mercredi 2 décembre 2020

Migrants et travailleurs « sans-papiers », à Pontcharra (Isère), un bel exemple de solidarité ouvrière : Lydia vit ici, travaille ici, elle reste ici !

 

Quels soient notre origine, notre statut, une seule classe ouvrière !

  


C’est avec joie et larmes que Lydia Guinnou-Veyrat et ses collègues de travail ont appris la bonne nouvelle : l’obtention d’un titre de séjour pour cette aide-soignante d’un Ehpad de Pontcharra, petite ville de l’Isère, proche de Chambéry.

         Originaire du Bénin, venue en France en mai 2019, et après le décès de son mari français, Lydia avait obtenu un CDI et espérait le renouvellement de son titre de séjour. Mais le préfet de Savoie, département où elle habite, en avait décidé autrement en lui signifiant une OQTF (obligation de quitter le territoire) au prétexte qu'elle « ne justifiait d'aucune insertion particulière dans la société française » ! Un comble pour une aide-soignante qui n’a pas ménagé sa peine en pleine épidémie.

         Face à la mobilisation de ses collègues de travail et à la vague d’indignation bien au-delà de la ville, Olivier Véran et Marlène Schiappa, se disant “émus” par la situation de Lydia, annoncèrent qu’ils lui avaient décroché un titre de séjour. Mais personne n’est dupe et tous savent que sans leur mobilisation, Lydia n’aurait rien eu.

mardi 1 décembre 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 30 novembre 2020

 

Police, une violence À l’image de la société d’exploitation !

30/11/2020

 


« Stop à la loi Sécurité globale », « Souriez, vous êtes… tabassés », « Vos armes contre nos caméras », samedi dernier, dans tout le pays, des centaines de milliers de manifestants ont défilé contre les violences policières et l’interdiction de filmer l’action de la police que veut imposer le gouvernement. La colère et l’émotion étaient d’autant plus vives que tout le monde avait à l’esprit les images insupportables du tabassage violent et raciste dont Michel Zecler a été victime.

Ces images montrent comment les policiers se comportent quand ils se croient à l’abri des regards. Sans elles, nous ne saurions rien de cette agression. Pire, la victime serait peut-être sur le banc des accusés, comme cela est arrivé bien des fois. Alors, filmer et témoigner des interventions policières ne relève pas seulement de la liberté d’information et de la presse, c’est aussi une façon élémentaire de se défendre.

À propos du passage à tabac de Michel Zecler, Darmanin a pointé des policiers « qui ont déconné » ! Mais quand trois policiers suivent une personne chez elle, la rouent de coups pendant quinze minutes, appellent du renfort pour l’arrêter puis écrivent de faux procès-verbaux, tout cela pour une histoire de masque non porté, cela s’appelle un déchaînement de violence gratuite et raciste. Et c’est en relativisant les faits, comme le fait Darmanin, que les policiers s’en sentent permis !

Comme Darmanin, une bonne partie des dirigeants politiques ont toujours nié les violences policières. « Ne parlez pas de répression, de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un état de droit », disait Macron en mars 2020. En juin dernier, suite à la mort de Georges Floyd aux États-Unis, Le Pen déclarait que « non il n’y pas de problème de violences policières », et elle continue de le faire !

Couvrir les exactions et les laisser impunies, répéter leur confiance dans l’institution policière, tous les gouvernements le font, gauche et droite confondue. De Sarkozy à Valls, d’Hortefeux à Castaner, tous les ministres de l’Intérieur ont posé au premier flic de France. Aujourd'hui encore, ils veulent faire croire qu’il ne s’agirait que de quelques brebis galeuses. Mais vu le nombre d’exactions, il faut plutôt parler d’un troupeau contaminé ! Autant dire qu’il ne faut pas compter sur le pouvoir pour dénoncer ou combattre les violences policières !

Les gouvernements ont trop besoin de la police pour prendre le risque de la critiquer et de l’affaiblir : elle est leur dernier recours pour imposer leur politique antiouvrière et faire accepter un ordre social injuste et inégalitaire.

Qu’une partie de la police et de sa hiérarchie soit d’extrême droite, ait des préjugés racistes et anti-pauvres, n’est ni une découverte ni un problème pour les dirigeants. Quand on a besoin de femmes et d’hommes prêts à imposer l’ordre dans les quartiers populaires et immigrés, y compris de la façon la plus violente qui soit, c’est même un atout !

Croire qu’il suffirait de limoger Lallement, le préfet de police de Paris, ou Darmanin, de réformer l’IGPN, la police des polices, ou de mieux former les policiers pour avoir une police anti-raciste capable d’amener la paix, est une illusion. Cette police-là n’existera jamais car sa raison d'être est d'imposer que les exploités, les pauvres, les oubliés restent à leur place.

La police fait œuvre utile quand elle se porte au secours de la veuve et de l’orphelin, mais son rôle fondamental est répressif. Il est d’imposer une légalité où la prospérité d’une minorité capitaliste est fondée sur l’injustice, les sacrifices et les souffrances de l’écrasante majorité. Sans ce pilier autoritaire et répressif, l’ordre capitaliste ne tiendrait pas debout. Et c’est encore plus vrai avec la crise économique qui fait exploser le chômage et la pauvreté et aggrave le pourrissement de la société.

Depuis déjà plusieurs années, le pouvoir entasse les lois sécuritaires au prétexte de lutter contre la délinquance, les trafics et le terrorisme, mais aussi pour réprimer les contestations sociales comme celle des Gilets jaunes.

Dans cette période de crise où le gouvernement et les capitalistes imposent de nouveaux sacrifices aux travailleurs et préparent le recul inédit de nos droits, ils s’attendent aussi à des réactions sociales. Et ils se préparent à les museler et les mater, y compris de façon violente. Alors oui, le cours réactionnaire et autoritaire va s’accélérer et, avec lui, le sentiment de toute-puissance des policiers. Ceux qui se mobilisent et ne veulent pas de cette évolution doivent comprendre le lien qu’il y a entre ces violences et la société d’exploitation. On ne se débarrassera pas du racisme et des violences policières sans remettre en cause le fondement capitaliste de l’ordre social.   

 

 

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Argenteuil, travailleurs ! L’occasion, vendredi, de commencer à nous retrouver !

 

L’occasion d’affirmer que les combats sont devant nous. Une étape pour leur préparation.



L’Union Départementale CGT du Val d’Oise appelle à une « retraite aux flambeaux » vendredi 4 décembre prochain. A Argenteuil. Lieu symbolique de rassemblement : l’hôpital d’Argenteuil Victor Dupouy. 18 heures. Lutte ouvrière se joint à cet appel.

 

 

L’Union Départementale CGT du Val d’Oise appelle à une « retraite aux flambeaux » vendredi soir dans le centre d’Argenteuil, avec un rendez-vous dans un lieu symbolique, l’hôpital Victor Dupouy. La CGT évoque les emplois, les salaires, la santé qu’ils nous « volent ».

         Les voleurs de vie, c’est la classe bourgeoise, avec ses gigantesques fortunes, résultat de l’exploitation du monde du travail.

         La crise, présente depuis des décennies, s’accélère aujourd’hui. Nos exploiteurs redoublent d’activité pour voir leurs profits maintenus, en dégradant les conditions de travail, en érodant les revenus, en licenciant, en accroissant le nombre de chômeurs, et en entraînant un peu plus le recul des relations sociales.

         Pour résister, les combats sont devant nous. Nous aussi, nous allons avoir besoin, vite, de développer notre activité.

         Toutes les occasions où nous pouvons discuter pour préparer les combats qui nous attendent sont bonnes à prendre. Justement, cette initiative de vendredi est de celles-là. Bien évidemment, Lutte ouvrière sera présent vendredi et appelle tous ses proches d'être au rendez-vous. DM