mardi 17 avril 2018

Migrants et Macron : droits restreints pour les étrangers


Pour le gouvernement : Renvoyer les migrants à leur misère et aux massacres…



L'Assemblée nationale doit débattre du projet de loi sur l'accueil et l'asile des étrangers.
Ce texte est encore plus restrictif que les précédents. La durée de rétention administrative pour les étrangers passerait de 45 à 90 jours, tandis que serait réduite de 120 à 90 jours la période pendant laquelle ils peuvent déposer un dossier demandant l'asile.
Les centres de rétention détiennent souvent des immigrés qui ont fui leur pays et, l'an dernier, 37 000 demandeurs d'asile ont été expulsés de France.
Mais pour le gouvernement, ce n'est pas assez. Il veut renvoyer plus de malheureux à leur misère et aux massacres... pour plaire à l'électorat réactionnaire. 
 

Pour connaître l’enfer de ce que connaît depuis des années la population de Syrie, mourant sous les bombes, victimes des factions rivales, il faut lire le livre de Samar Yazbek, Les portes du néant, Livre de poche. Ce document porte sur la situation d’il y a quelques années, mais il est toujours d’actualité pour aujourd’hui.

lundi 16 avril 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 16 avril 2018


Lui faire ravaler son mépris !

Dimanche soir, pendant plus de deux heures et demie, Macron a étalé sa suffisance. D’abord en s’enorgueillissant des frappes françaises sur la Syrie. Comme si larguer des bombes sur un pays dévasté pouvait être un acte de gloire ! Et puis, demain, il s’assiéra à la table de négociation pour remettre en selle le régime sanguinaire d’Assad.

Sur l’injustice consistant, comme chez Carrefour, à distribuer des millions aux actionnaires tout en supprimant des milliers d’emplois, Macron n’avait rien à dire. Sur les 60 à 80 milliards d’évasion fiscale ? Non plus.

Son obsession, dit-il, est de « remettre le pays au travail ». On croirait entendre Reagan, Thatcher ou Sarkozy ! Dans un pays où six millions de personnes cherchent un emploi et n’en trouvent pas, à cause justement des politiques patronales défendues par Macron, c’est le monde à l’envers.

Et avec quel cynisme a-t-il fait la leçon aux retraités, leur expliquant que c’était les travailleurs en activité qui payaient leurs retraites et qu’elles pesaient beaucoup trop sur les salaires ! En bon président des riches, il ne conçoit pas que, quand les profits augmentent, les patrons puissent augmenter les salaires.

Comme lors de son interview sur TF1, c’est aux cheminots, aux retraités, aux travailleurs que Macron a demandé des efforts. À tout le monde, sauf aux plus riches. À tout le monde, sauf aux actionnaires qui encaissent les dividendes sans rien faire de leurs dix doigts. À tout le monde, sauf à la grande bourgeoisie, qui a eu droit à un cadeau de cinq milliards d’euros avec la suppression de l’impôt sur la fortune et la taxe forfaitaire sur le capital.

Dans les hôpitaux et les Ehpad, il parle de « réformer » et de « réorganiser », mais il n’est jamais question ni d’embaucher vraiment, ni d’augmenter les salaires. Macron n’a pas exclu de mettre en place une cinquième branche de la Sécurité sociale pour le grand âge, mais il cherche déjà l’argent dans la poche des travailleurs avec l’instauration d’une deuxième journée de solidarité.

Quant à l’attaque contre les cheminots, Macron est resté droit dans ses bottes. Il défend vigoureusement ceux qui, tels le PDG Pepy ou les ministres Elisabeth Borne et Florence Parly, ont dirigé l’entreprise depuis 20 ans. Et il continue de brandir le rachat de la dette comme une concession qu’il ferait aux cheminots. 

Mais cette dette a été faite par l’État. En quoi les cheminots devraient-il s’en sentir responsables et payer pour elle ?  

Les cheminots se battent pour que leurs conditions de travail et leurs salaires ne reculent pas. Ils se battent pour que les jeunes ne soient pas plus précaires et plus mal payés. Ils se battent parce qu’ils ne veulent pas devenir des salariés jetables, ballottés au gré des appels d’offres capitalistes. Tous les travailleurs peuvent se reconnaître dans leur combat !

Macron veut une société où seuls le fric et la rentabilité comptent. Il parle des injustices avec des trémolos, mais il contribue à creuser les inégalités. Et il traite avec un mépris souverain tous ceux qui s’opposent à lui.

C’est le cas des étudiants qui dénoncent la sélection à l’université et sont accusés d’être des professionnels du désordre. C’est le cas des zadistes de Notre-Dame des Landes qui sont en train d’être évacués violemment. Comme si ces 200 personnes étaient un trouble à l’ordre public qui justifie la mobilisation de 2500 gendarmes mobiles ! En fait, Macron ne tolère pas ceux qui veulent vivre autrement.

Il érige la compétitivité en vertu absolue et ordonne que tout le monde se plie à ses exigences. Mais cela fait deux siècles que l’économie est basée sur la concurrence, le marché et la propriété privée.

Et cette concurrence, c’est la loi de la jungle. Ce sont les crises à répétition. C’est la course aux profits, dangereuse et criminelle dans les transports, l’agroalimentaire, la santé ou dans le domaine de l’énergie et de l’environnement. Et n’oublions pas que la concurrence, c’est aussi la guerre. Elle commence sur les marchés commerciaux et finit par la guerre tout court.

Il est grand temps de dire qu’on ne marche plus. Pour l’heure, ce sont les cheminots qui sont sur la brèche. Leur grève est massive, et sa durée prouve leur détermination.

La CGT appelle jeudi 19 avril à une grève et une manifestation interprofessionnelle. Ce sera l’occasion d’ajouter notre voix à celle des cheminots. Ce sera l’occasion de clamer notre opposition à l’ensemble de la politique de Macron. Jeudi, soyons le plus nombreux possible en grève et en manifestation !

Nantes, révélateur du climat social et politique ?


Samedi à Nantes, du monde dans la rue contre la politique du gouvernement



Samedi 14 avril, deux manifestations se sont succédées au centre ville de Nantes. La première à 14h30, à l’appel de la CGT et de Sud Solidaires avec en tête, un cortège de cheminots grévistes très combatifs et déterminés à continuer leur mouvement avec les slogans « cheminots en colère, on ne va pas se laisser faire ! » et « tous ensemble, tous ensemble ! ». Derrière suivaient des salariés du public comme ceux du CHU et du privé, comme ceux de Monoprix, des retraités, des jeunes lycéens et étudiants, bref tous ceux que la politique de Macron met en colère. Le cortège de 2500 manifestants (d’après la presse), grossissait au fur et à mesure sans incidents malgé l'omiprésence de la police : un millier de CRS pour encadrer les manifestants, avec 4 canons à eau et des camions anti-émeutes.
À 16h 30, le cortège a rejoint la deuxième manifestation, celle en soutien aux zadistes de Notre Dame des Landes, pour un nouveau tour en centre ville qui a rassemblé jusqu’à 8000 manifestants. Mais très vite les heurts entre la police et les manifestants ont commencé sous des nuages de gaz lacrymogène et l’entrée en action des canons à eau qui ont provoqué des scènes de panique aux terrasses des cafés.
Le gouvernement réprime mais il ne fait qu’attiser la colère et la manifestation inter-professionnelle du 19 avril s’annonce particulièrement suivie.

Syrie, la désapprobation. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine, rédigé le 11 avril avant les frappes


Lors de notre présence au marché Héloïse hier matin, nous avons pu mesurer la désapprobation de toutes les personnes avec lesquelles nous avons pu discuter sur les frappes occidentales en Syrie qui n’ont rien à voir, mais vraiment rien, avec une quelconque compassion pour les populations syriennes qui ont payé un lourd tribut à l’effondrement de la situation dans la région. Lire ci-dessous ce que notre hebdomadaire Lutte ouvrière écrivait mercredi dernier. 

Syrie : la protection des populations, prétexte à une nouvelle intervention impérialiste ?

Depuis que le régime syrien de Bachar al-Assad a été accusé d’avoir mené, samedi 7 avril, une attaque chimique à Douma, dans l’enclave de la Ghouta, les réactions se succèdent de la part des principaux dirigeants occidentaux pour se déclarer partisans d’une « réponse ferme ».
Trump a promis, le 9 avril, une décision imminente sur la réponse à donner pour faire payer Assad, et son ministre de la Défense n’a pas exclu des frappes contre le régime syrien.
On assiste donc à une campagne médiatique, notamment en France, destinée à justifier d’avance une action militaire prétendument destinée à protéger la population civile. Ce n’est pas la première fois que les dirigeants occidentaux haussent le ton et menacent le régime syrien. Peut-être les dirigeants américains iront-ils jusqu’à décider des bombardements sur la Syrie, comme ceux qui avaient visé une base aérienne syrienne en avril 2017, avec toujours le prétexte de sanctionner l’usage de gaz toxiques par le régime d’Assad.
Mais cette évolution ne doit rien à une soudaine compassion pour les populations syriennes. Avec ou sans armes chimiques, le régime a déjà fait la preuve qu’il était prêt à massacrer des populations civiles dans cette guerre qui se mène depuis 2011 et qui a fait, à ce jour, plus de 350 000 morts. Depuis le début des affrontements en Syrie, les États-Unis ont certes critiqué la dictature d’Assad, mais ils ont montré qu’ils étaient tout à fait prêts à s’accommoder de son maintien au pouvoir, en particulier quand ils ont fait de la guerre contre Daech leur priorité.
Mais la débâcle des milices de Daech a créé une situation nouvelle qui est loin de satisfaire les dirigeants américains. En effet, grâce à l’appui de la Russie, le régime d’Assad s’est renforcé aux dépens des milices soutenues par l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis. Mécontente de l’appui américain aux Kurdes, la Turquie s’est rapprochée récemment de la Russie. Ainsi, le 4 avril, s’est tenu un sommet réunissant, aux côtés du président turc Erdogan, Poutine et le président iranien Hassan Rohani, pour discuter du règlement du conflit syrien.
Par ailleurs, ces interventions occidentales surviennent, et ce n’est certainement pas un hasard, au moment où sont expulsées de la Ghouta les dernières milices djihadistes qui l’occupaient, financées par l’Arabie saoudite. Pour le prince saoudien MBS justement en visite aux États-Unis et en France pour faire connaître ses desiderata, c’est une de ses dernières possibilités d’influer sur l’avenir de la Syrie qui disparaît. Pour les États-Unis aussi, c’est risquer de perdre un atout. Trump qui, quelques jours auparavant, avait déclaré son désir d’évacuer les troupes américaines de Syrie, a donc subitement changé d’avis, ne serait-ce que pour faire plaisir à son protégé saoudien.
Ce dernier revirement américain sera-t-il durable, ou ne sera-t-il qu’une gesticulation de plus, imitée servilement par la France de Macron ? En tout cas, en renforçant leur pression sur le régime syrien, les dirigeants américains voudraient affirmer qu’aucun règlement politique ne peut se négocier sans eux. Leur indignation de commande, sous prétexte d’usage d’armes chimiques, ne vise nullement à défendre la population syrienne, ni à mettre fin à ses souffrances et à la guerre qui dure depuis sept ans, mais seulement à continuer à imposer leur droit de participer à l’ignoble partie d’échecs qui se joue avec le sang des populations.

                                          Marc RÉMY (Lutte ouvrière n°2593)



19 avril, Argenteuil, agents territoriaux : mieux vaut maintenant que trop tard


19 avril : toutes les raisons de manifester ensemble


Le maire d’Argenteuil croit dur comme fer qu’il peut anticiper ce que sera dans quelques mois la politique de Macron à l’encontre des travailleurs de la fonction publique : salaire dit « au mérite », généralisation de la précarité, compétition accrue entre les travailleurs. Chacun sait qu’après les cheminots, nous sommes dans le collimateur. Pour aider à leur victoire, commençons à être présent à leurs côtés, ce jeudi 19 avril, à 14 heures gare Montparnasse pour se diriger en direction de l’Assemblée dite nationale.
         Jeudi, les grévistes et les manifestants n’auront pas une même revendication, mais ils s’opposeront ensemble aux objectifs du patronat et de l’Etat : augmenter l’exploitation d’où il tire ses profits pour le premier, et pour le second, faire payer aux salariés le pillage du budget en faveur des entreprises et des plus riches. 



Un car de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil partira jeudi 19 avril pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle à Paris-Montparnasse. Le rendez-vous est à 12 heures 45 devant la salle Jean Vilar, boulevard Héloïse. Une collecte pour participer au financement au car aura lieu dans celui-ci. On peut me transmettre les inscriptions, je transmettrai. DM

Personnes âgées dépendantes, prendre dans les poches de Bernard Arnault, Bolloré, Niel, Dassault, etc.


La solidarité, il faut l’imposer aux plus riches !


La ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré que l’instauration d’une deuxième «journée de solidarité» était envisagée pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Cela consiste à faire travailler gratuitement les salariés un jour férié habituellement chômé- le lundi de Pentecôte, par exemple, comme l’avait décidé le gouvernement Raffarin en 2004.
«Nous avons plusieurs pistes», a déclaré la ministre. Mais on peut être sûr que prendre sur les 93 milliards de profits réalisés par les entreprises du CAC 40, ça ne fait pas partie des pistes de ce gouvernement.

De ce côté-là, pas de souci

Hollande, le retour ?


Non merci !



Hollande vient de sortir un livre pour vanter le bilan de son quinquennat et régler ses comptes avec Macron. Il se paye même le luxe de l’accuser de favoriser les plus riches et d’aggraver les inégalités.
Hollande ne manque pas d’air ! Sous sa présidence, les travailleurs ont vu leurs conditions de vie reculer alors que des dizaines de milliards d’euros ont été versés au patronat. Il a, entre autres méfaits, imposé la loi travail de 2016, dont il avait confié la rédaction… à Macron dont il avait fait l’un de ses ministres.
Il cherche à revenir sur le devant de la scène, mais il n’y a qu’au patronat qu’il a laissé un bon souvenir.

dimanche 15 avril 2018

Grève des cheminots, troisième temps


Une détermination qui ne faiblit pas !


Les cheminots ont à nouveau fait grève ces vendredi et samedi. Cette grève demeure très suivie dans tout le pays.
Les grévistes s’opposent à ce que leurs conditions de travail et leurs salaires se dégradent. Ils ne veulent pas devenir des pions entre les mains de capitalistes du rail. Pour l’emporter, ils n’ont d’autre choix que de mener une lutte déterminée.
Macron a décidé de faire un exemple en s’en prenant à une partie des travailleurs qui a su être combative, pour pouvoir faire reculer plus facilement l’ensemble des travailleurs. Alors ceux-ci ont tout intérêt à ce que les cheminots fassent reculer ce gouvernement au service exclusif des riches.

Un car de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil partira jeudi 19 avril pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle à Paris-Montparnasse. Le rendez-vous est à 12 heures 45 devant la salle Jean Vilar, boulevard Héloïse. Une collecte pour participer au financement au car aura lieu dans celui-ci. On peut me transmettre les inscriptions, je transmettrai. DM