mardi 2 avril 2019

Nathalie ARTHAUD commentait l’actualité dimanche sur LCI : Changements de têtes, mais la continuité d’une politique au service du grand capital

Vinci, le Mondial de foot et l’esclavage salarial


Conditions effroyables pour profits à milliards

 
Le Qatar (Wikipédia)

Des plaintes ayant été déposées contre Vinci, le numéro 1 mondial du BTP veut donner le change sur le quasi-esclavage qu'il impose à des ouvriers indiens, népalais ou bangladais sur ses chantiers du futur Mondial de football au Qatar.
Vinci invite donc des journalistes à constater ses exploits techniques au Qatar. Ces exploits sont en fait réalisés par ces ouvriers qui touchent 450 euros par mois et vivent dans des conditions effroyables, grâce à quoi Vinci encaisse des milliards de profits.

Hôpital de Beaumont sur Oise (Val d’Oise) : appel à manifester


Des économies ignobles sur la santé de tous





Samedi 6 avril, une manifestation partira de Chambly en direction de l’hôpital de Beaumont sur Oise.
Les autorités voudraient fermer les services néonatologie, réanimation, pédiatrie et chirurgie de cet hôpital, supprimant 90 lits et 200 postes de travail !
Encore une fois, ce sont des économies sur la santé de la population, tandis que le même gouvernement refuse tout retour à l’ISF !

Rendez-vous samedi 6 avril 13h place Charles de Gaulle à Chambly.

Crèches : l’heure est à la mobilisation


Cent pas en arrière, c’est la politique du gouvernement


A Tours, le 28 mars

200 salariées des crèches de Tours et d’autres villes du département, ainsi que des parents, se sont rassemblés devant la préfecture, à l’appel des syndicats et du collectif « Pas de bébés à la consigne ». À Tours, 16 crèches sur 19 étaient fermées.
« Les bébés ne sont pas des packs de lait qu’on empile », ou bien « Ce ne sont pas des sardines ». Avec leurs pancartes, slogans, chansons, elles ont dénoncé les projets du gouvernement qui visent à dégrader encore les conditions de travail des personnels, et les conditions d’accueil des enfants.
Le gouvernement a en effet annoncé une réforme concernant l’accueil de la petite enfance. La réduction de la surface d’accueil à 5.5 m² dans les grandes villes contre 7 m² actuellement est envisagée, ainsi que la « modification » du taux d’encadrement.
Lors du rassemblement, des salariées dénonçaient le fait que, dans certaines structures, l’espace est tellement étroit qu’il est difficile de se glisser entre les lits. Et ils voudraient en rajouter !
Quant au taux d’encadrement des enfants, c’est le manque criant de personnel, conduisant à de nombreux burn-out et arrêts maladie, qui avait déclenché une grève massive des salariées des crèches de la ville de Tours en juin dernier. Leur mouvement avait imposé à la municipalité un certain nombre d’embauches.
Les salariées de la Petite Enfance ne veulent pas voir leurs conditions de travail s’aggraver encore, elles ont raison de compter sur leur mobilisation.

Partout dans le pays, les travailleuses et travailleurs des crèches se retrouveront dans ce tableau. La situation à Argenteuil n’y échappe pas.

lundi 1 avril 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 01/04/2019


Pendant les discours électoraux, la guerre contre les travailleurs continue

Dimanche 31 mars, c’était la fin de la trêve hivernale. D’après les chiffres de la Fondation Abbé Pierre, les expulsions locatives ont bondi de 46 % en dix ans. En 2017, plus de 15 500 ménages avaient été expulsés par une intervention de la force publique. Et la Fondation souligne que le travail, trop précaire et trop mal payé, «ne protège plus du risque de perdre son logement ».

Quant aux annonces faites le lendemain, elles ressemblent à un mauvais poisson d’avril ! Avec 0,3 % de revalorisation de plusieurs prestations sociales, on est tellement en-dessous de l’inflation que personne n’a osé dire qu’il s’agirait d’un coup de pouce pour le pouvoir d’achat.

C’est dans ce contexte que les troupes du gouvernement se lancent dans la campagne des Européennes. Nathalie Loiseau, ex ministre, a revêtu ses habits de candidate et les discours et promesses qui vont avec. Mais la réalité pour les classes populaires, c’est une société où il est de plus en plus difficile de vivre dignement et où les attaques contre les conditions de travail et de vie se succèdent.

Les moyens en baisse pour l’école ont mis dans la rue des dizaines de milliers d’enseignants et de parents. Dans le reste de la Fonction publique, l’objectif de supprimer 120 000 emplois est toujours d’actualité. Pour résumer l’esprit de la réforme présentée la semaine dernière, le ministre des Comptes publics Darmanin a précisé que « l’État doit être un meilleur DRH ». Il veut avoir les mains libres pour embaucher davantage de précaires, contraindre les travailleurs à la mutation, voire au départ.

Cette réforme a été précédée de l’habituelle campagne contre les prétendus « privilèges » des fonctionnaires. Dans le monde du patronat et du gouvernement à son service, les attaques contre une catégorie de travailleurs sont toujours justifiées ainsi. Les reculs ayant déjà été imposés à d’autres, le gouvernement voudrait les faire subir à tous et faire passer cela pour de la justice !

Quant aux retraites, de plus en plus de voix s’élèvent dans le gouvernement pour dire qu’il faudra bien se résoudre à reculer l’âge de départ, pour aller jusqu’à 65 ans. Au nom de la sauvegarde du système de retraites par répartition pour les générations futures, bien sûr ! De nombreux salariés arrivent à l’âge actuel de la retraite en étant déjà sans travail. Alors, reculer encore l’âge de départ, cela signifie économiser de l’argent sur le dos des retraités en leur versant des pensions amputées.

Le gouvernement justifie les attaques présentes, passées et à venir au nom de la lutte pour l’emploi, pendant que les grands groupes, riches à milliards, continuent à les supprimer massivement. Qu’il s’agisse de fermetures de sites, comme l’usine Ford de Blanquefort ou les papeteries Arjowiggins dans la Sarthe et dans l’Aisne, ou de plans de licenciements comme chez Castorama ou Carrefour, des centaines de travailleurs et leurs familles risquent la catastrophe sociale.

L’économie capitaliste est engluée dans une crise permanente. C’est l’exploitation accrue, l’augmentation du chômage et de la précarité qui permettent à la grande bourgeoisie de continuer à augmenter ses profits. Ces milliards qui s’accumulent dans les coffres des classes riches ne s’investissent pas dans la production mais vont grossir les flux de la spéculation, augmentant la menace d’un nouveau krach boursier à l’échelle mondiale.

Dans la campagne européenne, il y aurait, d’un côté, un Bardella, poulain de Le Pen, ou un Salvini, ouvertement xénophobes et nationalistes, qui font mine de s’insurger contre la « dictature de Bruxelles ». Et, de l’autre côté, on aurait de prétendus progressistes, favorables à l’Europe, comme Merkel ou Macron. Tous nous mentent !

Dans les deux cas, derrière les discours, ce sont des politiciens au service du grand patronat. C’est la bourgeoisie qui est à l’origine de cette Union bancale qui sert ses intérêts. C’est aussi elle qui se retranche derrière son État national quand c’est bon pour ses profits. La fausse alternative entre pro et anti Union européenne conduit les travailleurs dans une impasse, car elle cache la seule véritable opposition dans cette société : celle entre les exploités et leurs exploiteurs.

La liste Lutte ouvrière, conduite par Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, met en avant la nécessité de contester la domination de la bourgeoisie sur l’économie. Affirmer les intérêts du camp des travailleurs contre le grand capital est le seul geste utile que le monde du travail pourra faire avec son bulletin de vote.