dimanche 9 août 2015

Entreprises, finance, commerce, collectivités locales : le règne de l'opacité


Une fermeture préparée de longue date mais dans le silence ?

 
Nous évoquions hier sur ce blog la fermeture définitive programmée du magasin Franprix au centre de la « Dalle » du Val-Nord.

         On nous présente cette fermeture comme une conséquence de l’ « insécurité ». Mais nous nous interrogions sur les raisons profondes de cette fermeture.

         On nous informe aujourd’hui que le parking du supermarché a déjà réintégré l’ensemble des parkings Vinci, le groupe Vinci bénéficiant de la délégation municipale de « service public ».

         Tout cela fait bien programmé de longue date pour la fermeture de ce supermarché si nécessaire… sans que la population, que les clients aient été informés.

         Si certains d’entre eux ne mettaient pas ce problème sur la place publique, tout passerait, en silence, comme lettre à la poste.

         On retrouve là le « goût » de la fermeture de la Boucherie Bernard du centre, avec la même opacité inadmissible.

Personnes handicapées et "accessibilité" : l'Etat, la SNCF, etc, se moquent d'elles


L’ « accessibilité » des lieux pour les personnes handicapées, une priorité sociale !

 
La loi accordant de nouveaux délais pour la mise en accessibilité des lieux publics et des transports aux personnes handicapés, vient d’être publiée jeudi au Journal Officiel.

         Cette mise en accessibilité est remise aux calendes grecques. Les délais prévus vont de 3 ans pour les établissements pouvant accueillir jusqu'à 200 personnes, à 6 ans, voire 9 ans pour les établissements de plus grande capacité ou encore les transports ferroviaires. Des dérogations sont prévues notamment pour les établissements "en difficulté financière avérée".

         Des délais qui ne seront pas respectés ? Et demain, suivis par de nouveaux délais ? De nouvelles lois ?

         Les personnes handicapées, leurs associations, et nous tous, nous avons raison d’être en colère.

samedi 8 août 2015

Commerce dans les quartiers populaires : une question essentielle


 
Les commerces, un élément essentiel de la vie sociale

 Nous évoquions dernièrement la fermeture définitive du supermarché Franprix de la « Dalle » du Val-Nord à Argenteuil. Apparemment, elle n’était pas si définitive au moment où nous rédigions notre information, puisqu’il a rouvert avant… fermeture définitive le 9 septembre prochain ! Histoire simplement de vider les rayons, ou pour respecter des délais contractuels que nous ne connaissons pas ?

         En tout cas, si cette fermeture se confirmait, elle serait non seulement désastreuse pour la quinzaine de salariés qui y travaillent mais également pour les habitants et la vie de ce quartier.

         Des questions de « sécurité » seraient à l’origine de cette fermeture. On peut l’imaginer, même si ce qui détermine pour un groupe commercial comme l’enseigne Franprix l’existence ou pas d’un magasin ici ou là relève de bien d’autres critères que la seule sécurité. Sur ce terrain, c’est l’inconnu.

         Depuis des lustres, l’existence de ce magasin nécessaire a connu des aléas et des problèmes. Chaque fois, il a su renaître. La question se pose une nouvelle fois. Alors M. Mothron, au travail !

AB-Habitat, Agglomération Argenteuil-Bezons, Métropole du Grand Paris : imbroglios (suite)


Métropole du Grand Paris, un député qui lui est favorable, et un maire qui s’est engouffré dans une possibilité hasardeuse

 
Suite à notre article d’hier sur le plan alternatif  proposé pour assurer la pérennité d’un Office public malgré la liquidation d’AB-Habitat, nous avons reçu des informations dont nous extrayons les précisions suivantes :

         «…bien que ce plan a été élaboré et proposé par la CGT, ce plan a été adopté par le CE c est donc le plan du CE d’AB Habitat. Le plan de sauvegarde n'est pas parfait mais dans le contexte politique et juridique actuel c'est le seul moyen pour préserver notre établissement public sur notre territoire, conserver la qualité de services,.... » ;

         « …le problème de fond est les reformes territoriales qui ont remis en cause la taille des communautés d’agglo et la mise en place de la métropole. Tout cela voté par P. Doucet. La communauté d’ Agglo aurait dû de toute façon s'agrandir pour atteindre au minimum 200 000 habitants. G. Mothron aurait souhaité qu'Argenteuil rejoigne le Parisis qui a refusé Argenteuil, il a donc saisi l'opportunité que lui a offert P. Doucet par la Métropole du Grand Paris pour demander son adhésion. Il faut être conscient que si P. Doucet avait gagné les élections, Argenteuil rejoignait également la Métropole. Cela ne dédouane pas la responsabilité de G. Mothron… »

          Pour notre part, il n’y a pas grand-chose à ajouter à ces précisions dont nous remercions l’auteur.

Australie : pour les réfugiés, une sorte d'Ile du Diable


Australie : comment on parque les réfugiés

 
Des associations de défense des droits de l’homme dénoncent la situation faite aux centaines de réfugiés détenus dans les deux centres de rétention de l’île de Nauru, dans le Pacifique. Cette minuscule république, autrefois prospère grâce à l’exploitation du phosphate mais aujourd’hui dévastée, est financée par l’Etat australien pour empêcher les migrants fuyant l’Irak, la Syrie, la Somalie, le Bangladesh, l’Afghanistan, la Birmanie, etc., de fouler le sol de l’Australie, ce qui l’obligerait légalement à les accueillir.

Les migrants emprisonnés sur Nauru n’ont aucun contact avec l’extérieur et peuvent y croupir indéfiniment.

Nous vivons une époque moderne... de plus en plus barbare.

Eleveurs, producteurs de lait : les ministres parlent, les groupes industriels font ce qu'ils veulent


A chacun sa partition

 Deux des principaux groupes industriels de produits laitiers, Savencia et Lactalis, ont annoncé aux producteurs de lait qui les fournissent qu’ils ne se sentaient pas concernés par l’accord du 24 juillet, qui laissait entendre aux éleveurs qu’on paierait leur lait plus cher, et que les industriels n’avaient nullement l’intention d’augmenter les prix à l’achat.

Le ministre de l’agriculture avait pourtant annoncé que l’accord fixait ce prix d’achat à 34 centimes le litre de lait. C’était une manœuvre des patrons et du gouvernement, pour faire diversion.

Cela montre la duplicité et la complicité du couple capitalistes-gouvernement.

vendredi 7 août 2015

AB-Habitat : le "plan de sauvegarde" proposé par la CGT.

 
Tenter effectivement par tous les moyens que rien ne se fasse au détriment des personnels et des locataires

 
Suite à la liquidation de l’Agglomération Argenteuil-Bezons et de la décision -sortie du chapeau du maire d’Argenteuil- de rejoindre la Métropole du Grand Paris, AB-Habitat est lui-même en voie de liquidation. Nous avons évoqué longuement ici les conséquences de celle-ci et les dangers que la formule adoptée par ses dirigeants, D. Lesparre et P Doucet, sa transformation en « coopérative », font peser sur les personnels et sur les locataires.
         Pour contrer les projets de l’Office, un « plan de sauvegarde » a été mis au point par les militants de la CGT de l’entreprise qui contestent les projets des dirigeants d’AB-Habitat.
         Ce plan permettrait de maintenir le statut d’Office Public d’Habitat et le maintien de ses caractéristiques défendues à juste titre par les syndicalistes : statut des personnels, existence d’un Conseil d’Administration,…
         Vu la nécessité de trouver une collectivité territoriale de rattachement, et la liquidation prévue de la précédente, il s’agirait de se tourner vers le département du Val d’Oise, tout en faisant que ce ne soit pas lui, mais des élus municipaux d’Argenteuil et de Bezons, qui gardent la maîtrise de la direction de l'Office. D’où la proposition d’une  composition suivante de ce CA de 27 membres :
« - 6 élus de la collectivité (dont 5 conseillers départementaux d’Argenteuil Bezons + 1 conseiller départemental représentant le département ;
- 9 personnalités comprenant 5 désignés par la ville d’Argenteuil et 4
Par la ville de Bezons.
Le reste du conseil d’administration serait composé des représentants des associations de locataires (5), des organisations syndicales représentatives du Val d'Oise (2), des représentants des associations d’insertion par le logement (2), un représentant de la CAF, un représentant de l’UDAF, un représentant d’Action logement. »
         Un autre aspect de ce plan alternatif serait que les Villes d’Argenteuil et de Bezons garderaient, chacune, la maîtrise des attributions des logements construits sur leur commune.
          Voilà pour ce plan qui apparemment conviendrait aux organismes d’Etat ou autres qui suivent le « logement social ». On aimerait savoir pourquoi il ne convient pas aux dirigeants actuels d’AB-Habitat. On aimerait également connaître l’avis de la municipalité d’Argenteuil, elle par qui, il ne faut pas l’oublier, tout le scandale de ces mics-macs territoriaux est arrivé.

Palestine : la barbarie des colons et ceux qui la nourrissent. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine. En vente à notre permanence du vendredi et dans plusieurs kiosques sur Argenteuil.


Palestine : la barbarie des colons et ceux qui la nourrissent

Vendredi 31 juillet des colons israéliens incendiaient la maison d’une famille palestinienne de Cisjordanie. Ali Saad Dawabsha, un bébé de 18 mois, est mort brûlé vif, son frère de quatre ans et ses parents sont entre la vie et la mort.

Ce crime odieux a de nouveau provoqué les manifestations de la population de la Cisjordanie occupée par Israël. L’armée israélienne est intervenue contre les manifestants mais aussi pour protéger les colons. Les criminels disent avoir agi par « vengeance » comme ils l’ont écrit sur les murs de la maison incendiée. En l’occurrence la « vengeance » visait le gouvernement israélien qui avait décidé deux jours auparavant de détruire deux immeubles dans une des colonies de Cisjordanie.

L’ampleur des réactions a obligé Netanyahou, pour une fois, à condamner les colons extrémistes que sa politique a toujours favorisés. Mais tout en parlant de « tolérance zéro pour ces criminels qui déshonorent Israël », le chef du gouvernement israélien a tenu à rassurer ses alliés d’extrême droite sur la poursuite de la construction de 300 nouveaux logements dans les territoires occupés.

Il a aussi déclaré « ne pas comprendre comment un tel crime était possible », ajoutant que « toute forme de terrorisme juif ou arabe sera punie ». Pourtant, en matière de terrorisme, Netanyahou est un spécialiste, « 2014 a connu le pire bilan pour les pertes civiles parmi les Palestiniens depuis 1967, avec 2 220 Palestiniens tués, dont 550 enfants », précisait un rapport de l’association Human Rights Watch. Ce même rapport accusait le 20 juillet dernier Israël de forcer des enfants palestiniens à signer des aveux sous la menace.

Quant à dire ne pas comprendre les raisons qui permettent un tel acte, c’est évidemment se moquer du monde. Nétanyahou a fait campagne en n’hésitant pas à attiser la haine raciste, notamment contre les arabes israéliens et les Palestiniens, même si sur ce terrain il a souvent été doublé par son extrême droite avec laquelle il est au pouvoir aujourd’hui.

Et puis ce crime, pour horrible qu’il soit, est loin d’être un crime isolé. Les colons israéliens savent qu’ils jouissent d’une énorme impunité. Un rapport de l’ONG C’est la justice (Yesh din en hébreux) montre que dans 87 % des cas les colons ne sont pas condamnés lors d’agressions contre des Palestiniens et l’association a recensé plus de 11 000 attaques de colons en 2014. Les colons sont une base électorale et idéologique pour le gouvernement de l’extrême droite sioniste de Netanyahou. Leurs implantations, leur extension sont encouragées et largement financées, leurs crimes sont couverts, et si la population palestinienne en paye le prix le plus lourd, les Israéliens les subissent aussi.

La politique du gouvernement Netanyahou ne connaissant que la logique de l’occupation et de la guerre à outrance contre le peuple palestinien, est entièrement responsable du crime barbare du 31 juillet. Mais elle est aussi responsable de la montée des tendances les plus réactionnaires au sein même d’Israël.

                                                                            Christian CHAVAUX