dimanche 1 février 2026

États-Unis : une police en guerre contre la population

États-Unis : une police en guerre contre la population

Pour la seconde fois en quelques semaines, la police fédérale qui a envahi Minneapolis a fait la démonstration de sa brutalité meurtrière. Après l’assassinat par la police de l’immigration ICE de Renee Good, une mère de famille au volant de sa voiture, ce sont des agents de la police des frontières qui ont tué un infirmier samedi 24 janvier.

Publié le 28/01/2026

 

Alex Pretti faisait partie de ces milliers d’habitants de Minneapolis qui se sont mis à protester, ces dernières semaines, contre la chasse aux sans-papiers organisée par le gouvernement fédéral dans leur ville. Avant d’être assassiné, il filmait des policiers et s’interposait pour protéger une femme poussée à terre.

Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, a immédiatement qualifié Pretti de terroriste ayant voulu massacrer les membres de la police des frontières, qui n’auraient fait que se défendre. Pretti portait en effet un pistolet à la ceinture, pour lequel il avait un permis de port d’arme, qu’il n’a pas brandi et que les policiers lui ont pris. C’est donc un homme désarmé, qui n’avait que son téléphone en main, qui a été maintenu à terre et a reçu dix balles dans le dos. Même l’influente association du lobby pro-armes NRA a protesté contre l’idée que venir armé légalement à une manifestation, comme l’a fait Pretti et ce que font régulièrement les membres de la NRA, pouvait justifier d’être tué par la police !

Les mensonges proférés contre Alex Pretti et avant lui contre Renee Good, qui ne sont plus là pour se défendre, indignent et révoltent nombre d’Américains, pas seulement à Minneapolis. Des manifestants en colère se rassemblent pour protester, malgré le froid polaire. Ils s’organisent indépendamment des politiciens démocrates dont la seule préoccupation est de tirer un avantage électoral du dégoût grandissant qu’inspirent les méthodes inhumaines de ces bandes de brutes en uniforme.

Trump, qui a donné les ordres pour faire régner la terreur dans les rues de Washington, Los Angeles, Chicago et à présent Minneapolis, commence peut-être à s’inquiéter des conséquences politiques sur sa popularité et sur les chances des républicains aux élections de mi-mandat de novembre. Il a donc modifié son discours, évitant d’accuser directement Pretti, et promis de diminuer les effectifs de la police anti-immigration qui quadrillent la ville. Puis il a fait rappeler à Washington le responsable de la police des frontières qui opérait à Minneapolis. Mais c’est pour le remplacer par le sinistre Tom Homan, un de ses conseillers spéciaux qui a organisé l’expulsion des migrants adultes en les séparant de leurs enfants.

Trump est-il en train de reculer ? Ce serait dans ce cas contraint par les réactions de la population qui ne veut plus vivre sous la menace d’une police militarisée.

À Minneapolis, ces dernières semaines, l’ICE a également attrapé un enfant de cinq ans pour en faire un appât afin d’arrêter des membres de sa famille. Les policiers ont aussi aspergé de gaz au poivre une voiture avec trois enfants revenant d’un match de basket. Ils arrêtent des Amérindiens – les seuls que personne ne peut prendre pour des immigrés ! – en prétendant ne pas reconnaître leurs papiers d’identité. Ils ont aussi effectué une descente dans un lycée où les élèves ont été alignés sans aucune autre raison que leur inspirer de la peur. Ils ont tiré une femme handicapée hors de sa voiture par une fenêtre qu’ils avaient cassée. Ils cassent les vitres de véhicules, juste pour montrer qu’ils peuvent le faire impunément.

Au-delà du délire anti-immigrés et de la mégalomanie de Trump, l’objectif du gouvernement est de mettre au pas la population des grandes villes. Une population qui ne se laisse pas faire, comme celle de Minneapolis, est particulièrement visée car elle donne du fil à retordre aux sbires de Trump. En voulant que tous les citoyens se sentent forcés d’obéir, Trump prépare à sa façon la guerre à venir.

                                                  Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3000)

 

Brochure du Cercle Léon Trotsky

Les États-Unis sous Trump : l’autoritarisme au service du grand capital

Publié le 28/01/2026

 

Exposé du Cercle Léon Trotsky n°182 du 8novembre 2025

Prix 3euros. Envoi contre cinq timbres à 1,52 euro ou 5euros en chèque à lordre de Lutte ouvrière.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 1er février, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Politique migratoire : contre les travailleurs

 

Trump et ses semblables démagogues

 

 

Selon le ministère de l’Intérieur, les autorités ont expulsé 15 % de personnes de plus en 2025 par rapport à l’année précédente, et elles ont régularisé 10 % de personnes en moins. Avec la circulaire Retailleau, la durée recommandée pour délivrer une carte de séjour à un travailleur sans papiers est passée de cinq à sept ans de présence en France.

         Toutes ces restrictions pèsent comme des menaces sur la vie quotidienne d’une fraction des travailleurs. Il n’y a rien à attendre d’une société dont les dirigeants ne savent que se targuer de leur politique répressive face à la classe ouvrière. Il faudra imposer que chacun puisse circuler, vivre et travailler là où il le souhaite.

 

Capgemini : la chasse aux migrants rapporte…

Capgemini : la chasse aux migrants rapporte…

L’entreprise française de services informatiques Capgemini a été épinglée par l’Observatoire des multinationales pour son rôle au côté de l’ICE, la police de l’immigration américaine.

Publié le 28/01/2026

Avec un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards de dollars en 2024 et plus de 300000 employés dans le monde, Capgemini est un poids lourd de linformatique, qui se targue de «libérer les énergies humaines par la technologie» et même de préparer «un avenir inclusif et durable». Cest sans doute la poursuite de ce noble objectif qui a poussé la filiale américaine du groupe, Capgemini Government Solutions, à conclure un contrat de 365 millions de dollars pour fournir à l’ICE des moyens de tracer et de localiser les immigrés qui cherchent à lui échapper. Le contrat prévoyant des bonus financiers en fonction des «performances» de la police de limmigration de Trump, lentreprise doit se réjouir à chaque nouvelle déportation.

La diffusion d’un reportage sur ce sujet lors du journal de 20heures de France 2 du 26 janvier, a obligé la ministre des armées, Catherine Vautrin, à déclarer le lendemain que «les contrats des groupes français méritent toute vigilance» et que, tout de même, «le respect des droits de lhomme est un sujet». Quant à la direction de Capgemini, elle a supprimé de son site Internet le passage où elle se vantait d’aider «à réduire les délais et les coûts dans lexpulsion de tous les étrangers illégaux des États-Unis», et assure quelle cherchera à se renseigner plus précisément sur ce contrat.

Les arrestations brutales et le meurtre de deux opposants soulevant l’indignation sur les méthodes de l’ICE aux États-Unis, chacun a fait part de ses «préoccupations», de sa «vigilance» et bien sûr de son souci du «respect des droits de lhomme». Mais ce que le capitalisme respecte d’abord, c’est la loi du profit.

                                                Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3000)