jeudi 19 juillet 2018

Mondial : Russie : Pussy Riot : 4 – Poutine : 0


Pussy Riot : 4 – Poutine : 0

Au beau milieu de la finale de la Coupe du monde, quatre membres des Pussy Riot, un groupe de punk rock féministe russe, ont réussi à déjouer la surveillance de la police pour s’inviter sur le terrain. Une jeune femme a même fait un « high five » avec Kylian Mbappé. La photo a fait le tour des réseaux sociaux.
Les manifestants voulaient rappeler à la face du monde que la Russie est un régime autoritaire et revendiquer la libération de tous les prisonniers politiques.
En 2012, trois membres des Pussy Riot avaient été condamnées à deux ans de camp pour incitation à la haine religieuse, suite à une prière punk anti-Poutine dans une église orthodoxe.
Après leur coup d’éclat contre Poutine et son régime, les quatre Pussy Riot écopent cette fois de quinze jours de prison et trois ans d’interdiction d’assister à des événements sportifs, et gagnent la première place pour ce qui est de la détermination et de l’audace.

                                                                        D. A. (Lutte ouvrière n°2607)

Répression au Nicaragua


Du guérillero nationaliste au dictateur

 
                                                                  Daniel Ortega

Depuis avril le gouvernement nicaraguayen réprime violemment - près de 300 morts - la population, qui protestait au départ contre une réforme des retraites et à présent contre le maintien au pouvoir de Daniel Ortega.
Ortega a été, dans sa jeunesse, un guérilléro nationaliste ayant contribué à la chute du dictateur pro-américain Somoza en 1979, puis il a exercé le pouvoir jusqu'en 1990.
Pour revenir au pouvoir et être élu président en 2006, Ortega a gommé son passé, s'est allié à ses anciens ennemis politiques, a repris leur politique de soutien aux grandes fortunes avec la bienveillance de l'impérialisme américain. Il est devenu à son tour un dictateur défendant les privilèges et son clan.
L'évolution du Nicaragua illustre tragiquement l'impasse de ce radicalisme qui s'est drapé, un moment, dans un discours nationaliste.

Mort d’Adama Traoré : deux ans plus tard, des questions toujours sans réponse


Vérité et justice pour la mort d’Adama Traoré

 


Une lettre d’Assa Traoré, sa sœur, à Emmanuel Macron : "La mort de mon frère mérite des réponses" 

"Monsieur le président de la République, madame la garde des Sceaux,
Dans quelques jours, mon jeune frère, Adama Traoré, aurait dû avoir 26 ans.
Avant le 19 juillet 2016, je n’aurais jamais cru qu’il serait nécessaire dans ma vie de m’adresser à vous.
Avant le 19 juillet 2016, je pensais avec force que les valeurs qui me sont chères, l’égalité, l’accès au droit et à la justice pour tous, étaient une priorité pour notre République, ne pouvaient être relatives à certains individus et certains lieux. 
Avant le 19 juillet 2016, je refusais de croire qu’il est des vies qui comptent moins que d’autres.
Jamais je n’aurais imaginé, monsieur le président de la République, madame la garde des Sceaux, que mon petit frère, Adama Traoré, mourrait comme il est mort : comme un chien, gisant sur le bitume brûlant de la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise. Pour rien, sans nous, sa famille, ses proches. Le jour de son anniversaire…
C’était il y a deux ans.
Depuis deux ans, nous attendons que les gendarmes soient au moins entendus, sinon mis en examen concernant "les circonstances dramatiques" dans lesquelles mon frère de 24 ans a perdu la vie. Ils sont pourtant les seuls à savoir : Comment Adama a été arrêté ? Comment Adama a été poursuivi ? Comment Adama a été plaqué au sol ? Comment Adama a été étouffé de tout leurs poids ? Pourquoi Adama a été conduit à la gendarmerie plutôt qu’à l’hôpital ? Pourquoi Adama était inconscient au sortir de leur véhicule ? Pourquoi les secours l’ont trouvé au sol, menotté ? Comment est-il mort sous leurs yeux ?
Ces questions ne sont pas seulement celles d’une famille qui considère que la vérité est une issue au deuil. Ce sont aussi les vôtres, celle de tout un pays qui doit comprendre comment il est possible de mourir à 24 ans dans une gendarmerie en France, au XXIe siècle, pour rien. Les principes fondamentaux dont vous êtes les garants vous obligent. La vie d’Adama Traoré, citoyen français, ne valait pas moins qu’une autre. Sa mort mérite des réponses.

                                                         Assa Traoré.

 

 
Marche pour les 2 ans  de la mort d'Adama Traoré, samedi 21 juillet. Elle partira de la gare de Persan Beaumont à 14 h.

Bonnes lectures (9) de l’été : Le métier de lire, Bernard Pivot-Pierre Nora, Gallimard


Le métier de lire

 


Bernard Pivot, l’animateur naguère d’Apostrophes, de 1975 à 1990, est venu à Argenteuil ces dernières années. Nous avions acheté son livre, datant de 1990, où il s’entretient avec Pierre Nora de l’épopée de cette émission qui a marqué l’histoire de la télévision. Je l’avais laissé sur le tas de livres, et voilà que l’été m’a permis hier de vivre un beau temps de lecture.
          Oui, un beau livre sur la lecture, sur les livres et les auteurs. Des moments cocasses. La découverte d’auteurs que l’on ne connaissait pas, et que l’on lira donc à un moment ou un autre, une réflexion sur les médias. Les rapports entre celles-ci et le monde de l’édition.
          Un livre pas difficile où l’on ne s’ennuie pas, une belle matinée de lecture… Que demander de plus ?
           J’ai découvert qu’il y a la suite, à propos de « Bouillons de culture » que Bernard Pivot anima les dix années qui suivirent « Apostrophes », et cette fois, c’est en « Folio »… 

Le métier de lire, Bernard Pivot-Pierre Nora, Gallimard, 13 euros

mercredi 18 juillet 2018

Sport d’élite et sport populaire : un sort bien différent


Au régime sec

 

Un terrain de foot de tous les jours

Le discours sur le thème « la coupe de monde, ce sont les quartiers populaires de France qui gagnent » vient à point pour Macron .Cela lui permet de faire oublier - pour un court instant - ses attaques contre les travailleurs.
Pourtant si quelques jeunes issus de quartiers populaires deviennent des stars du sport, ce ne sera pas grâce à lui. Car son gouvernement a diminué le budget du Centre national pour le développement du sport, passé de 514 millions d'euros en 2017 à 339 en 2018. Or cet organisme est censé aider au financement des équipements sportifs manquant dans les « quartiers prioritaires de la politique de la ville »...

Maroc, Rabat, Rif marocain : les manifestations continuent


Au Rif comme ailleurs au Maroc, opprimés !

  

Le roi du Maroc

Des milliers de personnes ont manifesté le 15 juillet à Rabat, capitale du Maroc, en soutien aux militants du mouvement de protestation du Rif marocain, lourdement frappés par des peines de prison. Depuis plus d'un an, ce mouvement - le hirak - a exprimé la colère de la population du Rif contre le chômage, les bas salaires et le manque d'infrastructures.
Or la population pauvre du pays peut se reconnaître dans cette protestation, au même titre que les rifains. Et c'est ce que craint le régime marocain - une dictature monarchique qui est aussi une dictature des riches.

Emploi des jeunes et la députée d’Argenteuil-Bezons qui rêve


Enième plan pour jeunes laissés en plan

 

Que du beau monde. « Tous mobilisés » dit-elle. Elle y croit vraiment ?

La députée d’Argenteuil-Bezons découvre la vie. Elle vient d’annoncer qu’Argenteuil était concerné par un “Plan 1000 jeunes” qui, selon elle, va mobiliser « la Préfecture, des acteurs de l’emploi et de l’intermédiation, les acteurs du territoire… ». « C’’est recréer ce lien entre les jeunes et les entreprises, avec des méthodes de recrutement différentes, qui valorisent davantage les profils, les compétences, les savoir-être… »
         De la même : « Pourtant, les talents et les ambitions existent ! Mais, encore trop souvent, les employeurs potentiels s’arrêtent au CV, à l’expérience professionnelle, au diplôme… ».
         Le directeur d’ATOS-France qui est sur la photo et dont l’entreprise est installée à Bezons depuis une dizaine d’années n’avait pas eu, par exemple, le temps de s’en rendre compte ?
         Nouveau plan après tant d’autres, et qui a toutes les chances de faire plouf comme les précédents.
         Pour trouver un emploi dès la fin des études aux milliers de jeunes qui n’en trouvent pas, il faudra de toutes autres mesures, et surtout ne pas attendre que les employeurs fassent ce qu’ils n’ont pas fait depuis des décennies et qu'ils ne feront jamais.
         La députée, contente d’elle-même, dit s’être « beaucoup mobilisée ». Elle y croit vraiment ? Oui, avec toutes les illusions du monde.

Migrants : Gouvernements d’assassins


Assassins !

 

Selon Médecins sans frontières, plus de 600 migrants sont morts noyés en Méditerranée ces quatre dernières semaines. Mondial oblige, les médias en ont encore moins parlé que d'habitude. C'est pourtant une terrible hécatombe.
Les passeurs qui embarquent les migrants sur des rafiots incapables de tenir la mer ont leur part de responsabilité, mais les dirigeants européens qui refusent de les secourir, qui les empêchent de débarquer ou qui ne les laissent accoster qu'au compte-gouttes sont tout aussi criminels.
Les gouvernements de l'Union européenne sont des gouvernements d'assassins.