lundi 27 juillet 2020

Mesures contre la Covid : l’incurie au pouvoir


Loin des milliards consacrés aux grandes entreprises

 


Le fait que les masques désormais obligatoires restent payants et chers a provoqué une légitime indignation.
Après bien des contorsions, le ministre de la Santé a finalement annoncé que seules les 7 millions de personnes les plus précaires en recevraient gratuitement.
Attendons de voir de quelle façon cette décision prendra effet. Mais de toute façon c’est insuffisant, et il y aura une baisse, encore une, des revenus de la population laborieuse.
          Ce gouvernement ne trouve pas les sous pour protéger la population du virus, mais il continue d’abreuver de milliards les grandes entreprises…

Argenteuil : l’annonce d’un décès qui peinera bien des habitants du centre


Depuis des années, le kiosque du carrefour Babou dans le centre d’Argenteuil, permettait non seulement d’acheter des fleurs mais également des échanges de sociabilité entre les fleuristes et les passants.
         Le kiosque était tenu par un couple, José Manuel et son épouse, Brigitte Carbillet.
         José Manuel nous prie d’annoncer le décès de son épouse qui vient de disparaître suite à une grave maladie. Il indique également qu’il ne reprendra pas l’activité du kiosque. Nos condoléances donc, et pour notre part, un « salut et fraternité » particulier. DM

Argenteuil : la défaite de Philippe Doucet (2)


Pour nous, trotskystes, la fin ne justifiera jamais n’importe quel moyen

 
Prêt à tout pour arriver à... rien !

Dans une première brève, nous avons évoqué le cadre général et la personnalité de Philippe Doucet qui sont des éléments majeurs dans la défaite de sa liste et de ceux qu’il avait réussi à entraîner derrière lui. Nous aborderons aujourd’hui la campagne elle-même de l’équipe de Philippe Doucet, telle qu’elle a été vécue par un extérieur qui la juge calamiteuse.

         Georges Mothron a été capable d’intégrer dans sa liste au moins deux éléments de la « gauche ». Chacun peut apprécier cela à sa façon, mais ces transfuges ne portaient pas les « gamelles » de certains candidats accueillis sur la liste d’ « Argenteuil avec vous ». Je pense à un ex-adjoint de la liste de Georges Mothron. Le genre de candidat qui amène dix voix et qui en fait perdre cent. Je pense également à l’ancien directeur de cabinet de Philippe Doucet lors d’une partie du mandat 2008-2014. Un homme connu du personnel municipal comme étant sans aménité à son égard, alors que ce mandat portait plutôt un souvenir favorable parmi de nombreux employés territoriaux de l’époque.
         Le clou a été la fusion de la liste conduite par Philippe Doucet avec celle de Mme Fillette, ex-candidate primitive du petit clan Macron local, débarquée ensuite. Comme si ses électeurs du premier tour n’allaient pas en majorité se rallier à la liste Georges Mothron au second tour…
         En tout cas, ce ralliement a rendu pratiquement impossible la fusion entre la liste Philippe Doucet et celle conduite par Omar Slaouti.
         Il est à noter que ce dernier a fait un meilleur score au second tour alors que l’on aurait pu s’attendre au contraire.
         Sur un autre plan, comment des partisans de Philippe Doucet ont-ils à ce propos pu digérer le quatre-pages sur l’entretien de la ville digne d’un torchon d’extrême-droite, l’affiche scandaleusement non signée amalgamant la liste d’Omar Slaouti et celle de Georges Mothron, tout comme comment ont-ils pu accepter une responsabilité dans l’édition de tracts à visée communautariste ?
         Pour nous, la fin ne justifiera jamais la nature des moyens utilisés. Philippe Doucet a démontré qu’il avait un point de vue totalement opposé sur la question. 

         Philippe Doucet a détenu deux records lors de ces élections.
         Le premier est celui de la masse de tracts imprimés, sans parler de l’utilisation des vidéos et des réseaux sociaux. Un tract n’a d’utilité que s’il est lu ne serait-ce que par quelques habitants. Que s’il est un point d’appui pour les multiples discussions approfondies qu’aurait dû avoir les militants mobilisés. On peut faire l’hypothèse raisonnable que la lecture de ces tracts et le nombre de ces discussions a représenté une partie infime de l’ensemble du matériel produit.
         Le second concerne le nombre de participants aux concentrations du carrefour "Babou". Quel intérêt eurent ces rassemblements où des dizaines de partisans se rassemblaient aux quatre coins, lesquels auraient pu tenter de discuter ailleurs partout dans la Ville ? Bien sûr ces militants se musclèrent le poignet, mais écœurèrent un peu plus les passants  qui les évitaient. Piètre résultat !
         En 2008, la campagne à laquelle nous participions fut menée à quelques dizaines de personnes. Mais celle de 2014 initia ces carrefours Babou ridicules.
         Ces tracts et ces prestations ne servirent à rien. Nous ne savons pas si Philippe Doucet eut la conviction que l’élection serait recommencée en septembre, mais comme son adversaire, il fut absent du confinement. Ce fut pourtant un moment où les habitants auraient été heureux de lire des messages, une feuille hebdomadaire donnant des informations mais surtout les réconfortant.
         Les axes et le contenu des tracts des trois principales listes se ressemblèrent étrangement, et d’abord par l’étalage de listes de promesses à la Prévert. Dans la nuit tous les chats sont gris. Dans la confusion, l’électeur intéressé eut bien des difficultés à localiser son chat, d’autant plus que ceux de la concurrence étaient de la même couleur.
         Il eut pourtant été facile de se concentrer sur les quelques priorités locales qui disqualifiaient la municipalité sortante :
         -Certes la liste Philippe Doucet l'était elle-même dans l’affaire jean Vilar.
         Mais il y avait d’autres thèmes sur lesquels la municipalité Georges Mothron avait failli alors que l’action municipale y est néanmoins possible :
         -la construction d’écoles où son bilan était ridicule ;
         -le commerce où la situation est calamiteuse ;
         -la culture qui a connu dans la Ville après 2014 un incontestable recul ;
         -le logement pour tous qui est une priorité même si le pouvoir d’une municipalité est limité sur la question.
         Mais cela fut noyé dans une masse gigantesque de promesses et d’informations…  

         Nous évoquons cela non pas pour donner une leçon sur ce qu’il fallait faire, mais pour expliquer l’essentiel de la défaite de la liste « Argenteuil avec vous ». Pour notre part, avec nos très modestes moyens militants actuels, nous avions choisi un tout autre axe de campagne, celle de l’affirmation de nos convictions communistes, essentielles dans la période de crise approfondie qui s’est ouverte avec le Covid 19.        
         Les militants de la Liste de Philippe Doucet portent aussi, chacun au moins pour ceux qui s’y étaient vraiment engagés, une responsabilité personnelle, certes marginale, dans l’échec de cette campagne, et surtout dans les écarts décidés par la direction de cette campagne. Mais nous retrouverons des militants de cette liste dans les luttes de demain, des militants aujourd’hui très déçus et pour certains amers. Nous aimerions qu’ils discutent ce que nous affirmons ci-dessus, et qu’ils le fassent entre autres avec nous.
          Demain, nous aborderons la question de l'abstention à Argenteuil. DM

dimanche 26 juillet 2020

Condition ouvrière : « Performance collective » : Accords de Pauvreté Collective. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


« Performance collective » : Accords de Pauvreté Collective

22 Juillet 2020

Les chantages à l’emploi se multiplient dans les entreprises, avec l’alibi de la crise sanitaire. Les patrons demandent aux travailleurs d’accepter une aggravation de leurs conditions de travail ou une baisse de salaire, en échange d’une hypothétique préservation de leur emploi.

 


Cela prend souvent la forme d’un accord de performance collective à signer par les syndicats. Ce dispositif a été instauré par Macron en juillet 2017, bien avant que l’on parle du coronavirus. Il remplaçait et fusionnait d’autres accords du même type permettant d’exercer un chantage sur les salariés, à ceci près que désormais le patron n’est même plus tenu de justifier de difficultés économiques. Quant au travailleur qui en refuse les conséquences, il peut être purement et simplement licencié sans même bénéficier d’un licenciement économique.
Les travailleurs en grève de Derichebourg Toulouse qualifiaient en juin dernier l’APC signé par la direction et le syndicat FO d’ « Accord de Pauvreté Collective », ou « d’Accord Pour Crever ». Il les privait de leurs primes de transport et de repas, et une partie d’entre eux perdaient leur 13e mois. C’était 500 euros en moins par mois.
La précédente ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait appelé les patrons à utiliser largement ce dispositif, le présentant comme une alternative aux suppressions d’emplois. On ne compte plus les exemples prouvant le contraire. Les profits patronaux sont la seule chose que garantissent les accords aggravant l’exploitation des travailleurs en échange d’un maintien de l’emploi, total ou partiel.
À l’usine de Smart Hambach, Mercedes avait imposé en 2016 aux travailleurs de travailler 39 heures payées 37 en leur mettant le couteau sous la gorge. Aujourd’hui, cette entreprise se débarrasse de l’usine et 1 600 travailleurs sont menacés. Cela n’a rien d’exceptionnel. Quand la fermeture d’une usine est annoncée, on apprend bien souvent que les salariés avaient accepté des sacrifices dans l’espoir d’éviter cette issue. Les sacrifices en question ont enrichi les patrons, et les travailleurs prennent quand même le chemin de Pôle emploi.
Cette méthode s’apparente à celle du chef de la mafia dont la phrase favorite dans le film Le Parrain était : « On va lui faire une proposition qu’il ne pourra pas refuser. » Les mafiosi sont simplement remplacés par des DRH et, comme dans le film, le fait d’accepter la proposition ne garantit pas la survie.
On sait depuis longtemps que céder à un chantage ne fait que renforcer les maîtres chanteurs. Pour les travailleurs, la seule voie possible est celle de la lutte pour imposer leurs propres conditions.

                                                Daniel MESCLA (Lutte ouvrière n°2712)

SNCF : des subventions publiques sans conditions de maintien des postes


Vous reprendrez bien un peu d'aides ?

 


Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, se plaint que l'entreprise aurait perdu 4 milliards d'euros dans la crise sanitaire, auxquels il faudrait ajouter 1 milliard dû aux grèves contre la réforme des retraites.
Qu'importe, le gouvernement s'est empressé d'annoncer un plan d'aides. Il pourrait s'agir par exemple de financer les investissements en matériel indispensables à la place de la SNCF, ou bien de reprendre une partie de la dette. Mais comme pour toutes les autres entreprises qui ont reçu des chèques de l'État, il n'est pas question de conditionner ces aides au maintien des emplois ou des conditions de travail.

Accident sur l'A7 : commentaire viscéralement raciste


La bêtise haineuse, si révélatrice d’un cadre du RN

 


Une famille d'origine algérienne a subi un terrible incendie de voiture dans une descente de l'autoroute A7. 5 enfants sont morts et les 4 autres passagers grièvement blessés.
Parmi ceux qui ont déversé leur bêtise haineuse contre les victimes sur les réseaux sociaux, il y a Jean Messiha, cadre lepéniste qui a tweeté sur « une voiture surchargée rentrant du bled ».
La voiture revenait en réalité d'une sortie dans le Sud et a été victime d’une avarie mécanique qui, d'après l'expertise, a mis le feu et annulé ses capacités de freinage.
Mais le cerveau surchargé, lui, en mépris social de ce responsable du Rassemblement national ne rate pas une occasion de développer son venin.

États-Unis : Trump montre ses muscles


Un incendiaire qui vise les imbéciles

 


Alors que le mouvement contre le racisme et les violences policières continue aux États-Unis, avec des manifestations quotidiennes dans certaines villes, Trump fidèle à lui-même et à son électorat réactionnaire a annoncé « une forte hausse des forces de l'ordre fédérales dans les populations affectées par la criminalité violente ». Il vise, c’est évident pour tout le monde, la communauté afro-américaine. Mais la colère populaire contre les inégalités, contre les discriminations, contre la police ne faiblit pas. Ces annonces risquent au contraire d'attiser les flammes.

Argenteuil, élections municipales 2020, l’échec de l’équipe de Philippe Doucet (1)

Les partisans et les électeurs qui ont espéré dans la victoire de Philippe Doucet appartiennent pour la plupart au monde du travail. Dans les combats futurs, locaux ou autres, nous espérons que nous nous retrouverons ensemble. Au moins pour quelques-uns d'entre eux. C’est dans cette mesure que nous revenons sur l’échec de la liste dans laquelle ils avaient mis leurs espoirs. DM

Une carrière politicienne poursuivie, une absence de continuité locale

 
Du côté de la dépolitisation du monde du travail

Nous comprenons que tous ceux qui ont cru en la victoire aux élections municipales de leur chef Philippe Doucet soient déçus. Certains ont vu leurs espérances personnelles s’envoler. D’autres avaient mouillé la chemise et ont constaté que c’était sans résultat. D’autres encore étaient convaincus que la victoire qu’ils visaient allait amener un paradis face à l’apocalypse représenté par son adversaire.
         Les uns et les autres sont déçus, et encore une fois, chacun peut le comprendre aisément. Mais pourquoi tant d'efforts pour un si piètre résultat. Nous aimerions échanger avec ceux pour qui cette réponse importe.
         D’autant plus que nous retrouverons nombre d’entre eux dans les activités que nous menons et les luttes qui auront lieu et auxquelles nous participerons. C’est à ceux-là qui ne sont ni des ennemis, ni des exploiteurs, ni même des concurrents, auxquels je m’adresse.
         On ne peut pas dire que cet échec est dû aux autres. Lorsque notre liste obtient 2%, ce n’est pas la faute des autres. Il y a un certain nombre de raisons pour cela. Nous nous présentions sur la base de notre programme communiste et trotskyste. Notre réseau d’influence est limité. Nous subissons comme d’autres la dépolitisation du monde du travail. La configuration et le nombre des différentes listes nous étaient défavorables. Etc.
         Et vous ?
         Vous avez été desservis par la personnalité de votre chef, et par de mauvais choix politiques, cela à côté d’autres facteurs.
         Philippe Doucet a sa part de responsabilité dans la dépolitisation qui touche particulièrement les milieux populaires. Les réseaux de gauche, et en premier lieu leurs chefs, ont soutenu les aléas des gouvernements Mitterrand-Jospin-Hollande, pour résumer, au service du Capital, et durs avec les travailleurs.
         Si quelques-uns n’ont pas oublié et pour lesquels il n’est pas question d’oublier ce genre de choses (comme vous le savez, nous en sommes), le problème est surtout que cette histoire a imprégné insidieusement la conscience des larges masses d’individus en entraînant désintérêt et écœurement. 54 0000 électeurs à Argenteuil pour plus de 110 000 habitants ! Vous les avez rencontrés ces travailleurs qui ne sont plus inscrits sur les listes électorales. Ces travailleurs immigrés de longue date qui vous ont exprimé leur amertume de n’être toujours pas électeurs après des décennies de sacrifice de leur vie au travail… Moins de 20 000 votants pour plus de 110 000 habitants au second tour des Municipales !
         Philippe Doucet ne s’est jamais cantonné d’être un modeste notable local. Ses espoirs visaient à obtenir dans la queue de la comète Valls un poste de ministre. Ce n’est sans doute pas cela qui l’a fait perdre à Argenteuil, mais il a contribué par cela à cette dépolitisation dont l’abstention record est un aspect.
         Et puis, ses objectifs de carrière personnelle l’ont considérablement occupé, après sa défaite de 2014. Occupé à Paris, virevoltant dans les médias, froufroutant autour de Valls, il a oublié Argenteuil. Il y fut encore un peu de 2014 à juin 2017 comme député d’Argenteuil-Bezons, mais il y disparut de cette date à, disons, jusqu’au début 2019.
         Je pense que Philippe Doucet considère que par une campagne formidable on peut rattraper le temps perdu. Mais c’est une vision profondément erronée. L’activité politique a besoin de continuité, d’une continuité sans faille. C’est cela qui permet de construire.
         Philippe Doucet a certainement des qualités de rayonnement personnel, mais il en a aussi dans l’art de se faire des ennemis. Si à Conjugue, certains lui ont pardonné apparemment, autour de Conjugue, sans doute plus nombreux ont été ceux qui se souviennent. L’affaire du Temple d’Argenteuil a également laissé des traces. Jean Vilar également, nous n’y reviendrons pas. Une autre que nous évoquions il y a quelques mois sur le présent blog, celle de l’affaire de L’Agora, ce lieu inutile initié par Philippe Doucet en  tant que responsable d’AB-Habitat. Ceux qui sont intéressés peuvent rechercher sur notre blog ce que nous en disions… En tout cas, cela fait déjà beaucoup.
         Mais il y a aussi le type de la campagne à laquelle ses partisans ont beaucoup donnée, et le type d’alliances que Philippe Doucet a décidées et qui vous ont finalement particulièrement handicapés. C’est ce que je développerai demain, en toute fraternité encore. DM