mardi 31 octobre 2017

Argenteuil EHPAD Les pensées. Quand une direction se croit au XIXème siècle


Non à la répression patronale !

        


Au printemps dernier, une grève d’un mois touchait l’EHPAD Les Pensées, à Argenteuil, près de l’hôpital.
         Aujourd’hui, la direction musclée de cet établissement veut sa revanche. Avant les élections des délégués du personnel, elle voudrait en particulier se débarrasser de ceux qui ne sont pour elle que d’ « affreux meneurs », des « empêcheurs de faire ses petites affaires en rond.
         Au-delà de la solidarité avec des travailleurs et des militants victimes de la volonté de répression syndicale, nous en appelons aux familles des anciens, pensionnaires de cet EHPAD.
         Les grévistes du printemps dernier n’ont pas fait grève un mois durant seulement pour des revendications strictement catégorielles. Quand on revendique des effectifs supplémentaires, de la formation, ce dont il est question est la vie quotidienne des pensionnaires. Comment peuvent-ils vivre correctement lorsque par exemple le personnel est loin d’être au complet ?
         Nous appelons les familles à se manifester pour que la direction abandonne une attitude de vengeance et de pressions inadmissibles à l’encontre de travailleurs et de travailleuses appréciés par les résidents.
         Quant à l’Union Locale des syndicats CGT de la localité, elle appelle à un rassemblement le mercredi 8 novembre prochain, à 10 heures 45, à l’heure où un travailleur apprécié de tous, et des résidents en particulier, est convoqué à un entretien dit préalable.
         Pour sa part, Lutte ouvrière apporte son soutien total au personnel de cet établissement, et ses militants seront bien sûr présents ce jour-là rue Antonin-Georges Belin.

Argenteuil, Casino, Leclerc, Fiminco, la guerre d’Argenteuil aura-t-elle lieu ?


Ce qui intéresse Fiminco, ce sont les logements à construire. Le reste…

 
Ni esthétique, ni fondamentalement utile
 
Fiminco, le promoteur propulsé par la municipalité d’Argenteuil a ajouté au printemps dernier à son panier la construction d’une grande surface alimentaire. Celle-ci n’était pas prévue, à l’origine, dans le cadre du projet annoncé, au moment du déclassement de ce bien public.
Cette grande surface devrait être un Leclerc.
Si cela se faisait, elle sonnerait la mort de l’Intermarché de la basilique auquel sont pourtant attachés de nombreux habitants de ce quartier. Elle entrerait en outre directement en concurrence avec le Géant Casino de « Côté Seine ».
La justification de la municipalité pour ce projet de grande surface est celle de faire revenir dans le centre d’Argenteuil une clientèle qui va acheter ailleurs.
Mais pourquoi en irait-il autrement ?
La population des Côteaux a un Carrefour à proximité, tout comme celle voiturée du Val Nord qui peut se diriger vers celui de Sartrouville. Grand frais connaît le succès auprès de la population d’Orgemont. Quant à la population de Colombes ou Gennevilliers ont ne voient pas pourquoi, elle viendrait acheter à Argenteuil.
Alors, au-delà du rififi programmé entre Casino et Leclerc, un grand gâchis annoncé ?

APL, offices HLM, non au racket contre les locataires !


Par un bout ou par un autre, les locataires visés

 

Le gouvernement a annoncé la baisse de 60 euros annuels de l’APL versée par l’Etat  pour les locataires de logements dits sociaux, qui devra être compensée intégralement par les bailleurs sociaux via une baisse équivalente des loyers.
Cela entraînera une baisse des ressources des offices HLM, donc moins de construction de logements neufs, un entretien et des rénovations encore plus problématiques qu’aujourd’hui, notamment dans les quartiers populaires.
Alors qu’il faudrait un financement d’urgence du logement social, le racket du gouvernement pour financer la suppression de l'impôt sur la fortune ne peut qu’accélérer la dégradation de l’habitat populaire.

Capialisme : à quand la prochaine panique financière ?


Ça risque de péter

                                                  

À force de distribuer sans compter de l'argent au grand patronat, et de soutenir les banques lorsqu'elles sont en crise, les caisses de tous les États sont non seulement vides, mais criblées de dettes.
Ainsi, le total des dettes mondiales des États atteint le chiffre fantastique de 192 000 milliards d'euros. Cela représente 324 % du PIB mondial.
Le monde a donc plus de quatre ans de ses richesses annuelles en dette. Évidemment, c'est impossible à rembourser. Mais le jour où il y aura panique financière, cela risque d'être désastreux pour les populations du monde.

lundi 30 octobre 2017

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 30 octobre 2017


Macron en Guyane : qui sème le mépris récolte la révolte !

 « Je ne suis pas le père Noël ». Telle a été la première déclaration de Macron à son arrivée en Guyane la semaine dernière. Dans ce vestige de l’empire colonial, près de la moitié des familles vivent sous le seuil de pauvreté et un jeune sur deux est au chômage. Une partie des habitants n’a ni eau courante, ni électricité.
À côté de cette population dans le dénuement, il y a le centre spatial de Kourou où sont lancées les fusées Ariane, doté d’équipements ultramodernes et d’un centre médical longtemps réservé aux seuls employés de la base. Un contraste aussi choquant est révoltant ! Revendiquer la fin des injustices, ce n’est pas demander que l’État fasse des « cadeaux », mais qu’il respecte enfin le droit élémentaire de la population de vivre correctement !
Au printemps dernier, les Guyanais se sont mobilisés pour faire entendre leurs droits : pendant cinq semaines, le territoire a été paralysé par une grève générale et des barrages où se retrouvaient toute la population, en particulier la jeunesse des quartiers populaires. Face à leur détermination, le gouvernement de l’époque a été obligé de s’engager à mettre en œuvre un plan d’un milliard d’euros pour les besoins les plus urgents et à examiner « sans délai » le financement de mesures chiffrées à deux milliards d’euros.
Six mois après la fin du mouvement, les Guyanais, en particulier les travailleurs et les classes populaires, ont pu constater que leurs conditions de vie ne s’étaient pas améliorées. Au contraire, en supprimant une grande partie des emplois aidés, le gouvernement actuel a aggravé la situation. Les Guyanais exigent aujourd’hui que l’État respecte ses engagements.
En affichant son mépris habituel à l’égard des travailleurs, Macron a provoqué une explosion de colère. La population de Guyane lui a donné la seule réponse qu’il méritait !
C’est un exemple pour tous les travailleurs car, si les conséquences en sont plus graves en Guyane, nous avons à nous défendre partout contre les mêmes attaques et contre la même politique anti-ouvrière.
Dans toutes les grandes villes, des millions de personnes sont mal-logées ou sans-logis alors que les moyens existent pour construire des logements. Dans tout le pays, des millions de personnes sont au chômage, passent d’un emploi précaire à un autre, alors que les grandes entreprises consacrent des milliards à spéculer au lieu d’embaucher et de satisfaire les besoins du plus grand nombre.
Suppression de 150 000 emplois aidés, diminution des APL, augmentation de la CSG, réduction des budgets des services publics et de la Sécurité sociale, toutes ces mesures décidées par Macron et son gouvernement sont destinées à réaliser des milliards d’économies pour financer les cadeaux au patronat et aux plus riches. Vis-à-vis de ceux-là, Macron n’a aucune réticence à jouer au « père Noël » : pour chacun des 100 Français les plus riches, les baisses d’impôts décidées par son gouvernement représenteront un cadeau de 1,5 million d’euros par an !
Avec ses ordonnances qui vident de tout contenu le Code du travail, Macron veut donner le droit au patronat de licencier encore plus facilement et de fixer salaires et temps de travail à sa guise. Dans chaque entreprise, les travailleurs vont devoir affronter de nouvelles offensives contre leurs conditions de travail.
Une journée d’action est appelée le 16 novembre par la CGT, FO et SUD contre la politique du gouvernement. Nous devons nous saisir de cette occasion pour nous faire entendre.
Pour faire respecter leur droit à un emploi et à un salaire permettant de vivre correctement, les travailleurs devront se mobiliser comme ceux de Guyane, en manifestant, en faisant grève et en se montrant prêts à mener une lutte déterminée.

Ordonnances, politique gouvernementale de Macron-Philippe, les forces intactes du monde du travail


Tous ensemble, et dans la rue !

 
Contre le CPE, 2006

Le syndicat CGT du bailleur historique local AB-Habitat est totalement impliqué dans la lutte contre les attaques de Macron contre le logement dit « social » et la réduction des APL. Il appelle à un certain nombre d’initiatives.
         De leur côté, des enseignants d’Argenteuil ont décidé d’organiser le vendredi 17 novembre prochain une journée d’action sur la Ville pour dénoncer la situation de l’école publique dans une commune populaire comme la nôtre.
         Des militants s’opposent (voir ci-dessous) au démantèlement de la vie associative que représente la liquidation de la salle des fête communale.
         Toutes ces attaques visent, sur un plan ou un autre, la population, le monde du travail.
         Nous aurions tout intérêt à faire converger notre activité, nos actions, et nos revendications.
         L’offensive du capital contre le travail, qu’elle s’opère via la politique gouvernementale ou sa déclinaison locale, est fondamentalement unique et inique.
         Le 16 novembre, la CGT, Solidaires et Force ouvrière appelle à une nouvelle journée d’action. Qu’elle rassemble davantage que les précédentes, cela serait un gage pour l’avenir proche.
         N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon qui vient d’exprimer sa démoralisation, Macron n’a marqué aucun point, et la tâche des militants n’est pas de regarder dans le rétroviseur les semaines passées mais de préparer les semaines qui viennent, et pas chacun de son côté, mais tous ensemble.
          Si Macron semble revenir en arrière sur la question de la sélection à l'entrée de l'université, c'est qu'il craint les réactions de la jeunesse comme celles du monde du travail.
         Nous maintenons : « ce que le gouvernement fait, la rue peut le défaire » ! Mais à condition de travailler à se retrouver ensemble.

Argenteuil "pétition Jean Vilar", un formidable encouragement


Des chiffres sans équivoque

A quelques-uns, nous avons été capables de faire signer plus de 5000 personnes s’affirmant favorables à la conservation de la salle Jean Vilar, à sa rénovation, et à ce que le maire d’Argenteuil renonce de vendre à un promoteur privé un terrain communal au cœur de la cité. A bien davantage, c’est 10 000, 15 000 signatures que nous aurions pu facilement obtenir.
         Notre activité déterminée a permis d’informer en direct une part, certes minoritaire, mais importante de la population pour qui ce que nous lui apprenions était une révélation surprenante et très désagréable. Nous avons pu mesurer l’attachement à cette salle des fêtes communale, l’écœurement de nombreux Argenteuillais à la découverte d’un tel forfait à l’encontre de l’histoire locale et d’un espace de ces berges que les initiateurs du projet -le maire et son prédécesseur-  prétendaient pourtant vouloir « reconquérir ». Nous avons rencontré des habitants conscients d’avoir été trahis, et cela quelles que soient leurs opinions sur d'autres sujets. Certains croyaient qu’il s’agissait de la rénovation ou de la reconstruction du complexe Jean Vilar. Ils apprenaient avec effarement que la construction d’une salle de spectacle de 3500 places était celle d’un équipement "privé" dont la Ville n’aurait plus en conséquence la maîtrise !
         Au-delà de ces réactions, nous avons rencontré ce défaitisme qui est dans l’air du temps mais qui peut vite disparaître. En revanche, nombreux ont été ceux qui nous ont exprimé leur satisfaction à nous voir nous battre de cette façon. Nous avons reçu beaucoup d’encouragements.
         Si 80% des personnes rencontrées n’étaient pas au courant, on peut estimer que les défenseurs de Jean Vilar représentent de 80 à 90% des habitants avec lesquels nous avons pu échanger. La municipalité devrait entendre ces chiffres. Elle peut encore arrêter d’elle-même le projet. Dans tous les cas, ils sont une incitation forte à poursuivre notre combat.
         Il s’agit maintenant de préparer le rendez-vous du jeudi 23 novembre prochain. DM

Macron en Guyane : pas père Noël mais petit roi gâté


Toujours le même mépris anti pauvres

 
Après l'arrivée de Macron

En arrivant en Guyane, Macron a déclaré qu’il n’était pas le « père Noël ». Les Guyanais qui revendiquent légitimement une amélioration de leurs conditions de vie ont eu le droit au même mépris que le président des riches témoigne aux travailleurs en les traitant de fainéants.
En manifestant sa colère, la population a donné à Macron la réponse qu’il méritait ! Qui sème le mépris récolte la révolte !

 

Migrants : à Roissy, une honteuse salle d’audience


Justice expéditive contre les migrants

 
Lors d'une manifestation passée contre cette installation scandaleuse

Une salle d'audience située au pied des pistes de l'aéroport de Roissy à ouvert le 26 octobre. Elle est destinée à statuer sur le sort des étrangers arrivant d'un vol international et non-admis à entrer en France, jugés jusque-là dans l'enceinte du tribunal de grande instance de Bobigny.
Les avocats et les associations s’étaient opposés à cette délocalisation, craignant à juste titre d’avoir moins de moyens d'assurer la défense des droits des migrants. Ils ont bien l’intention de continuer à protester contre cette justice rendue plus expéditive pour expulser plus vite !

Capitalisme en France : les morts de la rue


Une société qui tue

 


Dans son rapport annuel, le collectif, les Morts dans la rue, a dénombré 499 SDF, décédés dans la rue en 2016 d'après les chiffres officiels. Mais selon lui, le nombre réel serait six fois supérieur, autour de 3 000 morts.
Que de tels drames puissent arriver en si grand nombre dans un des pays les plus riches de la planète montre à quel point cette société capitaliste est pourrissante. Révoltant !

dimanche 29 octobre 2017

Argenteuil services publics en déroute


Défendons à Argenteuil ces services publics utiles à la population

Il n’y a plus qu’une modeste poste pour le Val Nord et le Val Sud et cela pour 25 000 habitants !
Il n’y a plus de guichet grandes lignes à Argenteuil, il faut aller à Saint-Lazare !
Il n’y a pas un commerce alimentaire à la mesure de la population du Val Nord et de ses moyens !
Il n’y a plus qu’une agence de la Sécurité sociale. Chaque jour, une queue afflige le trottoir, et les travaux extérieurs sont abandonnés depuis des mois !
Il n’y a plus de boutique France Telecom Orange à Argenteuil ! Il faut aller à Taverny !
Le jeudi matin, l’hôtel de ville est fermé.
On supprime les EVS dans les écoles primaires, on n’embauche pas les AVS nécessaires, on surcharge les effectifs des classes !
Et l’on en passe…
Et cerise sur ce gâteau moisi, il faudrait qu’il n’y ait plus de salle des fêtes pour les écoles, les habitants et les associations ?
Non et non !



Ordonnances Macron et référendum d’entreprise : le droit de dire « oui » ou « oui » à son patron…


Non, ce n’est une pression, mon œil !



D’après l’un des projets de décret d’application des ordonnances Macron, le patronat des entreprises de moins de vingt salariés pourra organiser un référendum pour modifier les rémunérations ou le temps de travail, sans obligation que ce vote soit réalisé à bulletins secrets. «Pour alléger au maximum les contraintes pour les patrons», justifie le gouvernement. Que les patrons puissent imposer ce qu’ils veulent, comme ils veulent, c’est ça la simplification version Macron !
Il y a vraiment toutes les raisons de continuer à se mobiliser contre les projets scélérats de ce gouvernement à plat ventre devant les patrons.
Le 16 novembre est une nouvelle occasion de le faire.

Sodexo : manœuvres cyniques pour récupérer la bonne soupe

Une petite leçon d’« industrialisation »/ «désindustrialisation » que nous dédions au président du CEA

Contre la fermeture de Sodexo

Les 62 salariés de Sodexo (entreprise de restauration collective) se sont mis en grève depuis le 16 octobre, après avoir appris la décision de leur direction de fermer le site de Dreux. Lorsque Sodexo s’était installé à Dreux en 2009, le groupe été présenté comme un pionnier de la " réindustrialisation " du site de La Radio, une friche laissée par Philips après la fermeture de son usine il y a une dizaine d’années ! La réindustrialisation n'aura pas duré longtemps. Pour sa part, Sodexo est une entreprise cotée au CAC 40 et a réalisé, l’an passé, plus de 17 milliards de chiffres d’affaire. C’est dire qu’elle aurait largement les moyens de maintenir les emplois de tous. Mais la direction ne s’est même pas donnée le mal de justifier la fermeture du site drouais, présenté lors de son ouverture comme une des plus grandes cuisines centrales de France, et propose aux salariés de partir avec des indemnités de misère, quelle que soit leur ancienneté, car les ordonnances Macron sont passées par là.
C’est face à ce cynisme que les travailleurs ont malgré tout décidé de se faire entendre pour obtenir de meilleures conditions de départ. Ils sont allés manifester lors de la présentation du parcours du Tour de France car ce sont eux qui préparaient les repas du tour l’an passé. Ils se sont également rendus successivement rendus devant les sièges de Sodexo France et de Sodexo Europe, rebaptisés « Sodexcro ». Pour l’instant la direction n’a pas reculé, mais les travailleurs ne comptent pas en rester.

A partir d’un message de l’Union Départementale CGT du Val d’Oise

Les « SODEXO » de DREUX toujours en lutte !!!

Les camarades de Sodexo Dreux continuent leurs actions devant tous les sites d’Ile de France pour dénoncer la

Fermeture de leur cuisine centrale de DREUX

et les 62 suppressions d’emplois !!! 

Avant-hier, vendredi 27 octobre 2017, ils ont fait un piquet de grève devant le site d’OSNY (95520)  



Une réunion de négociations aura lieu

Le lundi 30 octobre 2017

RDV à partir de 10h

Devant le siège de SODEXO France

6 rue de la Redoute
78280 GUYANCOURT

Venez nombreux les soutenir !!!

Mayotte : écoles fermées car manque de moyens


Alors qu’il y aurait au contraire tellement besoin de moyens supplémentaires



A Mayotte, c'est la rentrée scolaire mais de nombreuses écoles sont restées fermées. La raison ? L’État a diminué le nombre d'emplois aidés et l'accueil des enfants est impossible. A Mamoudzou, par exemple, le chef-lieu, le nombre de contrats aidés est passé de 239 en août à 132 aujourd'hui.
Finalement, le gouvernement a un peu reculé en promettant des dotations… pour le second semestre. En attendant les écoles restent fermées jusqu'à nouvel ordre.
Assez des coupes budgétaires dans les services publics !

Argenteuil, sur les traces du Groupe Octobre


Le 17 décembre prochain, une sortie à Paris des amis de Lutte ouvrière Argenteuil, pour aller voir, en souvenir d’ 

Octobre

On est au début des années 30.
Après la guerre c'est la crise : le chômage, la misère, la faim.
En Italie, en Allemagne, la peste brune fait son sale petit bonhomme de chemin. Mais en Espagne, les hommes qui ont faim son debout !
L'hirondelle de la révolution, l'oiseau rouge de la liberté, annonce le printemps dans le monde entier. Dans son sillage, des travailleurs, des chômeurs, et des poètes !
Des artistes : baladins, bateleurs, saltimbanques...
Ils sont communistes, anarchistes, antimilitaristes, anticolonialistes, antipatriotes, surréalistes... révolutionnaires !
Ils mettent leur art au service des opprimés, des exploités, des prolétaires du monde entier qui n'ont à perdre que leurs chaînes et un monde à gagner.
"Octobre", c'est l'histoire d'une de ces troupes qu'on appelait "d'agit' prop'".
Une troupe pas tout-à-fait comme les autres, car elle parlait avec les mots de... Jacques Prévert.



Le spectacle dure 1 heure 15, commence à 17 heures, et a lieu au Théâtre de Nesles au quartier latin vers Saint-Michel. Le tarif est de 20 euros, mais je pense que nous aurons un tarif de groupe à 15 euros par personne. Donc on se décide et on opère auprès de moi une réservation ferme. Salut et fraternité, Dominique

samedi 28 octobre 2017

Argenteuil défense de Jean Vilar : déjà plus de 5000 signatures


Un beau succès très significatif de l’énergie et du refus

La pétition du Comité Jean Vilar qui demande la rénovation de la salle des fêtes municipale Jean Vilar et que le maire d’Argenteuil renonce à vendre à un promoteur privé un terrain au cœur de la ville a dépassé hier les 5000 signatures, objectif que ce Comité s’était fixé début septembre. Nous reviendrons sur ce qui, selon nous, se dégage de cette opération de prise de position au cœur de la population. Mais en tout premier lieu, il faut souligner que c’est déjà un beau succès dont nous nous félicitons. Nous y avons largement contribué. Engageant l’avenir d’une commune à l’image de notre classe, le monde du travail, il ne pouvait en être autrement. Nous pouvons en tout cas en être fiers et merci à nos proches qui ont contribué à ce résultat. A suivre donc. DM



Argenteuil, emplois : en créer des utiles et pérennes, une nécessité générale


Des emplois certes, mais pour des projets utiles

Un argument qui revient parfois parmi les partisans très minoritaires du « projet Héloïse » est que « cela va créer des emplois ».
         « Créer des emplois » est effectivement une belle formule, mais qui ne veut pas dire grand-chose. Car on peut créer des emplois inutiles et d’autres utiles comme ceux qui seraient nécessaires dans les écoles de la Ville ou pour les reconstruire. On peut créer des emplois qui… en supprime autant non loin qu’ils en créent. Peut-on imaginer que Géant Casino, Côté Seine et l’Intermarché de la basilique survivent à la réalisation du Leclerc et de la quinzaine de boutiques prévues ? Et que dire des petits commerces qui ont bien du mal à exister dans les deux rues commerçantes de la Ville !
         Avec ce genre de raisonnement, on peut aussi construire une prison à cet endroit, cela créera des emplois !
         Oui, il faut créer des emplois, mais socialement utiles, pérennes, et qui ne soient pas de nature à en détruire autant ailleurs.

Semperit : des emplois bien réels supprimés, qui n'ont pas ému ce type de défenseurs de l'emploi


Argenteuil projet "littoral". Le président fait de la brasse


Quand monsieur le président plaisante

Le grand président du conseil économique d’Argenteuil avait fait beaucoup rire en affirmant il y a quelques semaines que la rénovation économique du quartier de l’ex-zone industrielle de la gare créerait de très nombreux emplois. Selon lui, cela irait jusqu’à créer « un emploi par mètre carré ». Nous avions fait alors un petit calcul. Avec 25 000 mètres carrés, cela entraînerait la création de 25 000 emplois !
         C’était un peu gros, au point que le président en question a tenu à rectifier, si l’on en croit la Gazette du Val d’Oise : « Le temps où une entreprise demandait cinq hectares d’entrepôts pour dix emplois est fini, en tout cas à Argenteuil. Chaque mètre carré doit correspondre à un emploi. C’est bien-sûr une image. Dans un mètre carré, on est serré… Mais c’est l’idée ». Un peu confus tout cela…
         On est effectivement vraiment très serré dans un mètre carré. Surtout lorsque l’on a une vision très étroite des choses. J’espère que vous nous comprenez, en tout cas, « c’est l’idée ».

 
"Projet Littoral" : un emploi par m², seulement une idée... comme une autre

Macron en Guyane, un petit tour et... les problèmes restent


Rien n’est réglé !



Alors que Macron a entamé le 26 octobre un déplacement en Guyane, les maires de ce département d’outre-mer ont annoncé qu’ils refusaient de le rencontrer et une manifestation était organisée à Cayenne. En effet, six mois après la grève générale qui avait duré près de cinq semaines au printemps dernier, rien n’a changé : le gouvernement précédent avait promis la mise en œuvre d’un « plan d’urgence » d’un milliard d’euros que les Guyanais attendent toujours…
Manifestement, pour Macron, il n’y a aucune urgence à tenir les engagements, et encore moins d’urgence à améliorer les conditions de vie de la population. Au contraire, la suppression des emplois aidés y a aggravé la situation.
La mobilisation revient à l’ordre du jour !

Espagne Catalogne, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière écrit avant les derniers évènements


L’article ci-dessous extrait du dernier numéro de notre hebdomadaire Lutte ouvrière a été écrit avant les évènements de ces dernières heures. Le parlement catalan ayant voté une déclaration d’indépendance, Rajoy a destitué le président catalan, dissout le parlement de la région autonome et décidé des élections législatives anticipées. 

Espagne : Rajoy-Puigdemont, le bras de fer continue

Cela fait plusieurs mois que le problème du statut de la Catalogne est au centre de la vie politique en Espagne. Après le référendum du 1er octobre 2017 décidé unitairement par les partis indépendantistes catalans – ceux qui se situent à droite, comme ceux qui se situent à gauche ou à l’extrême gauche – et déclaré illégal par Madrid, le bras de fer continue.
Ni l’interdiction de ce référendum ni le déploiement des forces de police n’avaient empêché que deux millions de Catalans se déplacent pour voter, exprimant à la fois leur mécontentement face à la politique du pouvoir central et se prononçant pour l’indépendance. Comme il fallait s’y attendre, le résultat a été déclaré nul et non avenu par Madrid.
Aujourd’hui, avec la crise économique qui a touché l’Espagne, comme le reste du monde, et tiré la société en arrière, la croissance des courants indépendantistes est l’expression des tensions sociales multiples. Mais leur politique n’offre aucune perspective positive pour les classes populaires.
Les partis et organisations indépendantistes catalanistes ont un langage radical qui ne s’adresse nullement au monde du travail, ni en Catalogne ni ailleurs. Les travailleurs continuent à subir les bas salaires, le chômage et une exploitation de plus en plus forte. Dans les usines, les services publics, les commerces, le secteur bancaire, le tourisme ou l’agriculture, il faut filer droit que l’on soit d’origine catalane ou andalouse, ou que l’on vienne d’un autre pays. Et croire que l’on peut avoir droit à un meilleur traitement parce qu’on est né en Catalogne ou que la famille est catalane est un leurre. C’est pourquoi ce repli sur l’origine de chacun divise les exploités, ceux qui pourtant ont de plus en plus besoin de s’unir pour faire valoir leurs droits.
C’est le piège dans lequel sont tombés actuellement en Catalogne ceux qui croyaient qu’ils pouvaient trouver des alliés dans le camp de leurs exploiteurs parce qu’ils sont de la même nationalité. Aujourd’hui il est clair que ceux qui font confiance à Puigdemont, ce leader indépendantiste catalaniste, politicien bourgeois affirmé s’il en est, se mettent à la remorque d’une politique antiouvrière et se rangent derrière un ennemi prêt à négocier tout et son contraire pour participer au pouvoir. Et il ne faut pas oublier que son prédécesseur, Arthur Mas, est un escroc de la haute finance qui a trempé dans des scandales largement connus et qui veut lui aussi conduire la colère des exploités dans des impasses.
Il faut, et c’est vrai dans toute l’Espagne, lutter contre la politique du pouvoir en place à Madrid, cette monarchie réactionnaire, et dénoncer ses violences policières commandées par Rajoy avec la complicité du Parti socialiste PSOE. Mais il ne faut pas en rester là.
La répression qu’organisent Rajoy et les siens aujourd’hui contre ceux qui s’opposent à sa politique sur le terrain de l’indépendantisme servira aussi contre ceux qui se battent pour défendre les droits du monde du travail. Alors c’est de tous ces problèmes qu’il faut débattre, ceux liés aux coupes budgétaires, ceux liés aux privatisations des secteurs publics, ceux liés aux attaques contre les retraités.
Les Puigdemont d’un côté, les Rajoy de l’autre, se disputent pour mieux servir telle ou telle fraction de la bourgeoisie, mais ils sont prêts les uns comme les autres, chacun à sa façon et sur son territoire, à matraquer le monde du travail.

                                  Henriette MAUTHEY (Lutte ouvrière n°2569)

vendredi 27 octobre 2017

Otis, Semperit, municipalité d'Argenteuil, contre les travailleurs


Grandes manouvres contre les travailleurs

Pour information, ci-dessous, le communiqué de l’UL-CGT d’Argenteuil à propos de ce qui se trame dans la zone industrielle de la gare d’Argenteuil-centre. Nous partageons totalement ce qui y est écrit.

Communiqué de l’Union locale des syndicats CGT d’Argenteuil

Depuis plusieurs mois, des centaines de travailleurs de la zone industrielle de la gare, à Argenteuil, sont dans le collimateur de décisions patronales.

          64 travailleurs de l’entreprise de la chimie Semperit sont en instance de licenciement. Les 233 salariés de l’ascensoriste Otis sont aujourd’hui dans l’inquiétude depuis que leur direction a annoncé le transfert de 49 postes d’Argenteuil à l’usine Otis de Gien dans le Loiret. On peut penser que d’autres secteurs de cette entreprise, tôt ou tard, suivront.
Ces décisions patronales ne sont pas sans rapport avec les grandes manœuvres immobilières en marche de la part de la municipalité en liaison avec les dirigeants de la Métropole du Grand Paris.
Si la municipalité collabore avec les intérêts privés, elle est restée totalement muette à l’encontre des salariés victimes ou inquiets.
Pour sa part, l’Union locale des syndicats CGT affirme sa totale solidarité avec les travailleurs d’Otis comme elle l’a fait à l’égard de ceux de Semperit. Elle sera à leur côté dans toutes les actions qu’ils décideront d’entreprendre.                                             

                                         Argenteuil, le 24 octobre 2017,  
                                             Le bureau de l'UL-CGT d'Argenteuil


Deux usines, deux forces


Argenteuil : Givaudan veut rimer avec blockhaus ou avec Monet ?


Allons transmettre aux « entrepreneurs » le véritable tableau de la situation

En novembre 2016, il y a tout juste un an, le président du nouveau Conseil Economique d’Argenteuil dont l’enthousiasme n’a pas de limite vantait « l’image » d’Argenteuil en écrivant dans le numéro un de « La Lettre » de ce dernier : « Confiant, pour Argenteuil, ce territoire d’exception à 10 minutes de Paris, ensemble nous allons réussir ce pari, rendre à Argenteuil son attractivité et son image tant mise en valeur par les plus grands impressionnistes de notre histoire. »
         Que le nom d’Argenteuil soit une référence incontournable de l’Impressionnisme et que cette dernière puisse être un élément -certes mineur- d’attractivité économique ne prête pas à discussion.
         Mais « rendre son image » à Argenteuil en établissant un blockhaus sur les terres du chevalet de Monet et détruire définitivement ce qui reste de l’espace naturel qui a créé cette image est tout de même une drôle de méthode.

  

         Comme nous ne savons pas si Alain Leikine se moquait tout simplement dans ce texte de ses lecteurs ou de ses auditeurs de « l’entreprise », le mieux serait que nous allions nous en expliquer directement avec ces derniers lors de la prochaine réunion de ce fameux conseil qui aura lieu au Figuier blanc le jeudi 23 novembre prochain à 20 heures !


Givaudan et autres "entrepreneurs" doivent préférer cette image. Non ?


Harcèlement, la lutte des femmes plus que jamais


Harcèlement : la lutte des femmes toujours d’actualité

Après l’affaire Weinstein, plusieurs dizaines de milliers de femmes se sont emparées du hashtag « Balance ton porc » pour relater le harcèlement qu’elles avaient subi sous différentes formes ou dénoncer leur agresseur. Douze millions ont répondu aux États-Unis en 24 heures au hashtag « Moi aussi ».


Dans ces dénonciations, on trouve à côté d’actes commis par des anonymes, ceux d’hommes disposant de pouvoir, des réalisateurs bien sûr mais aussi des hommes politiques et dans les entreprises les membres d’une hiérarchie bien souvent masculine. Cela a déplu à certains commentateurs qui critiquent ces révélations en les assimilant à de la délation. D’autres contestent cette démarche en se disant choqués de la référence au porc alors que d’autres encore nient tout simplement les faits en affirmant que les victimes seraient consentantes. Ainsi, le journal italien réactionnaire Libero s’en est pris à l’actrice italienne Asia Argento, qui a dénoncé Harvey Weinstein, en osant écrire : « Céder aux avances de son boss pour faire carrière, c’est de la prostitution, pas un viol. »
La médiatisation de différentes affaires dont celles de Strauss-Kahn, de Denis Baupin, député d’Europe Écologie Les Verts, ou de Gilbert Rozon, un producteur, plus directement liée à celle de Weinstein, a montré la persistance des rapports de domination des hommes sur les femmes, en particulier quand ces hommes détiennent du pouvoir sur les autres. Elle montre que les femmes de classes aisées sont aussi frappées.
Le nombre de femmes ayant subi une forme de harcèlement de la part de leur entourage ou d’hommes qui ont été ou sont leur supérieur hiérarchique, ou encore d’hommes disposant d’un pouvoir, est bien supérieur au nombre des affaires révélées. Nombre d’entre elles se sont défendues et ont pu éviter que l’agression n’aille trop loin. Mais la plupart du temps, les femmes qui ont dénoncé leur agresseur ou porté plainte ont perdu leur emploi ou ont subi les conséquences de leur geste. En effet, le principal obstacle que doivent affronter celles qui veulent combattre le harcèlement n’est pas la loi du silence dont parle la presse mais la réalité de la domination et de l’oppression.
La presse se félicite à longueur de colonnes de la « parole libérée », mais si parler est nécessaire, ce ne sera pas suffisant, loin s’en faut, pour que cessent ces comportements. Ceux-ci sont encouragés par bien des aspects d’une société dans laquelle la puissance de l’argent et le pouvoir sont légitimés. L’instauration de rapports égalitaires entre hommes et femmes entre en contradiction avec ceux qu’impose la société capitaliste. L’accroissement des inégalités sociales, la précarité du travail, fragilisent encore la situation de millions de femmes et d’hommes et rendent plus difficile la dénonciation de cas de harcèlement par les femmes employées à domicile, ouvrières ou employées de bureau. Dans le passé, pour combattre les différentes formes d’oppression, les femmes ont dû lutter collectivement.
La médiatisation des agissements d’hommes de pouvoir a le mérite de renforcer le camp de celles et ceux qui refusent ces rapports de domination, et d’aider à une prise de conscience de la complaisance dont jouissent les prédateurs sexuels. Mais le combat pour les faire vraiment cesser se confond avec la lutte à mener contre cette société bâtie sur l’exploitation et l’oppression.

                                                           Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2569)

Banques, incidents de paiement : le racket des pauvres


Banques : plus on est pauvre, plus on paye !



Selon une enquête de « 60 Millions de consommateurs », les commissions pour incidents de paiement se multiplient, touchant plusieurs millions de clients. Dans la majorité des cas, cela a représenté un coût d’une trentaine d’euros supplémentaire par an. Mais, comme le relève l’enquête, « pour les clients en difficulté, la note flambe pour atteindre 296 euros ». Un foyer en difficulté sur cinq s'est même vu prélever plus de 500 euros de frais par an. Le total de ces prélèvements a représenté 6,5 milliards d'euros.
La pauvreté, ça rapporte énormément aux banques !

Burkina Faso : octobre 1987, Thomas Sankara était assassiné


Il y a trente ans : l’assassinat de Thomas Sankara

Le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara, au pouvoir à la tête du Burkina Faso depuis 1983, était assassiné par les troupes de son « ami » Blaise Compaoré. Ce coup d’État mettait un terme à quatre brèves années d’un régime qui affirmait vouloir moderniser le pays, combattre la corruption et s’émanciper de la tutelle de l’impérialisme français.
Trente ans plus tard, la veuve de Sankara continue de se battre pour connaître les responsables de ce coup d’État. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré a certes été chassé du pouvoir en 2014 par une révolte populaire après 27 ans de dictature. Mais l’actuel président Kaboré et de nombreux ministres étaient en place sous Compaoré. Complices, ils n’ont aucune envie que la vérité soit connue.
Malgré les promesses répétées de Hollande, les archives françaises restent inaccessibles au nom du secret défense. Et pour cause ! Tout indique que les réseaux de la Françafrique ont orchestré l’assassinat de Sankara.
Ainsi François Mitterrand, en visite à Ouagadougou, déclarait un an avant le coup d’État : « Ce jeune président dérange [...] Il empêche de dormir [...] Il a le tranchant d’une belle jeunesse » mais « il tranche trop, il va plus loin qu’il ne faut. »
Mitterrand reprochait à Sankara de dénoncer publiquement la politique néo-coloniale de la France dans ses anciennes colonies. Il lui reprochait d’afficher ouvertement son mépris pour les chefs d’État africains corrompus à commencer par Houphouët-Boigny, dictateur de la Côte d’Ivoire voisine et gendarme de la France dans cette partie de l’Afrique.

Un officier tiers-mondiste

Sankara n’était pas arrivé au pouvoir en s’appuyant sur la mobilisation des classes populaires et il n’était pas communiste. C’était un jeune officier de l’armée, révolté comme d’autres de sa génération par la misère et la corruption qui sévissait dans son pays. Nourri par les idées tiers-mondistes de l’un de ses professeurs, nommé à la tête du centre d’entraînement des commandos de l’armée, Sankara allait entreprendre de former des « soldats citoyens ». Avec d’autres jeunes officiers, il organisa le 7 novembre 1982 un coup d’État contre Saye Zerbo, ancien parachutiste de l’armée française durant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Puis, en août 1983, Thomas Sankara et Blaise Compaoré écartèrent du pouvoir l’aile modérée de leur mouvement.
Dans son discours d’orientation politique, Sankara affirmait vouloir sortir le pays du Moyen-âge, ouvrir des écoles pour lutter contre l’analphabétisme, permettre l’accès des femmes à l’éducation et à la culture, développer des campagnes de vaccination. Un tel programme n’était pas réalisable dans un pays pauvre au budget dérisoire, et subissant la domination impérialiste sur l’Afrique. Tenter d’en finir avec celle-ci n’était pas la perspective de Sankara. Mais il mit ses actes en accord avec ses paroles, rompit avec les pratiques de tous ses prédécesseurs pour réserver l’essentiel des ressources du pays à la population.

La lutte contre la corruption

Sankara fit de la lutte contre la corruption le marqueur de son régime. L’une de ses premières mesures fut de changer le nom du pays, la Haute Volta, en Burkina Faso, autrement dit le Pays des hommes intègres. Tandis que les chefs d’État africains mesuraient leur pouvoir à la taille de leurs limousines, Sankara et ses ministres circulaient en Renault Cinq et voyageaient dans les classes économiques des avions de ligne. Ces pratiques, symboliques, tranchaient avec la corruption généralisée en Afrique. Elles ont contribué à l’estime et à l’image dont bénéficie encore Sankara parmi les classes populaires et la jeunesse africaine, bien au-delà du Burkina.
Mais de tels mœurs étaient un camouflet pour les acteurs de la Françafrique. Ils démontraient que l’on pouvait gouverner un pays sans rançonner sa population. Le président ivoirien Houphouët-Boigny, avec l’aval sinon sur ordre de Mitterrand et Chirac à Paris, poussa Blaise Campaoré à abattre Sankara.
L’exécution de Sankara montre que les puissances impérialistes ne toléreront jamais un régime un tant soit peu indépendant s’il ne s’appuie pas sur une forte mobilisation populaire. Elle montre surtout que les exploités ne pourront pas sortir du sous-développement sans remettre en cause la domination impérialiste sur l’Afrique et sur le monde, autrement dit sans renverser le capitalisme.

                                                    Xavier LACHAU (Lutte ouvrière n°2569)