public, ont été traduits et édités en France. »

Le premier maître, Tchinguiz Aïtmatov, Nouvelles traduites du kirghiz - une coédition Les Bons caractères et Le temps des cerises

samedi 21 juillet 2018

Armement : Macron invente les armes inoffensives


Qui font des milliers et des milliers de victimes

 


L'État français est signataire du traité sur le commerce des armes, qui interdit en principe la vente d'armes à des États lorsqu'elles sont dirigées contre des civils.
Or le matériel militaire français vendu à l'Arabie Saoudite est engagé au Yémen, où des populations civiles en sont victimes.
Macron prétend que le matériel vendu dans ce cas serait purement « défensif ». Un bobard défensif difficile à avaler.
 
Une marche est organisée à Beaumont-sur-Oise
Aujourd’hui samedi
Contre l’oubli
Deux ans après la mort d’Adama Traoré
Dans les mains des gendarmes
Départ : 14 heures
Gare de Persan-Beaumont
 

Google : l’Europe joue les gros bras mais...


Loin de l’amande au fruit

 


L'Union européenne vient de faire condamner Google pour abus de position dominante, lui permettant d'imposer son logiciel Android dans presque tous les smartphones. Certains commentateurs voient dans cette amende de 4,3 milliards d'euros une réplique à Trump dans la guerre commerciale qu'il a engagée et même un geste fort des États pour reprendre la main face à des multinationales comme Google.
En fait, cette amende est une broutille pour Google, qui réalise en chiffre d'affaires l'équivalent de cette somme en trois semaines et est assis sur 88 milliards d'euros de trésorerie. Le géant du numérique va placer le montant de l'amende sous séquestre et entamer une longue procédure judiciaire pour la contester.
On verra au bout du compte ce qu'il paiera vraiment...

Haïti : le Premier ministre démissionné par la rue


Haïti : le Premier ministre démissionné par la rue

Après quatre jours d’émeutes le Premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, a annoncé sa démission samedi 14 juillet.
À l’annonce des hausses qu’il voulait imposer, la population des quartiers populaires avait envahi les rues des principales villes. Elle refusait de voir augmenter de 30 % le prix de l’essence, de 47 % celui du diesel et même de 51 % celui du pétrole lampant, utilisé pour les lampes avec lesquelles les familles pauvres sont contraintes de s’éclairer, faute d’électricité. La force du mouvement était telle que le gouvernement avait jugé préférable de reculer et d’annoncer la suspension de ces mesures jusqu’à nouvel ordre. Mais cela n’avait pas suffi à calmer la colère des manifestants, et le blocage de la capitale Port-au-Prince continuait, ainsi que la présence des barricades.
Face à une situation qui risquait de s’aggraver encore, le Premier ministre a donc fini par accepter de jouer le rôle de fusible. Sous la pression de plus en plus insistante des députés, qui l’avaient convoqué et le menaçaient d’un vote sanction, il a annoncé qu’il quittait le pouvoir.
À Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde, le seul moyen pour la population d’éviter d’être étranglée par les possédants et les politiciens à leur service est de riposter violemment dans la rue à leurs attaques.
Le prochain gouvernement, ou le suivant, savent qu’en remettant de telles augmentations sur le tapis ils s’exposeraient à de violentes réactions. Alors, il leur faut chercher à tergiverser, à donner le change. Mais, sur le fond, il s’agira toujours de ponctionner la population pauvre. C’est ce que demandent les industriels, le FMI et les États-Unis, auxquels tous les dirigeants haïtiens, à commencer par l’actuel président Jovenel Moïse, n’ont rien à refuser.
Les travailleurs, les pauvres d’Haïti viennent cependant de prouver qu’ils sont capables de les faire reculer, jusqu’à imposer le départ d’un Premier ministre. Ils ont les ressources nécessaires pour défendre leurs intérêts, à condition de ne pas se laisser abuser par les manœuvres des gouvernants et de ceux qui cherchent à utiliser les mouvements populaires pour faire avancer leur propre carrière.

                               Daniel MESCLA (Lutte ouvrière n°2607)
 
                                                                                        
                                                                                        Photo Newsfeedcom