jeudi 31 mai 2018

Grève des cheminots, le point sur le mouvement après deux mois. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître



Le bras de fer continue
La direction de la SNCF, largement relayée par les médias, a continué la campagne de désinformation qu’elle alimente depuis le premier jour : « Épilogue en vue », selon Challenges, « la mobilisation s’essouffle », pour Le Figaro. Pourtant les 28 et 29 mai, deux mois après le lancement du mouvement de grève, celui-ci tenait toujours bon. 

Si la participation aux assemblées générales était souvent moins fournie que précédemment, le nombre de grévistes se maintenait. Ainsi mardi 29 mai, d’après la SNCF elle-même, ce chiffre était, tous collèges confondus, de 14,4 %, c’est-à-dire exactement le même pourcentage que le mercredi 9 mai, trois semaines plus tôt. Hormis le 14 mai, « journée sans cheminot », avec une mobilisation exceptionnelle, ce chiffre est stable depuis trois semaines à l’échelle nationale. Il en va de même pour les deux catégories les plus mobilisées : les agents de conduite, en grève à 51,4 % le 29 mai (53 % le 9 mai), et les contrôleurs, en grève à 46,7 % (45,5 % le 9 mai). À l’exécution, le pourcentage varie de 22 à 25 % sans fléchissement. 

Le maintien du nombre de grévistes signifie aussi que si certains reprennent le travail tel jour ou telle semaine, ils sont remplacés par d’autres sur le front de la grève. En tout, celle-ci a mis en branle des dizaines de milliers de cheminots et le nombre de participants au Vot’action contre le pacte ferroviaire, les deux-tiers des cheminots, soit 90 000, en est sans doute un bon reflet. 

Surtout, malgré la fatigue, malgré les retenues sur salaires, malgré la désinformation, beaucoup font preuve d’une détermination exemplaire, participant à tous les jours de grève du « calendrier » et parfois au-delà comme lors des journées du 22 mai avec les fonctionnaires ou du samedi 26 pour participer aux manifestations. Organisant des piquets de grève et des tournées, participant aux assemblées, allant s’adresser aux travailleurs d’autres entreprises, participant avec enthousiasme aux diverses actions et manifestations, ces milliers de cheminots sont le cœur battant de la grève, une fraction consciente de mener, quel qu’en soit le résultat final, une lutte indispensable pour leur propre avenir et celui de leur classe sociale.

Les manœuvres du gouvernement 

L’annonce de la reprise de 35 milliards de dette de SNCF Réseau, présentée en fanfare comme un cadeau aux cheminots, a été reçue dans leurs assemblées pour ce qu’elle est : une manœuvre. Les cheminots ne sont en rien concernés par cette dette, creusée pour alimenter les coffres forts des bétonneurs et des banquiers. 

De la même façon, les amendements retenus en commission du Sénat concernant le transfert des cheminots au privé, ne font que confirmer le chantage au licenciement. Ainsi le refus du salarié, qui est affecté au moins à 50 % dans le service concerné, « constitue le motif de la rupture de son contrat de travail, qui est prononcée par le cessionnaire et prend effet à la date effective du changement d’attributaire ». S’il est affecté à moins de 50 % dans le service privatisé, la SNCF lui fera « une offre d’emploi disponible situé dans la même région ou, à défaut, situé sur le territoire national dans l’entreprise », en clair à l’autre bout du pays. En cas de refus, il sera licencié moyennant une indemnité à fixer en conseil d’État. 

Alors, quels que soient les débats au Sénat, et si certains dirigeants syndicaux ont laissé entendre qu’ils pourraient sortir du mouvement à cette occasion, ce n’est absolument pas le sentiment des grévistes. Il est clair qu’il n’y a aucun recul gouvernemental et c’est au contraire la destruction de leurs conditions de travail et de leur emploi qui est programmée par ce pacte ferroviaire. 

Bon nombre de cheminots savaient dès le début que la lutte serait difficile. Elle l’est. Mais en contestant depuis deux mois, avec leurs armes de classe, la politique du gouvernement, ils font la preuve que, loin d’être tout puissants, les bourgeois et politiciens sont incapables de se passer des travailleurs pour faire fonctionner l’économie. Plus le mouvement dure, plus cette démonstration peut pénétrer la conscience de millions de travailleurs. Personne ne connaît aujourd’hui l’issue de cette lutte, mais en tout cas, elle ne peut que hâter celle, plus générale, du monde du travail. Alors vive la lutte des cheminots !

                                             Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2600)


Capitalisme : secret des affaires pour d’utiliser tous les moyens afin d’augmenter les profits à l’abri des regards indiscrets


Secret des affaires : la loi du silence

Jeudi 24 mai, une commission de députés et de sénateurs s’est accordée sur un projet de loi sur le secret des affaires. Il vise à attaquer tous ceux, lanceurs d’alerte, salariés, syndicalistes, journalistes, militants associatifs, qui voudraient dénoncer les malversations de dirigeants des groupes capitalistes.
Ainsi, d’après un collectif de journalistes, de syndicats et d’associations, la définition du secret des affaires est « si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie », au point que « des scandales comme celui du Mediator ou du Bisphenol A, ou des affaires comme les Panama papers ou Luxleaks pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens ».
Dans la plupart de ces affaires passées, ceux qui ont contribué à porter des informations sur la place publique ont dû à chaque fois affronter toutes sortes de pressions, allant jusqu’au licenciement quand il s’agissait des travailleurs des entreprises mises en cause. Certains ont été menacés de poursuites judiciaires, voire condamnés. Mais cette loi permettra aux propriétaires des grandes entreprises, qui disposent d’un arsenal de juristes et d’avocats, d’attaquer encore plus facilement en justice tous ceux qui cherchent à dénoncer leurs agissements criminels ou crapuleux. D’autant qu’il est prévu que de telles affaires puissent être traitées par des tribunaux de commerce, où siègent des juges beaucoup plus favorables au monde des affaires auquel ils sont souvent liés.
Le gouvernement actuel et les partisans de cette loi mettent en avant la nécessité de transposer dans le droit français une directive européenne adoptée en mai 2016… et elle-même préparée sous l’impulsion de grands capitalistes, dont des trusts bien français comme Michelin, Alstom, Safran, etc. En fait, cela fait des années qu’en France les gouvernements de droite comme de gauche cherchent à mieux protéger le secret des affaires pour les grands industriels. Ainsi, en 2012, une loi punissant de trois ans de prison et de 375 000 euros d’amende la violation du secret des affaires a été votée.
Tout cela parce que le secret des affaires, comme le secret commercial et industriel, est un moyen pour le grand patronat de mener sa guerre économique. Il lui permet d’utiliser tous les moyens pour augmenter ses profits à l’abri des regards indiscrets. Il sert de paravent pour préparer longtemps à l’avance les fermetures d’usine, les plans de licenciements, les restructurations. Il rend plus facile de placer ses profits, sans avoir à rendre de comptes.
Pour se défendre dans cette guerre de classe, les travailleurs ont au contraire à se battre pour la levée de ce secret, afin de pouvoir contrôler tout ce qui se passe dans les entreprises. Non seulement cela permettrait d’éviter bien des agissements scandaleux, mais cela permettrait de savoir où va vraiment l’argent produit par le travail des salariés, à combien se montent réellement les profits et de voir qu’il serait largement possible d’interdire tous les licenciements, d’embaucher les chômeurs en répartissant le travail entre tous, tout en augmentant les salaires. Ce serait une étape dans la lutte contre la dictature du grand patronat sur la société.

                                   Arnaud LOUVET (Lutte ouvrière n°2600)

Gaza : bain de sang et cynisme des dirigeants impérialistes


110 morts et plus de 3500 blessés en un mois



Plus de 110 personnes, qui manifestaient sans armes, ont été tuées par l’Armée israélienne et plus de 3 500 ont été blessées en un mois à Gaza le long de la frontière avec Israël dans le silence complice et assassin des grandes puissances.
Mais il aura suffi de tirs de roquettes venant de Gaza, qui n’ont pas fait de victimes, pour que les Etats-Unis convoquent une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU et affirment : « Les dirigeants palestiniens doivent rendre des comptes pour ce qu’ils laissent faire à Gaza. »
Mais le gouvernement israélien a encore plus de comptes à rendre pour ce qu’il fait subir au peuple palestinien depuis des décennies. Gaza est une prison à ciel ouvert. Mais de cela ni le gouvernement américain, ni l’ONU, ni le gouvernement français n’y trouvent à redire.

Argenteuil, défense de Jean Vilar, projet Héloïse, nouvelles


La réalité que ne peut cacher le foret

 
Toujours et encore

Une enquête publique concernant le Plan Local d’Urbanisme d’Argenteuil doit avoir lieu dans les semaines qui viennent. Elle semble porter sur l’espace des anciennes usine Sagem-Safran, en friche maintenant depuis plusieurs années.
         Nous attendons toujours la nouvelle enquête concernant sur la question de l’environnement et du parking qui doit toujours avoir lieu.
         En tout cas, la salle Jean Vilar est toujours debout, et elle le sera, au moins jusqu’en août 2019. 

         Par ailleurs, des sondages ont lieu actuellement sur ce parking, sans nul doute pour évaluer la qualité du sous-sol.
         Sans connaître les résultats de ces forages, nous savons déjà que ce sous-sol est à cet endroit constitué de matériaux particulièrement fragiles et perméables. Bref, totalement non propice aux constructions en hauteur du « projet Héloïse ».


Article du Parisien-95 d’aujourd’hui


Argenteuil, Sedan, LR, PS, des édiles contre les travailleurs, usés, malades


Mobilisation contre la mairie PS



Didier Herbillon, maire PS de Sedan, vient de faire voter à l’unanimité par son conseil municipal un plan de sanctions financières contre les municipaux qui auraient le malheur d’être absents plus d’une semaine au cours de l’année.
Comme si on choisissait de tomber malade ! Qu’en sera-t-il des arrêts longue maladie ou encore des grévistes ? Cette mesure est discriminatoire et relaie les préjugés ressassés sur l’absentéisme supposé des employés municipaux. Elle participe à l’ambiance générale d’attaques contre les travailleurs, fonctionnaires ou non. Elle est inacceptable.
Les agents ont commencé à réagir et n’entendent pas se laisser faire, commençant par perturber la préparation du prochain festival médiéval. Ils ont bien raison : le PS, quand il est aux commandes, se comporte comme les patrons, il faut donc se défendre en utilisant ce qui fait la force des travailleurs, la grève.

mercredi 30 mai 2018

Grève des cheminots : collectes. Ils ont besoin du soutien de tous les travailleurs


Tous cheminots, tous travailleurs ! Vive la grève !


Ce matin, j’ai participé à l’assemblée générale des cheminots du réseau de Paris-St-Lazare. Une assemblée qui montre la vitalité de la grève.
         J’étais venu remettre la collecte à laquelle les proches de Lutte ouvrière d’Argenteuil ont participé. J’ai remis les 310 euros collectés. Que nos amis d’Argenteuil qui n’ont pas été sollicités se rassurent. Ils peuvent toujours participer.
         Puisque la parole m’a été donnée, j’ai pu rapidement dire aux grévistes combien leur grève était forte. Forte de l’énorme proportion de cheminots qui participent, d’une façon ou d’une autre, à ce formidable mouvement.
         Formidable, car pour la première fois depuis longtemps une résistance majeure a lieu et qu’elle embête sacrément Macron et ceux qu’il sert, parce qu’elle est une belle leçon pour tous les autres travailleurs.
         Et les témoignages, portant sur les pressions et le harcèlement qui se développent dans les gares et qui se sont exprimés lors de l’AG, indiquent qu’il s’agit d’empêcher que le monde du rail prenne le chemin que connaissent bien d’autres services dits publics, tels La Poste, les Hôpitaux, etc.
         Les cheminots montrent la voie. Comme je l’ai dit à la fin de ma courte prise-de-parole : « « Courage ! »

Mai 68 : modeste itinéraire d’un jeune de 16 ans. Fin, sans fin.


Je n’ai pas oublié


Le 13 mai 1968
Ce mois de mai fut pour moi l’occasion de constater que du jour au lendemain, tout peut basculer, les gens peuvent prendre une autre voie, bien différente de celle qu’ils suivaient jusqu’alors. Ce qui fut vrai hier peut l’être tout autant pour demain. L’espoir peut alors totalement remplacer le scepticisme quant à la possibilité de renverser le capitalisme.
         Les évènements de Mai affirmèrent une nouvelle fois la fantastique force du monde du travail, sans lequel, en grève, tout s’arrête. Ce fut une expérience extraordinaire.
         Dans les deux années qui suivirent, j’allais approfondir les idées que j’avais découvertes. Mais pour l’administration de l’Ecole normale, je n’étais qu’un élève rebelle qu’il fallait mater.
         Le régime de caserne de l’Ecole ne changea guère après ces évènements qui avaient secoué ailleurs les lycées et les universités. Alors que Mai 68 avaient modifié à l’Ecole normale les rapports avec la majorité des enseignants et rendirent les cours beaucoup plus vivants, l’administration resta sur ses positions. En terminale, je fus « consigné » le week-end quatre fois pour des motifs ridicules. La cinquième fois, je rentrai à Argenteuil. Je passai en conseil de discipline, et le paierait deux ans plus tard en étant muté dans une autre Ecole normale.
         Ma participation aux « évènements » fut modeste. Mais je suis resté jusqu’à aujourd’hui sur cette même ligne d’espoir dans la capacité de l’humanité à avancer en se débarrassant du capitalisme. Bref, je n’ai pas oublié mes rêves d’antan, ceux d’un jeune de 16 ans, chargé d’espérances. DM



Argenteuil : plan de circulation modifié et fait accompli


En dépit du bon sens

 
Et dans notre cas particulier, sans discussion, sans information préalable
Une rue d ’Argenteuil, Léopold Gautherin vient de changer de sens de circulation à la surprise de tous. A la satisfaction de tous les automobilistes venant d’Orgemont, elle permettait de désengorger le feu débouchant sur la place Pierre Sémard, et de filer sur le boulevard Maurice Berteaux et vers le carrefour Monoprix vi la petite rue Etienne Bast qui ne servira plus à rien. Certes, en revanche, cette modification est censée éviter à ceux qui veant du centre d’Argenteuil se dirigent, en sens inverse, vers Orgemont et l’avenue de Stalingrad, le détour par le boulevard Labrière et la rue Paul-Vaillant-Couturier. Les voitures venant de Léon Feix pourront utiliser la rue Léopold Gautherin devenue circulable pour eux sur l’ensemble de la voie.
         Mais il y a deux hic. Pour emprunter cette voie, le flux de voiture sera beaucoup plus important, et il y a souvent en début de boulevard Jean Allemane un embouteillage qui empêchera de tourner facilement dans la voie. Et en haut de Léopold Gautherin, il y aura un stop, et il n’est pas dit que le surplus de voitures empêchées de tourner dans cette rue facilitent le passage pour les véhicules voulant tourner à gauche pour se diriger vers Orgemont.
         Sur quoi s’appuie les édiles pour avoir entamé cette modification importante et surprenante et qui a pris tous les automobilistes aujourd’hui de court ? Quelle enquête auprès des utilisateurs ?
         Bref, toujours l’opacité, et la décision du chef, même lorsqu’il s’agit de modifier le plan de circulation.

ParcourSup, l’envers du décors :


 
C'est qu'il y a encore plus de sélection

Extrait du site Basta ! 

Comment fonctionne Parcoursup ?

« À la différence d’APB, l’algorithme Parcoursup laisse la possibilité à chaque formation d’introduire ses propres critères pour sélectionner ses candidats. Au lieu de classer leurs vœux selon leur préférence, les futurs étudiants doivent donc écrire des lettres de motivation et joindre des CV – un « projet de formation motivé ». Il n’est même pas sûr que ces dossiers soient vraiment étudiés par les commissions de chaque établissement et université : consacrer 3 minutes pour chacun des 7 millions de vœux représente 350 000 heures de travail, soit l’équivalent de 2300 postes à temps plein pendant un mois. « Ce temps de travail n’étant pas financé, ce seront (d’obscures) algorithmes locaux qui réaliseront ce classement. Les CV et lettres de motivations seront classés par le très efficace algorithme de classement vertical, c’est à dire à la poubelle », prévenait un ingénieur »

Glyphosate : le lobby des pollueurs entendu


Protéger l’avenir… des profits



Dans sa brochure d’autosatisfactions que nous avons évoquée lundi, les macroniens écrivent dans le chapitre : « protéger notre avenir » : réduire l’usage des pesticides  Nous diminuons l’utilisation des substances à risque pour la santé et l’environnement et nous accompagnons la recherche de solutions alernatives. C’est pourquoi la France appliquera de manière anticipée les règlements européens sur l’encadrement du glyphosate »
         La réalité est toute autre.
Sous la pression des industriels de la chimie et des céréaliers, l'Assemblée nationale a refusé d’inscrire dans la loi la sortie du glyphosate pourtant promise par Macron pour dans trois ans. Herbicide le plus utilisé en France par l’agro-business, il est jugé cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé.
Dans ce domaine comme dans d’autres, les promesses de Macron n’engagent que ceux qui les croient.

mardi 29 mai 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 28 mai 2018 : « Contre Macron, la force des travailleurs est dans la lutte »


Contre Macron, la force des travailleurs est dans la lutte

Des dizaines de milliers de manifestants se sont retrouvés samedi 26 mai contre le gouvernement Macron, contre ses mesures qui incarnent les intérêts de la minorité de très riches qui dominent la société. Le gouvernement et les médias ont répété que la journée de mobilisation n’avait pas fait le plein. C’est leur rengaine : depuis près de deux mois, ils affirment que la contestation ne prend pas. Malgré leurs souhaits d’enterrer la grève des cheminots et d’en finir avec le climat de protestation qu’elle favorise, les deux continuent.
Au fil des manifestations, des centaines de milliers de travailleurs ont saisi l’occasion d’exprimer leur haine de Macron. Et du côté des cheminots, en première ligne dans le combat, l’écrasante majorité a confirmé, dans le référendum organisé par les syndicats de la SNCF, le rejet de la réforme, déjà exprimé par la grève.
Que leur répond le gouvernement ? Il a le culot de présenter la reprise par l’État d’une partie de la dette de la SNCF comme un cadeau qui devrait inciter les cheminots à accepter la réforme. Comme s’ils étaient en quoi que ce soit responsables de la dette ! Et pour dresser l’opinion publique contre les cheminots, ministres et commentateurs y vont de leur couplet affirmant que la reprise de 35 milliards de dette va coûter aux contribuables.
Mais ceux au profit de qui la SNCF s’est endettée, ce ne sont pas les cheminots ! Ce sont de grandes entreprises et leurs actionnaires, les Bouygues et autre Vinci, ainsi que les banques, qui continuent à encaisser les intérêts de cette dette. Si quelqu’un doit rembourser ces milliards, ce sont ces gens-là. Pas les cheminots !
Voilà la politique de Macron, comme de ses prédécesseurs : faire payer par les travailleurs qui font fonctionner toute l’économie, les milliards que l’État déverse sur la minorité capitaliste. C’est pour assurer leurs dividendes à tous les Arnault, Bolloré, Dassault et leurs semblables au petit pied, qu’on pèse sur les salaires, qu’on développe la précarité, qu’on sacrifie tout ce qui, dans les services publics, est utile à la population, des transports à l’école en passant par les hôpitaux.
Les cheminots ont raison de refuser ces mensonges et cette escroquerie. S’ils sont en grève, c’est pour exiger le maintien des conditions d’emploi et de travail de l’ensemble des travailleurs du rail.
Les cheminots peuvent être fiers d’avoir relevé la tête et de montrer, même à leur échelle, que lorsque les travailleurs agissent, utilisent leur arme de classe, ils perturbent le petit jeu de cette prétendue démocratie où une minorité de politiciens, dévoués à la grande bourgeoisie, peut prendre des décisions qui foulent aux pieds les conditions d’existence de milliers, de millions d’exploités.
Le mouvement des cheminots s’est imposé dans la vie politique. D’un seul coup, le ronronnement des débats du Parlement, le petit jeu des différents partis, apparaissent dérisoires. Cela donne une idée de la puissance avec laquelle la classe ouvrière pourra peser sur la vie politique lorsqu’elle se dressera contre ses exploiteurs.
C’est le mouvement des cheminots qui a démystifié le jeu politique de la droite et de l’extrême droite. La droite traditionnelle a voté la réforme et clame son enthousiasme pour l’ouverture à la concurrence. Le Front national, qui n’aime les travailleurs que soumis et résignés, se dit opposé à la réforme… mais surtout à la grève !
Les partis de gauche, organisateurs de la manifestation du 26 mai, ont affiché leur opposition à Macron et à sa majorité. Mais pas un mot sur ceux qui, derrière Macron, le manipulent, ceux qui, en monopolisant le grand capital, dictent sa politique. À quoi servirait-il d’écarter Macron pour une nouvelle version d’un Mitterrand, d’un Jospin ou d’un Hollande ? C’est-à-dire pour des politiciens et des partis qui font des promesses pour être élus mais qui, une fois au pouvoir, mènent la même politique qu’un Macron, car il n’est pas question pour eux de s’en prendre à la grande bourgeoisie et, à plus forte raison, à l’ordre capitaliste.
Les grévistes de la SNCF ont refusé de se laisser faire sans se battre. Macron espérait pourtant leur imposer sa réforme à marche forcée, comme il impose tous ses coups. Eh bien, il n’a pas pu ! La grève des cheminots est un premier grain de sable dans la machine à écraser le monde du travail ! Seuls, ils ne peuvent pas inverser le rapport de forces. Mais ils montrent la voie à tous les travailleurs. Et l’arrogance de Macron associée à la rapacité du patronat qu’il sert finiront par transformer le mécontentement du monde du travail en révolte.


France Inter : Un temps de pauchon (deuxième partie) Interview d'Arlette Laguiller et visite de la fête par Hervé Pauchon

En guerre de Stéphane Brizé, Vincent Lindon et ses camarades, un film exceptionnel, à voir, à réfléchir, à discuter


La société capitaliste : une société de guerre sociale



En guerre est un film exceptionnel. Son réalisateur a été capable de produire un film totalement réaliste, au point que l’on ne sait plus si c’est un film ou un documentaire. Vincent Lindon en militant syndical, les acteurs, les figurants concourent tous sans discussion à cet effet.
         Il s’agit d’une usine qui ferme d’un grand groupe international. Elle est rentable. Qu’importe, elle l’est moins que ce que pourra permettre sa délocalisation. Nous savons tous cela. Quant à l’Etat, il fait mine de comprendre les   salariés, mais il se retranche derrière la loi et les décisions de justice. Et puis, il y a le Capital, bien organisé, uni lui comme un seul homme, pour imposer sa décision face à la révolte des travailleurs.
         Dans l'histoire racontée dans En guerre, la force des salariés permet certes de franchir bien des obstacles, mais elle butte sur les questions de la nécessaire unité dans la grève et sur celle de la démocratie ouvrière.
         En guerre est un film passionnant. Bien sûr, le combat des travailleurs n’y est pas un chemin semé de roses qui, en l’occurrence, ne se termine pas comme nous le souhaiterions. Mais son réalisme, les questions qu’il pose, incitent à réfléchir, et à faire réfléchir, sur bien des aspects du combat de classe précédemment évoqués. Combat de classe, lutte de deux classes fondamentalement opposées, qui marquent une société de guerre sociale.
         Un film "grand public" mais utile à tous les militants du monde du travail.




Le film passe au cinéma Les Toiles de Saint-Gratien :
Aujourd’hui  à 18 heures et 20 heures 30
Et toute la semaine prochaine à partir de demain mercredi. Voir :

Et au cinéma Le figuier blanc à Argenteuil à partir de demain et pour une semaine, voir horaires sur :



Mai 68, modeste itinéraire d’un jeune de 16 ans


Dissolution de Voix ouvrière

 
La jeunesse avait effectivement déjà voté

Le 12 juin 1968, le gouvernement décide la dissolution de 11 organisations révolutionnaires, dont Voix ouvrière. En attendant la suite, le PSU ouvre ses portes aux participants de Mai dont les organisations viennent d’être dissoutes. Je retrouve une militante de Voix ouvrière pour en discuter, dans un lieu anodin, discret, l’Arc de triomphe du Carrousel face au jardin des Tuileries…
Je participerai à la campagne du PSU sur Argenteuil pour les élections législatives des 23 et 30 juin 1968. Son candidat s’appelait alors « Peytour ». Pendant plusieurs décennies, l’inscription « Votez Peytour » sera toujours lisible sur un mur du cimetière d’Orgemont, devant la cité Joliot-Curie. Elle me rappellera longtemps ce joli printemps.
         A la mi-juin, comme mes petits camarades, je dois réintégrer l’Ecole normale de Versailles pour récupérer mes affaires et filer… L’année scolaire 1967-1968 s’achève. Je dois aller l’année suivante en première B (sciences économiques…). Les vacances commencent prématurément.

(A Suivre. Epilogue)

AAH, APA, APL, RSA, diminution en vue ?


Le Maire veut faire les poches des pauvres



Handicap (AAH), autonomie (APA), logement (APL), bourses scolaires, RSA., etc. Selon une note interne du ministère de l'Économie et des Finances, Bercy se prépare à tailler dans toutes ces prestations sociales. En attendant de s'attaquer encore aux retraites. Interrogé sur ce point, le ministre Bruno Le Maire a encore dit que « réduire les dépenses publiques sans toucher aux dépenses sociales n'est pas cohérent ».
Pour ce gouvernement, il est « cohérent » de multiplier les subventions aux grandes entreprises, de baisser l'impôt sur la fortune et d'imposer aux retraités de payer les (maigres) augmentations du secteur privé. Sa cohérence consiste à gaver les très riches et appauvrir encore les plus démunis. On marche sur la tête.