Manifestons le 5 mars contre le projet de loi réactionnaire
Mardi 5 mars, une
journée de mobilisation est organisée par la CGT et FO pour dénoncer le
projet de loi, bien mal nommé « sécurisation de l’emploi ». Comme
Hollande s’y était engagé, Sapin, le ministre du Travail, a fidèlement
retranscrit l’accord signé entre le Medef, la CFDT, la CFE-CGC et la
CFTC. D’un accord honteux, le gouvernement a fait un projet de loi
honteux.
Les défenseurs du projet parleront généralisation des complémentaires
santé, droits rechargeables à l’assurance chômage, taxation des
contrats courts… droits qui sont tous reportés à de nouvelles
négociations et sans assurance de financement. Mais derrière ce rideau
de fumée, il y a une charge sans précédent contre les travailleurs.
Le patronat a obtenu la légalisation de la flexibilité : sous
prétexte de difficultés économiques, les patrons pourront, à leur
convenance, changer le temps de travail et baisser les salaires.
Bien des patrons n’ont pas attendu la loi pour le faire, mais en
principe les salariés pouvaient, individuellement, refuser. Avec ce
projet, le salarié qui refusera une baisse de salaire sera licencié. En
plus de faire sauter le dernier verrou qui existait, la loi va soutenir
le patronat, l’encourager dans ses attaques. Avoir le droit de baisser
les salaires, c’était le rêve du patronat : Hollande veut le réaliser !
Faire croire que ces sacrifices sauveront l’emploi est un mensonge.
Souvenons-nous de l’usine Continental à Clairoix, qui a fermé un an
après que la direction a imposé ce genre d’accord. Prenez l’accord que
Renault veut imposer : la direction annonce qu’en contrepartie des
concessions faites par les ouvriers, il n’y aura pas de plan social mais
elle va supprimer quelque 8 000 postes avec des départs volontaires et
départs en retraite. Alors, qu’est-ce que cela change pour l’emploi ?
Les patrons pourront imposer la mobilité interne : muter les
travailleurs sur un autre poste, les envoyer travailler sur un autre
site, la limite géographique étant fixée… à l’hexagone. Si le salarié
refuse, il sera licencié.
Il fallait toute la dose d’hypocrisie propre au Parti socialiste au
pouvoir pour parler de « sécurisation de l’emploi » : plus rien n’est
sécurisé pour le travailleur, ni son lieu de travail, ni ses horaires,
ni même son salaire !
Les patrons pourront aussi licencier plus vite et moins cher. Le
licenciement économique de 99 salariés pourra être réglé en deux mois,
quatre mois suffiront pour fermer une usine de 500 salariés. Les recours
des travailleurs seront limités dans le temps et la procédure
simplifiée. Alors, s’il y a une chose que cette loi sécurise, ce sont
les licenciements.
Si ce projet passe, ce que le patronat imposait par le chantage aura force de loi, et on le devra au Parti socialiste.
Le patronat fait de la crise et du chômage une arme de guerre contre
les travailleurs. Il remet en cause et veut démolir les droits gagnés au
fil des luttes par des générations de travailleurs et faire reculer
tous les salariés, toute la société.
Pour l’arrêter, il faut changer le rapport de forces. Seule la
mobilisation d’une grande partie de la classe ouvrière peut le faire.
Seule une réaction massive du monde du travail, capable de bloquer
l’appareil productif et d’imposer ses revendications vitales,
l’interdiction des licenciements et la protection des salaires, peut
renverser la situation.
Un tel rapport de forces ne se décrète pas mais il se prépare. Et
cela commence par dire « non », par exprimer notre opposition aux coups
patronaux, par affirmer que l’on est contre tout sacrifice imposé aux
travailleurs, et que rien ne les justifie.
Encaisser les coups sans rien dire, en baissant la tête, ne fait que
préparer les coups suivants. Quant à prendre des coups en les
justifiant, comme l’ont fait les dirigeants de la CFDT, de la CGC et la
CFTC, il n’y a rien de pire ! Cela revient à trahir les intérêts
matériels des travailleurs, mais aussi leurs intérêts moraux, leur
dignité d’exploités.
Les confédérations CGT et FO, qui appellent au 5 mars, ont leur part
de responsabilité. Au lieu de dénoncer la mascarade du dialogue social,
de dire qu’il ne pouvait rien en sortir de bon pour les travailleurs,
elles sont entrées dans le jeu du gouvernement et du patronat en
participant à toutes les négociations.
Alors, il faut dire, aussi bien au gouvernement qu’aux directions
syndicales, que les reculs sociaux ne se feront pas avec l’accord des
travailleurs.
Dénoncer, le 5 mars, ce projet anti-ouvrier, c’est montrer qu’il y a
des travailleurs qui n’acceptent pas de se sacrifier. C’est exprimer non
seulement leur combativité mais aussi leur conscience. C’est le gage de
voir, demain, le monde du travail se lever et rendre les coups.