jeudi 9 juillet 2020

Dassault-Argenteuil, bulletin Lutte ouvrière de l'entreprise du lundi 6.07.20.


Remaniement gouvernemental : Macron poursuit son chemin, les travailleurs doivent reprendre celui de la lutte

     Après une gestion de crise sanitaire catastrophique et une raclée aux Municipales, Macron tente de donner un second souffle à son quinquennat. Mais en remaniant son gouvernement, il ne fait même pas semblant de se renouveler. Pour l’essentiel, ce remaniement a été un jeu de chaises musicales. Il a mis Pierre à la place de Jacques et Jacques à la place de Paul en prenant soin d’éjecter les ministres les plus discrédités par ces trois années de pouvoir. La seule nouveauté est l’arrivée de Jean Castex au poste de Premier ministre. C’est un élu local de droite qui avait sa carte chez Les Républicains, comme Edouard Philippe.
     Un clone en quelque sorte, mais avec des états de services auprès de la bourgeoisie encore plus fournis. Car si Castex est inconnu du grand public, les cercles du pouvoir, eux, le connaissent bien. Formé à l’ENA, haut fonctionnaire à la Cour des Comptes, directeur de cabinet de Xavier Bertrand, bras droit de Sarkozy et, plus récemment, délégué interministériel aux JO, et Monsieur déconfinement, Castex est un grand commis de l’État. Il fait partie de ce vivier de hauts fonctionnaires, qui sans être connus de la population, assurent la continuité du pouvoir en servant loyalement la bourgeoisie.
     Un de ses forfaits est d’avoir œuvré en 2005 à l’instauration de la tarification à l’acte dans les hôpitaux, la « T2A », pour les faire fonctionner selon les critères de rentabilité des entreprises. Il fait donc partie des responsables qui ont imposé une politique d’économies dans les hôpitaux, dont on mesure tous, avec l’épidémie, combien elle est criminelle. Aujourd’hui, les hospitaliers veulent en finir avec cette gestion comptable. Ils se mobilisent pour des revalorisations et des embauches. Ils doivent savoir qu’ils le trouveront sur leur chemin.
     Pour montrer qu’il n’est pas à classer parmi les mous, Castex a fait son premier déplacement dans un commissariat pour assurer les policiers de son soutien. Cela vaut tout un programme : ce n’est plus Castaner qui usera de la matraque, mais Darmanin qui la maniera tout aussi bien. Ce remaniement est sans ambiguïté. Macron poursuivra sur son chemin : une politique dure aux travailleurs et aux plus pauvres, douce au grand patronat et aux plus riches. Une mesure en est le symbole : la reprise de la réforme des retraites et un allongement de la durée des cotisations car, affirme-t-il, « il faut travailler plus tout au long de sa vie ».
     Macron nous reparle de travailler plus et veut durcir les conditions d’accès à la retraite, alors qu’il n’y a pas un jour sans que soient annoncées des fermetures d’usines ou des plans de licenciements ! Du haut de son arrogance, il nous explique qu’il « faut mettre fin à cette maladie française qu’est la préférence au chômage » ! Mais qui préfère mettre les travailleurs au chômage, si ce n’est les licencieurs de Renault, Airbus, Sanofi ou Nokia ? Mercedes a annoncé la vente de son usine Smart de Moselle. 1600 travailleurs risquent de se retrouver sur le carreau. En 2016, la direction leur avait imposé de travailler 39 heures payées 37. Ces sacrifices ont engraissé les actionnaires, et maintenant les travailleurs sont mis à la porte : voilà à quoi mène le baratin autour des efforts partagés et du dialogue social !
     Pour défendre nos emplois et nos salaires, il va falloir nous battre contre des actionnaires rapaces et contre le gouvernement. Oui, la crise est là et l’activité de certains secteurs s’est effondrée. Le gouvernement a déployé des plans de soutien record et il est prêt à prolonger les mesures de chômage partiel, payé avec nos impôts. Mais il ne veut contraindre le grand patronat à rien. Eh bien, puisqu’il ne veut pas contrôler ce qui est fait de cet argent, les travailleurs vont devoir l’imposer par la lutte collective !
     Partout les patrons se livrent à un chantage odieux : ou tu baisses ton salaire, ou perds tes congés, ou tu travailles plus longtemps, ou on supprime ton emploi. Partout il faut que les salariés se battent pour imposer la transparence sur les comptabilités. Qu’est-ce qui a été versé aux actionnaires ces dernières années ? Quelles sont les entrées et les sorties ? Quelles sont les réserves ? À quoi sert l’argent public versé à l’entreprise ? Les dividendes que les travailleurs ont sués pendant des années ne se sont pas volatilisés, ils sont concentrés dans des fortunes folles.
     Cet argent doit servir dans cette période de crise pour l’essentiel : répartir le travail entre tous sans perte de salaire !                                               

LARMES DE CROCODILE

     Trappier va nous annoncer ce mardi, à quelle sauce il veut nous faire payer la crise. Il en a tellement fait pour nous convaincre qu’il y aurait trop de travailleurs, à commencer par les ajusteurs, et pas assez de travail qu’il n’y a pas beaucoup de suspens : il va encore pleurer.
     Il tombe le masque, faut-il qu’on lui amène des mouchoir ?

c’est lui qui a besoin de nous
     On se souvient qu’il y a peu, il pleurait au contraire pour nous convaincre de continuer à travailler, sans masques, alors que l’épidémie progressait vitesse grand V.
     On lui avait imposé la fermeture de l’usine. Il connaît notre force collective, nous aussi.

Personne n’est de trop
     La direction parle de 130 ajusteurs en trop ? Ah bon ? En trop, mais par rapport à quoi ? Tout le monde n’aurait pas besoin de son salaire pour vivre ?
     Il y a suffisamment de boulot pour que tout le monde travaille en répartissant le travail entre tous.
     Il n’y aurait pas assez d’argent pour maintenir les salaires ? Personne n’y croit.


Sauver la filière ou les emplois ?
     Trappier en chef de file de l’aéronautique a récupéré 7 milliards d’euros pour « sauver la filière ». Rien que sur l’usine, l’effectif a baissé de plus de 300 personnes sur les dernières années. La direction a aussi supprimé l’emploi de centaines d’intérimaires et de sous-traitants.
     La seule filière qu’il sauve, c’est celle des profits.

Un pognon de dingue ...
     L’argent public coule à flot vers l’entreprise. Les emplois diminuent mais tous les ans, l’entreprise fait des centaines de millions d’euros de bénéfices est la trésorerie est bloquée à 4,5 milliards d’euros.
     On sait ou prendre l’argent pour sauver les emplois.

Il s’accroche aux branches
     Bouchon d’oreille fait actuellement une séance de rattrapage sur le port du masque. Nous on veut bien qu’il s’intéresse soudain à notre santé mais on se souvient aussi qu’au plus fort de l’épidémie, il comptait surtout nous garder à l’usine… quelques soient les risques et sans masques.
     Bref, pour le respect de notre sécurité, on a su lui imposer bien mieux que ses rodomontades actuelles.

demasquéE
     A l’entrée, pour avoir droit aux masques il faut être embauché « Dassault ». Pourtant, chacun d’entre nous, quelque soit son contrat, est un vecteur potentiel pour tous. Le virus ne fait pas de distinction entre les contrats respectifs.
     Pour quelques euros, la direction le fait.

Docteur trappier
     La direction a placé au magasin, un ajusteur de retour d’un déplacement en Inde, pour « éviter un éventuel risque de contamination » prétend-elle. Le risque est-il moindre au magasin qu’à l’atelier ?
     Pour éviter tous risque il y avait aussi la quarantaine sanitaire chez lui. C’était trop cher ?

Santé publique : il n’y a pas que les masques
Plusieurs ex-ministres de la Santé ont été auditionnés par les députés pour expliquer leur rôle avant l’épidémie. Ils ont tenté de se justifier à propos notamment du problème du manque de masques. Mais ils n’ont pas été interrogés sur le manque de lits, de moyens, de personnel dans les hôpitaux. Autant d’insuffisances dramatiques imposées par les gouvernements successifs, appuyés par des budgets votés par ces mêmes députés. Et c’est pourquoi les travailleurs de l’hôpital étaient nombreux dans les rues, le 30 juin, pour faire entendre leur colère face à un Ségur de la Santé qui leur promet des clopinettes.

26 et 27 septembre : la Fête de Lutte Ouvrière

N’ayant pu avoir lieu à cause de la pandémie à la Pentecôte, la 50e Fête de Lutte Ouvrière aura lieu le dernier week-end de septembre, samedi 26 et dimanche 27, dans un parc boisé à Presles (95). Au programme : concerts, librairies, arboretum, accrobranche, préhisto-parc, jeux et bons petits plats. Des débats avec des militants ouvriers de l’automobile ou de la santé, des écrivains ou des scientifiques. C’est une bouffée de fraternité à ne pas manquer. Nathalie Arthaud y tiendra un meeting chaque jour à 15 heures. La carte d’entrée à l’avance, 10 euros pour les deux jours, est en vente auprès de nos militants ou sur le site fete.lutte-ouvrière.org



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