Justice : celle des riches et des puissants, et celle des pauvres
La condamnation de Marine Le Pen et la décision d’exécution provisoire de sa peine d’inéligibilité de cinq ans ont déchaîné la polémique, avec des dénonciations du côté excessif de cette décision judiciaire, voire de son caractère discriminatoire.
Publié le 02/04/2025
Il ne faut pourtant pas renverser les rôles : les dirigeants politiques en vue, loin d’être maltraités, bénéficient de mesures de protection exceptionnelles, comparé au reste de la population.
Un chiffre peut illustrer cette situation, celui des personnes incarcérées en attente de leur jugement. Au premier février, elles étaient 21 631 qui croupissaient en prison, parfois avant d’être innocentées. Et puis le traitement est radicalement différent selon que l’on est au bas de l’échelle, ou bien que l’on occupe un haut poste dans l’administration ou la sphère politique.
Ce qui est considéré comme le bas peuple n’a bien souvent droit qu’à une justice expéditive. Pour des petits délits, on est jugé dans les procédures expéditives de la « comparution immédiate ». Leur nombre a augmenté, passant de 31 213 en 2000 à 60 348 en 2023. À l’issue de ce type de procès, avec un avocat nommé d’office, des peines de prison avec incarcération immédiate peuvent être prononcées. Et le marathon judiciaire se poursuit derrière les barreaux.
Quant aux procès concernant des notables des affaires ou de la politique, c’est une tout autre histoire. Un exemple est celui de la société Apollonia, qui se tient actuellement à Marseille. Il s’agit d’une escroquerie à l’encontre d’au moins 761 personnes, et qui atteint un milliard d’euros. Tous les accusés, du président directeur général à sa suite, comparaissent libres, et il aura fallu des années d’investigation pour qu’ils soient obligés de s’asseoir dans un tribunal. Il y a une véritable mansuétude de la justice à l’égard des hautes sphères de la société, et quand des juges ou des procureurs essaient de leur appliquer la loi, les instances supérieures sont là pour remédier à ce qu’elles considèrent comme des dérapages par rapport aux règles non écrites, mais bien réelles, qui s’appliquent à eux. Ainsi, bien des juges ou des procureurs qui avaient fait incarcérer un grand patron délinquant, voire un politicien, ont vu ce dernier libéré en quatrième vitesse par la chambre de l’instruction des cours d’appel. Pis, le magistrat du parquet trop respectueux de la loi peut se retrouver rapidement muté d’office, pour mettre fin à ses investigations.
Paul Sorel (Lutte ouvrière n°2957)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui vendredi 4 avril, de 15 h.45 à 16 h.30, marché du Val ;
-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;
Samedi 5 avril : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;
Dimanche 6 avril, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
Lundi 7 avril, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.